Derniers Avis : L'Histoire de Souleymane - Page 27
L'Histoire de Souleymane
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Isabelle K.
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4,0
Publiée le 17 octobre 2024
L’histoire de Souleymane, drame, de Boris Lojkine
Une histoire qui soulève le cœur, démolit corps et esprit, tant l’empathie avec Souleymane nous saisit. Pas tant l'histoire de Souleymane d'ailleurs, que l'on découvre à la toute fin du film, que ce que Souleymane nous fait vivre sans temps mort à vélo, en courant, en transports, à 100 à l'heure, pour obtenir les papiers de sa régularisation. Et survivre. Une épopée de deux jours à bout de souffle, qui rendrait presque fade son histoire.
On découvre les arcanes triviales et enténébrées d’une vie de demandeur d’asile et d’apatride. S’armer de courage et de ténacité, garder son sang-froid, pour résister aux vicissitudes et contourner les chausse-trapes.
La question que pose ce film à mon avis, celle que Souleymane se pose lui-même dans un infinitésimal instant de répit, c'est : Pourquoi est-il venu en France ? Ce pays qu’ailleurs on se représente encore comme celui des Lumières, dans lequel il perd tout l’espace d’une aurore boréale : sa santé, sa dignité, sa famille, sa fiancée, son pays, son argent, son estime de soi, sa liberté. La France l'humilie, le décourage, l'enfonce, le culpabilise et c’est sans fin. Qu'il reste poli, élégant et rempli d'espoir n'y change rien : Souleymane dilapide les cellules de sa moelle organique à mesure que les heures passent. Il suffit de le suivre deux jours à Paris, chrono en main, pour s'en apercevoir, perdre pied, et se rappeler que Paris n'est plus une fête, mais une jungle broussailleuse, tentaculaire et féroce.
Souleymane s’obstine à y croire (a-t-il le choix ?). Son salut viendra de ce rendez-vous qu’il prépare, fiévreux, avec l’OFPRA et une conseillère qui aura le pouvoir de décider de son sort. Un rôle secondaire, pour Nina Meurisse. En apparence. Un rôle aussi court qu’essentiel, joué de manière irréprochable.
La situation réelle d’Abou Sangare se calque sur celle de Souleymane, ou l’inverse. Aujourd’hui, Abou Sangare demeure un sans-papiers sous OQTF. En même temps, comme dirait l’autre, il a reçu le prix du meilleur acteur, catégorie « Un certain regard », au Festival de Cannes 2024 et le film, le prix du jury. Un des paradoxes français.
À Abou Sangare, on souhaite le meilleur : des papiers, et de signer une fin la plus acceptable possible à son histoire.
Le film vaut avant tout pour son sujet et l’acteur du film, émouvant et puissant, qui a lui même vécu une histoire similaire. Le scénario manque un peu de relief et je me suis parfois ennuyé. . Reste les scènes de courses dans Paris la nuit, très bien filmées. La scène finale est intense avec une Nina Meurisse parfaite. Le film montre avec brio à quel point le sort d’un être humain est dans la main d’une poignée d’autres… terrible.
Une œuvre merveilleuse : la mise en scène est sublime et intelligente, l'acteur incroyable et le récit subtil bouleversant, passionnant, important. L'ensemble est magistral.
Beaucoup d'émotions tout au long du film pour le parcours et le vécu de ce migrant, magnifiquement incarné (dans le sens premier du terme) par Abou Sangaré. Une tension palpable tout au long du film qui fait que nous sommes en empathie complète avec cet homme. Aucune fioriture de scénario mais on est bien au-delà d'un simple documentaire. Les 10 dernières minutes spoiler: sont exceptionnelles d'émotion par la performance de cet homme qui nous révèle son vécu
Pas un bruit dans la salle et un peu d'échanges des spectateurs à la fin de la projection.
Quel magnifique film qui rappelle, pour ceux qui l'auraient oublié, que les migrants ce sont avant tout des hommes. Et pour certains d'entre eux, d'un courage bien exemplaire. A tous ceux qui surfent sur une soi disant vague migratoire, ce film resitue très justement les choses. L'immigration, à tous les niveaux, est une chance et une richesse et non un problème. L'acteur principal est juste et lumineux, on est presque à ces côtés pendant tout le film tant il est attachant. Quand serons nous dignes d'acceuillir ceux qui souffrent si injustement ? "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde", phrase si souvent répétée par tous ceux qui veulent faire peur. Ils oublient la seconde partie de cette phrase, "mais nous devons faire notre part". Allez voir ce film si bon et si utile !
Une très bonne surprise, ce film mi-documentaire, mi épopée à la quête d'un octroi d'asile dans le Paris de Stalingrad et le RER vers Torcy. L'acteur principal est une pépite trouvée par miracle pour coller parfaitement à l'histoire racontée dans ce film justement primé à Cannes.
Estomaqué ! Fable et film coup de poing à la fois: 48h de la survie échevelée d'un demandeur d'asile. entre exploitation, précarité, réseaux, connexion, mensonges et vulnérabilités.
Souleymane, Souleymane … Tres impressionné par l’acting de ce nouvel arrivant dans le paysage du cinéma français. Cependant, le film en lui-même est très pauvre en terme d’écriture ainsi qu’au niveau de la réalisation. La thématique est déjà vue et revue - les difficultés rencontrés par les travailleurs illégaux - sans qu’il n’y ait un nouveau point de vue plus original proposé sur cette thématique… Le drame social français comme on en voit et revoit…
Un film exceptionnel et miraculeux. L’histoire de Souleymane est bouleversant. Son acteur principal, Abu Sangare, lumineux, semble jouer sa vie à chaque instant. Ce film est une urgence dans notre monde d’aujourd’hui. Il ne cherche pas à culpabiliser, à démontrer, à militer. Il est dans la résilience et dans la réconciliation. Un chef d’œuvre qui fait du bien.
On voit toutes les galères et combines dont Souleymane est victime, même de sa propre communauté. On se dit ben oui, fallait pas venir. Et puis le dernier quart d’heure nous renvoie dans nos buts, tout bascule et nous devons avouer que notre avis n’était pas le bon. C’est la force du film. Renverser nos convictions de départ. D’ailleurs tout le monde reste silencieux et scotché à son siège. Bravo et merci pour cette histoire pleine d’humanité.