Je vais dire, en quelques points, pourquoi ce film est un très bon film, au même niveau que, pour citer un film récent, Rebel Moon de Zack Snyder :
1. Iconisation de l'antagoniste.
Dans Godzilla Minus One, l'antagoniste est réellement cruel. Il n'a pas de raison à sa cruauté comme dans nombre de films, notamment ceux de super-héros. On ne connait pas ses objectifs, on sait juste qu'il a été créé par des essais nucléaires et qu'il détruit tout sur son passage. Je pense notamment au moment où il "tue" la "femme" du héros : cela donne au spectateur l'idée que Godzilla est un monstre, qu'il faut abattre car c'est le mal absolu.
2. Sujets abordés.
Les sujets abordés dans Godzilla Minus One sont vastes et permettent une grande réflexion chez le spectateur.
Notamment, on retrouve la famille et le Japon. Pour ce qui est de la famille, le sujet est abordé dès le début, quand le héros "adopte" sa fille jusqu'à la fin où il retrouve sa femme à l'hôpital. Le réalisateur travaille la famille sous tous ses angles, avec la relation entre le héros et sa femme, mais aussi avec sa fille. Enfin j'ajouterai qu'elle est aussi abordée lorsque les citoyens finissent le plan d'attaque contre Godzilla, un personnage dit : "Ce soir, passez du temps avec vos familles !". Quant au Japon, il est, lui aussi explorer sous beaucoup d'aspects. On notera surtout la défense du pays par les citoyens eux-mêmes, le comportement du Japon pendant la guerre, et les bombardements subit par le Japon durant la guerre. Je préciserai seulement le deuxième point (le comportement du Japon pendant la guerre), un personnage dit que le Japon a souvent fait vil prix de la vie avec multiples kamikaze (sujet également abordé grâce au héros), avions sans siège éjectable ou encore tanks mal blindés.
3. Son, mouvement de caméra et musique.
Le son de ce film est extrêmement bien géré. C'est d'ailleurs pour ça que voir ce film chez soit aurait peu d'intérêt à moins d'être équipé pour voir des films en 7.1. Effectivement, Yamazaki joue du fait que le son se trouve partout dans la salle avec de grands, impressionnants et beaux mouvements de caméra dans la direction d'où le son venait. La musique est donc extrêmement bien géré également, les cors des OSTs "Godzilla Suite I" et "Godzilla Suite II" deviennent magistrale grâce à un son parfaitement géré.
4. Compositions des plans.
Je vais maintenant rentrer dans une partie plus cinématographique. La composition des plans dans ce films est très esthétique, on y trouvera beaucoup de plans composés ou des plans "symétriques". De fait, il y a également beaucoup de plan ou les personnages regarde le bord de l'écran d'un espace plus ou moins espacé avec celui-ci pour montrer à quel point les protagonistes sont acculés. Je trouve donc que Takashi Yamazaki est un réalisateur savant placer de manière judicieuse les objets et les personnages dans un plan.
5. Certaines scènes.
Je vais maintenant revenir sur 3 scènes qui mon marquées tout en faisant référence aux anciennes parties.
A- Au début du film lorsque le héros retourne en ville après l'événement de l'île d'Odo, il récupère sa fille qui lui a été donnée par sa future femme, alors, il s'assoit et c'est là que le réalisateur nous montre un plan large montrant le héros, au centre et toutes les activités de cette espèce de marché autour de lui. Il se trouve qu'une couleur guidait notre œil à travers cette image : c'était la couleur rouge. Pour ne citer que, le landau de l'enfant était rouge ainsi que les kimonos de deux dames qui passaient, et donc bougeait, et si on les suivait du regard, on allait retrouver du rouge et ainsi de suite.
B- Vers le milieu du film, le personnage principal revois les photos des gens qui sont morts sur l'île d'Odo. Étant bouleversé, il commencera à pleurer et à dire des choses ayant peu de sens, et sa femme viendra le consoler. Encore une fois, un plan large montre les deux protagonistes au centre ainsi que, en presque seul objet pas flou avec les personnages, les photos des gens morts sur l'île. Après cela, on voit le héros se réveillant après cette dur nuit et se tourne vers l'autel de ses défunts parents, là, une bascule de point s'opère, un clin d'œil amusant du réalisateur s'étant déjà amusé avec le flou dans le plan d'avant. Pour finir, il faut ajouter que nous voyons l'œil du personnage principal se réveillant, il était rouge, je pense que l'on peut associer cela à la folie, qui commence à s'emparer de lui notamment à cause de l'événement de la veille.
C- Je vais parler de plusieurs scènes mais ayant un même objet dans toutes, un câble qui descend du plafond et coupe le plan. Ce câble apparaît dans 3 scènes, il est un câble téléphonique dans les deux premières scènes et un tuyau de perfusion dans la dernière(ce qui me fait penser que ces câbles ont un rapport, est le fait qu'ils soient tous de la même couleur). Le héros s'amusent à transgresser ce câble. Je pense que cela veut dire quelque chose sur leurs états de pensée : lorsqu'il passe le câble la première fois, il est avec sa femme, pour moi, c'est une introduction à cette notion dans le film ; lorsqu'il passe le câble pour la deuxième fois, c'est après la mort de sa femme, comme pour dire qu'il va aller se battre contre Godzilla jusqu'à la mort, et la dernière fois, c'est lorsqu'il retrouve sa femme à l'hôpital, comme pour dire que sa "guerre est finie".
Malheureusement, ce film a un défaut majeur qui concerne ses effets spéciaux. Les effets spéciaux de ce films ont probablement été géré par plusieurs boîtes différentes car ils sont parfois très bien et parfois très mauvais. Ce contraste est d'ailleurs quelque peu troublant, et je me demande s'il n'aurait été mieux de ne pas avoir ce contraste quitte à avoir des effets spéciaux pas forcément incroyables.
Voilà donc ce qui conclue ma critique de ce merveilleux film, je n'ai pas plus à dire, à part qu'il faut aller le voir tant qu'il en est encore temps ;)