Une histoire autour d’un écrivain et de sa famille, confronté au décalage entre ses propres aspirations et ce que le public américain veut réellement lire. Porté par un très bon scénario, le film nous fait passer un excellent moment grâce à une intrigue intelligente, des acteurs convaincants et une fin particulièrement intéressante.
Un film généreux et précis dans son écriture. Son humour à la fois cynique et tendre nous engage automatiquement. Jeffrey Wright est extraordinaire de justesse. Il parvient à dessiner toute la pudeur de son personnage blessé cachant ses plaies sous un humour noir décapant.
De sacrés acteur-ices! Cette comédie est d'une finesse rare, et critique avec précision le système raciste dans lequel la société occidentale se noie. Très satyrique, le sort de cet artiste damné est en meme temps plein d'ironie et d'injustice.
Une bonne surprise ! Une très belle écriture, notamment du côté du personnage principal de l'impeccable Jeffrey Wright qui nous emmène dans les bas fonds du monde de l'édition, pour mieux se ficher gentiment du spectateur que nous sommes. Certaines scènes sont savoureuses. Le genre de film caché qui est pourtant bien au-dessus d'un certain nombre !
spoiler: C'est l'histoire d’un prof black qui explique que “nigger n’est pas forcément le plus offensant pour un noir".
Cette critique contient des spoilers -
Le thème racial ne me passionne pas, on est toujours du côté des bons (les lettrés lecteurs de livres “whisky bleu") et s’il existe sans aucun doute un racisme latent de la gauche/moderniste/démocrate, il n’est probablement pas le pire. Surtout American Fiction, engoncé dans ses personnages bourgeois n’évoquent jamais la primauté de la classe sociale sur la race.
Il n’empêche que dès le départ j’ai aimé. La qualité de dialogues recherchés qui sonnent vrais mais aussi profonds, les retournements de situation, la finesse de la réalisation (les pieds dans le lit, les mouvements des deux frères lors de leur conversation dans la maison de campagne). J’ai beaucoup aimé l’intérêt clair et sans équivoque de l’avocate pour notre héro et à l’inverse toujours pas compris l’intérêt de l’histoire d’amour et du mariage de la boniche.
Certains moments sont brillants “People are more than their worst dead", l’euologie, la condescendance de Monk. D’autres sont justes drôle “Thelonious 'Monk' Ellison: Let me say first, Carl, that I'm honored you'd choose me out of all the black writers you could go to out of fear of being called racist." “Ailene Hoover: People have worked hard on these books and we have to respect that. Wilson Harnet: Hard work doesn't demand respect. People worked hard on the Third Reich."
Malgré leur drôlerie certaines blagues referment des sujets qui aurait mérité d’être creusés: le livre qui change des vies car il a permis… de caler la table branlante. Ou d’autres dont je ne suis pas sûr de la portée / intérêt: “You know, it's not just that it's so affecting, I just think it's essential to listen to Black voices right now."'Potential is what people see when they think what's in front of them isn't good enough".
je n'ai d'ailleurs pas bien compris le final: alors que j’avais anticipé que Golden admette qu’elle aussi avait écrit à dessein un livre “Black" de mauvaise qualité, son altercation finale avec Monk est une opposition entre tout ce que nous savons de son livre (c’est la même daube que Fuck) et ce qu’elle dit (j’ai fait des recherches). Elle se défend de vendre ce que recherchent les lecteurs mais le film lui laisse conclure l’échange et la rend victorieuse alors qu'elle ne devrait apparaitre que comme une réelle hypocrite. Je ne comprend toujours pas pourquoi.
Le scénario est au départ intéressant: un écrivain noir lassé des récits stéréotypés sur la race écrit par défi un roman plein de clichés et est pris à son propre piège. Dommage alors de se perdre dans des histoires secondaires au pathos non nécessaire; la description du milieu artistique et son rapport à la couleur de peau se suffisait à lui même.
Appartenant au cinéma indépendant américain, ce premier long-métrage de Cord Jefferson, sorti en 2023, s’appuie sur une vraie qualité d’écriture. Cette comédie interpelle le spectateur en raison de sa réflexion tragi-comique sur le statut des afro-américains dans la société. L’histoire de cet écrivain noir (l’excellent Jeffrey Wright) qui se désavoue en publiant un roman dont le contenu répond aux attentes de l’intelligentsia des éditeurs, porte un regard subtil sur les discriminations et le racisme ordinaire. Malheureusement, compte tenu de la multiplication des thèmes abordés (la maladie, l’homophobie, les rapports familiaux, l’hypocrisie du monde littéraire, etc.), un faux rythme s’installe. Ceci est d’autant plus regrettable qu’en l’absence de pathos exagéré, le ton manque parfois d’âpreté. Bref, un film intelligent sur la condition humaine auquel il ne manque qu’un peu de mordant.
C'est un film triste, déprimé. Mais, il a l'élégance de nous faire marrer tout le temps. Plein de réflexions intéressantes sur la création, l'honnêteté vs marketing de l'auteur, sur les clichés sur les Afro-Américains. Tout est traité avec finesse, retenue et un humour permanent d'une grande subtilité. On n'est pas dans la gaudriole, loin s'en faut, mais on rit beaucoup car ce film est intelligent et honnête. A voir.
Oscar du meilleur scénario original, "American Fiction" s'est découvert en France sur la plateforme Amazon Prime. La comédie dénonce l'hypocrisie de l'industrie de l'édition à travers le portrait d'un écrivain et professeur qui écrit un roman satirique sous un pseudonyme. Volontairement nombriliste, l'intrigue aborde la thématique du racisme et des inégalités sociales aux Etats-Unis. Malgré le talent indéniable de Jeffrey Wright, le film s'avère trop consensuel et échoue à instaurer des enjeux captivants.
American Fiction est une belle découverte ! Un humour qui se fout de la tête du récit misérabiliste qu’on retrouve dans beaucoup d’œuvres noires américaines et qui fait saliver les lecteurs blancs. Dans ce rôle, Jeffrey Wright est juste parfait et l’humour subtil du film donne lieu à des scènes vraiment drôles. Au final le seul point noir vient de la mise en scène très plate et d’un rythme qui pourrait être plus percutant pour en faire un film vraiment inoubliable. Mais ça reste très sympa et drôle, je recommande !
Franchement, j'ai beaucoup rigolé devant ce film ! Je trouve le message intéressant et si drôle, parce que la réalité y est tellement représentée que nous sommes très loin de la fiction énoncée dans le titre et pourtant la fiction à l'américaine est bien réelle ! J'ai adoré le fait qu'il y ait plusieurs fins, d'ailleurs la dernière est tellement la plus drôle et parfaite pour conclure ! J'ai retrouvé dans ce film de vrais messages comme ceux que Donald Glover donne dans sa série Atlanta ! J'ai aimé la scène où il faut choisir le top 1 bouquin et qu'au final, on voit bien qu'ils ne sont là que pour la « diversité », mais qu'en aucun cas leur parole n'a d'impact, car les jury blancs sont plus nombreux qu'eux ! Non, franchement excellent, avec toujours cette petite musique de jazz en fond ! Honnêtement, je déteste les films politisés, car je trouve que ça gâche la magie du cinéma, mais lorsque c'est bien fait comme ça, je dis OUI.
Un romancier érudit, black et vertueux se retrouve contraint d'adapter sa démarche littéraire, se laissant instrumentalisé par un courant social, afin de mettre à l'essai tout un système. De l'autre côté, ses homologues blancs usent de l'expression de la divertisité, pour couronner une œuvre qui ne le mériterait pas,sortie de son contexte. Ce film parle joliment d'integrité personnelle, au-delà de tout penchant racial et de son apparance Blaxploitation. Il aborde différents autres thèmes naturellement, comme la famille, la maladie, le partage et le vivre ensemble. Il acte également du processus de création et de la reconnaissance, tout en pointant du doigt l'homophobie et j'en passe; Pour finalement rebondir sur ce maître mot, l'integrité. Qu'y a-t-il de plus appliqué que de ne pas se retrouver confondu à d'autres. Subtile et distrayant, touchant à la fois avec un développement généreux des personnages qui révèlent tous un élément mordant et nécessaire à l'intrigue. Sans fausseté et bien écrit. Une vraie surprise que cette première réalisation.
Une bonne surprise. Il faut savoir se moquer de soit et ce film sait appuyer là ou cela dérangeLes dialogues sont savoureux et les acteurs tout à fait crédible.
On a beau essayer de ne pas entrer dans les clichés qu’on voudrait faire de nous, c’est beaucoup plus dur que ce qu’on pense. Le film traite de manière hyper intelligente des sujets comme la place d’un homme dans sa famille, le poids de la famille, du déterminisme social, de racisme bien sûr… mais tout ça avec humour, une certaine tendresse même. L’humain n’est pas épargné et le héros non plus ce qui fait de ce film, quelque chose qui s’approche de la satire. C’est drôle, c’est intelligent. Du cinéma américain comme il ne se fait presque plus.