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Maryline Guilbaud
2 critiques
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4,0
Publiée le 6 avril 2024
Exceptionnellement bouleversant. J’ai une peine immense pour Christine ANGOT. Le sujet est merveilleusement traité même si toutes les réponses ne sont pas apportées. Bravo et merci.
Véritable bombe qui vous explose au visage. Angot part à la recherche de ceux, dans sa famille, qui savaient ce qu’elle endurait (inceste de son père de ses 13 à 16 ans) sans avoir rien dit ou fait. Il ressort du doc une grande ardeur, une colère, et une violence aussi qui sont propres à Christine Angot. Il gêne aux entournures tellement c’est brut et intime. Il gêne aussi aux entournures parce qu’on se dit parfois qu’Angot a subit une telle violence qu’elle en vient à ignorer ou occulter celle qu’elle commet à son tour ; en tout cas elle la légitime par sa propre violence vécue comme supérieure (et objectivement on peut dire que c’est le cas). Le doc brille par une réalisation sensible, poignante ; certains plans m’ont laissé complètement bouché bée par leur justesse et leur beauté (dispute devant une toile torturée de femme nue ; Angot pleure en mode mute ; plan resserré sur son visage qui souffre pendant une conversation…). La musique est parfaite et offre des respirations légères très bienvenues. Grand documentaire.
Un film d'utilité publique. Si l'on ne supporte pas ce que reflète ce film, cela en dit long sur notre position justement. Ceux qui ont vu ce film comprendront ou je veux en venir. Merci de vos mots et de votre justesse. Je n'ai pas vécu l'inceste mais la personne la plus importante de ma vie et je l'ai toujours su en allant au front pour elle qui vivait dans la honte, j'ai toujours ressenti ce paradoxe. Moi tout ce que je vois c'est quelqu'un qui se bat pour prendre sa place, qui ne se laisse plus Bouffer par le silence de ceux qui acceptent de vivre dans le mensonge toutes leurs pauvres existence. C'est pour eux que je ressens de la pitié finalement.
Une famille va diviser, comme ont divisé chacun des livres de Christine Angot. On va tout entendre. Qu’elle se répète, qu’elle ressasse, qu’elle ne tourne pas la page, qu’elle est agressive, et comme l’abjection n'est jamais loin, qu'elle n'aurait peut-être rien eu à écrire si elle n'avait pas été violée par son père – sans doute cela viendra par ceux (et celles) qui se marraient avec Ardisson dans cette émission d’un cynisme sidérant en 2000 - ce n’est pas si loin, l’an 2000. Alors oui, à coup sûr, si sa mère, leur entourage, la société avaient fait leur boulot, Christine Angot aurait eu une vie différente et elle aurait écrit autre chose, ou pas écrit, ou … qu’importe. Elle aurait eu une vie, sa vie, pas une vie marquée au fer rouge à l’aube de l’adolescence par un père qui s'est senti autorisé à être un criminel. Alors oui, son film est malaisant, inconfortable, oui il y a des scènes qu'on aurait préféré ne pas voir, des réactions (de sa mère, de l’épouse de son père) qu'on aurait préféré ne pas entendre. Angot aussi, probablement, préférerait être ailleurs que devant la porte de sa belle-mère qui a toujours refusé de lui parler. Angot, elle, parle depuis longtemps. Est-elle entendue ? Comprise ? Soutenue ? Qu’est ce qui a changé dans la lutte contre la pédo-criminalité depuis que les victimes osent se manifester ? La Légion d’honneur est remise à ceux qui en rient. Son échange avec son ex-mari, bouleversant, prend acte de l’étendue des malentendus. C’est de sa fille, digne et révoltée, que vient l’espoir d’une génération moins soumise à l’omerta sociale, plus éclairée... peut-être.
Je trouve que ce film joue un rôle pour aider les personnes ayant les meme experiences, ce qui n'osent pas faire face à ce type de histoire,ce qui ont décidé de l'ignorer, meme si on dit qu'il faut tourner la page dans la vie mais c'est quand meme très courageuse de sa part de la raconter au public.
Ce film n'est rien d'autre qu'un déballage en public de la terrible rancoeur causée par un traumatisme important subi durant l'adolescence. Il n'y a aucun scénario, l'écrivain ne fait que profiter de sa notoriété pour lister toutes les personnes envers qui elle déverse injustement sa colère... Tout ce que je lui souhaite, c'est que ce "film" ait pu contribuer à diminuer un peu la rage qui la dévore de l'intérieur !
Quand rien ne peut refermer une blessure béante. Quand chaque acte manqué la ravive et quand chaque parole qui ne naît pas de la réelle empathie augmente la brûlure qu'elle génère, alors seule l'obsession envahit les pensées, les paroles et les actes de la personne blessée et empêche de la sorte toute vie sereine, toute vie tout court.
Quand le mépris, énoncé haut et clair, vient encore et toujours entretenir la béance. Ce mépris des critiques littéraires, celui que l'on enrobe dans le soi-disant humour tendance des années 1999/2000, le mépris d'une plainte en justice dont la puissance destructrice est bien plus forte que l'empathie déclarée quelques jours plus tôt.
Ne restent que les débris d'un vase précieux et fragile intentionnellement jeté au sol il y a bien des années dont nul ne pourra jamais recoller les morceaux. J'ai quitté la salle avec le cœur lourd.
Je pense qu'il faut avoir vécu l'inceste pour comprendre la colère de Christine Angot. Comment ne pas l'être, en colère, face à ces proches qui ne semblent pas vouloir comprendre ni reconnaître la souffrance de la victime. C'est si difficile de se retrouver devant un mur fait de déni et d'incompréhension, bâti par la société. Et il n'y a qu'à lire certains commentaires pour s'en rendre compte.
J'ai été touchée, émue par ce documentaire au caractère universel. Ce n'est pas seulement une famille, c'est l'histoire de beaucoup d'entre nous.
J'ai été blessée par la violence des mots. Ce n'est pas Christine qui est violente mais ceux qui préfèrent remettre en doute ce qu'elle a vécu, ou qui minimisent. Et que dire de l'émission d'Ardisson !
J'en retiens une grande souffrance, un grand courage, un poids que l'on porte toute sa vie, une envie de faire bouger les choses. Merci Christine.