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takeshi29
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3,5
Publiée le 8 juillet 2024
Je suis parfois énervé quand j'entends parler du soi-disant courage des cinéastes, mais jamais quand il s'agit de films venant d'Iran, douce démocratie où tout artiste qui ouvre sa bouche finit en prison, en résidence surveillée ou autre joyeuseté. Et c'est donc le sort réservé à Maryam Moqadam et Behtash Sanaeeha, dorénavant interdits de sortie du territoire. Après le très beau "Le Pardon" ils prennent cette fois une voie pour le moins inattendue pour dénoncer les conditions de vie dans un pays où l'interdit est la règle, signant une pure comédie romantique en huis clos. C'est malin, délicieux comme un gâteau, drôle. Mais attention, nous sommes en Iran, où le plaisir ne peut être que de courte durée, alors pas sûr que ça se termine comme dans un film hollywoodien...
Les coréalisateurs de Mon gâteau préféré, Maryam Moqadam et son mari Behtash Sanaeeha n'ont plus la liberté de quitter l'Iran et leur situation risque peu d'aller dans le bon sens, plus leur film sera montré dans le monde. Son thème : la rencontre inopinée de deux "jeunes gens" de 70 ans, solitaires et habitués à l'être, pourrait paraître anodin s'il n'était situé dans un pays où les plaisirs de la vie y sont en grande partie interdits, sans parler de la lamentable condition des femmes. Les deux héros du film n'ont plus beaucoup d'années à vivre et ils entendent profiter de leur affection toute fraîche en buvant du vie ou en dansant joyeusement. Il ne faut pas attendre de Mon gâteau préféré des prouesses en matière de mise en scène mais le récit, en forme de jouissance d'automne pour ses deux protagonistes, est gorgé d'humanité, de douceur et de joie de vivre et représente un hymne à la liberté, à la tendresse et à la bonne chère, dans un environnement où la simple idée du bonheur semble un péché inexpiable. Comédie ou drame, peu importe, au fond, toute œuvre cinématographique issue d'Iran semble un petit miracle, tellement la réalisation en est incroyablement périlleuse. Et devient, immédiatement, un acte de résistance audacieux contre l'effroyable police des mœurs.