Dans le Bucarest des années 1970, Zahra et Maria se lient d'une profonde amitié alors qu'elles étudient ensemble à l'université. La première repart en Iran mais elles vont poursuivre leur relation de manière épistolaire. Le documentaire de Vlad Petri nous fait entendre cette correspondance, très littéraire et souvent poétique, alors les jeunes femmes vont traverser, chacune à leur tour, une révolution, avec l'arrivée de Khomeini d'un côté, puis la chute de Ceaușescu, de l'autre. Le quotidien à Bucarest et à Téhéran, tel qu'il est montré parallèlement, constitue l'intérêt principal d'un film où l'on se passionne pour les destinées de Zahra et Maria, avant de se sentir quelque peu floué par la révélation finale. Ce n'est pas de la malhonnêteté intellectuelle de la part du réalisateur mais tout de même une sorte de manipulation, qui est d'ailleurs à peine explicitée. Restent des images représentatives et étonnantes, parfois même spectaculaires, quand il s'agit d'une foule iranienne réclamant le départ du Shah ou d'une représentation sportive roumaine. Avec, en définitive, cette idée qu'à chaque révolution succède, presque immanquablement, une grande désillusion.