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Il y a, dans Nos jours sauvages, quelque chose qui voudrait brûler — mais la flamme reste tiède. Vasilis Kekatos filme la route, la jeunesse, la fuite… sans vraiment trouver le souffle qui les traverse. Tout semble calculé : le grain de la photographie, la sueur sur les visages, même la poussière paraît mise en scène.
Daphné Patakia (Chloé) porte le film, oui. Mais sa fragilité reste enfermée dans un rôle trop écrit. Autour d’elle, Emmanuel Elozieuwa et Ioko Ioannis Kotidis peinent à exister autrement que comme symboles — la rébellion, la tendresse, la perte. Des figures, pas des êtres.
La lumière est belle, parfois — gris salé, reflets d’ocre, halos de néon — mais cette beauté devient décorative. On pense à Andrea Arnold, à Gus Van Sant, sans retrouver la grâce brute de leurs films. Ici, tout est trop conscient de son effet.
Le montage, haché, cherche le désordre mais tourne à la pose. Le son, censé traduire le chaos intérieur, se réduit à un cliquetis répétitif : moteur, vent, silence — encore. Ce silence, qu’on voudrait plein de sens, finit par sonner vide.
Kekatos veut nous faire sentir la poussière, la chaleur, la faim d’avenir. On la voit, on ne la sent pas. Le film respire, oui, mais d’un souffle mécanique. Une image, un plan, un autre — et rien qui reste sous la peau.
On aimerait aimer cette errance. On voudrait croire à ces jeunes marginaux qui cherchent une autre route. Mais Nos jours sauvages, c’est une carte postale froissée : belle de loin, muette de près.
Un geste sincère, sans doute. Un regard appliqué.
Mais sans vertige, sans brûlure.
Ma note : 6 / 20
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