Quatre ouvriers polonais débarquent à Londres pour y retaper, au noir, la résidence anglaise de leur patron. Entretemps, les militaires de Jaruzelski prennent le pouvoir en Pologne.
Dans un premier temps, le film du réalisateur Jerzy Skolimowski, sur le mode de l'humour feutré, semble s'amuser de la découverte par des ressortissants de l'Est de l'Occident capitaliste. Le cinéaste montre l'existence austère de travailleurs immigrés et la façon dont Novak (Jeremy Irons), le seul d'entre eux qui parle anglais, doit gérer le maigre pécule mis à sa disposition pour les travaux et pour la subsistance.
Par ailleurs, le film semble introduire une parabole plus vaste et plus grave (le Bloc de l'Est n'a pas encore explosé à l'époque du film) à travers laquelle on est tenté de voir dans le travail de réfection des ouvriers de Novak la volonté des pays placés sous obédience soviétique de rejoindre l'Ouest, tout au moins la Pologne dont le putsch de Jaruzelski condamne les avancées démocratiques.
Le réalisateur exprime également le rapport des quatre travailleurs avec la société de consommation dont il fait, à plusieurs reprises, du caddie le symbole. Cela dit, L'esprit du film est suffisamment complexe, voire déroutant, pour qu'on imagine d'autres interprétations. Sur la forme, Novak et ses hommes sont des étrangers égarés, isolés, dans un pays sombre et maussade, inhumain à la façon, peut-être, d'un univers kafkaïen. C'est une ambiance de malaise qui détermine le ton étrange et intimiste du film.