Le court-métrage Pachyderme raconte une histoire sans la dire, ou plutôt en la faisant ressentir. Tout passe par les sensations, les silences, les gestes, comme si le langage verbal était insuffisant pour traduire ce qui est en train de se jouer. Cela reflète parfaitement la vision enfantine du monde, qui capte l’atmosphère avant de comprendre les faits. Pachyderme met en scène un traumatisme qui ne dit pas son nom. Le film fonctionne comme un souvenir refoulé qui revient à la surface, flou, incomplet, mais chargé émotionnellement. Cela rappelle le mécanisme de la mémoire traumatique, où l’événement vécu par l’enfant ne peut pas encore être mis en mots, mais s’imprime profondément dans le corps et l’esprit. L’éléphant comme métaphore du souvenir pesant, jamais oublié. Et aussi l’idée du "poids" psychique qu’on tente d’ignorer. Les adultes dans le film sont présents, mais leur comportement est ambigu : trop souriants, trop polis, ou évitants. Le spectateur comprend vite que le danger ne vient pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur du cercle familial. Cette absence de réaction ou ce refus de voir participe à l’installation du traumatisme.
Le film pointe du doigt la complicité passive que peut représenter le silence des proches dans certaines violences intra-familiales. Le film ne suit pas une structure classique. Il est fait de fragments, de suggestions, comme une mémoire recomposée après coup. Le spectateur est obligé de lire entre les lignes, d’interpréter les symboles, les gestes, les atmosphères. Cela rend le film très immersif, mais aussi dérangeant, car on est mis dans une position de témoin impuissant. Pachyderme est un film à la fois poétique et cruel, qui réussit à évoquer l’indicible par la douceur de son style. Il interroge le regard, la mémoire, le silence et l’aveuglement. C’est une œuvre sur l’enfance brisée, mais aussi sur la capacité de survie face à l’inaudible.
Ce court métrage était juste incroyable, les dessins très agréable à regarder malgré le style particulier et l'histoire surprenante très bien amenée était les principales réussites du court métrage. Je reccomande.