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Jipéhel
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3,0
Publiée le 25 juillet 2026
Peut-on échapper à son passé ?
Après un 1er film exigeant, Le cœur régulier en 2016, la belge Vanja D'Alcantara nous propose un film dramatique québéco-néerlando-belge (???) Un polar-thriller-dramatique de108 minutes qui ne parvient vraiment à nous tenir en haleine malgré des qualités indéniables. Toni, une jeune femme de 24 ans, sort de prison et doit retourner vivre chez sa mère Betty. Déterminée à renouer avec sa fille Anna, elle travaille dans la brasserie de son oncle. De nouveau, elle se retrouve impliquée dans les affaires de contrebande de son amour d’enfance, Max, le père d’Anna. Toni devra faire preuve de combativité pour se libérer de cet environnement toxique… Des films sur ce sujet, on en a déjà vu des pelletées, celui-ci est ni pire ni meilleur que d’autres. Belle réalisation, belle direction d’acteurs, mais trop de mollesse dans le rythme. Bref, on s’ennuie trop pour donner un satisfecit à ce film que j’aurais tant voulu aimé. La cinéaste a voulu filmer la reconstruction d’une femme après sa sortie de prison, en lui imaginant une seconde chance d’échapper à son destin marqué à jamais par le passé. Dans son ambition de mêler la tension du film noir avec le drame social et familial, elle revendique l’inspiration de films tels que The Yards de James Gray, Fish Tank et American Honey d'Andrea Arnold, mais aussi Prisoners de Denis Villeneuve. On est loin du compte, mais pourquoi pas ! Aussi, même si le film mêle ambiance de film noir/polar , drame personnel et un peu de chronique sociale, le tout sur un ton proche du naturalisme, il ne parvient pas à convaincre totalement par la faute, je le répète, d’un rythme trop languissant, sauf dans le final… mais c’est trop peu. La très belle photo sublimant les environ de Dunkerque jusque dans ses docks ne peut tout rattraper , loin sans faut. Côté casting, par contre, c’est un sans faute. Noée Abita, fragile et rebelle à la fois, porte le film avec une évidente conviction. Une actrice rare qui sait choisir ses films. Depuis 2017 et Ava, il n’y a pas grand-chose à jeter dans sa filmographie marquée par Slalom, Les passagers de la nuit, Maria rêve, Première affaire ou Le roman de Jim… A ses côtés Olivier Gourmet, Pascale Bussières, - elle aussi trop rare sur nos écrans -, Mattéo Simoni, les apparitions de Myriem Akheddiou et la découverte de la petite Aélis Mottart. Voilà, tout est dit ou presque sur ce polar de la dernière chance, qui, par contre a le gros désavantage de sortir en plein été entre L’odyssée et De la Comédie Française…
Avec Cap Farewell, Vanja d'Alcantara propose un drame familial qui emprunte les codes du film noir pour explorer les mécanismes de la réinsertion et la difficulté de retrouver sa place après plusieurs années d'absence. Toni, ancienne détenue, revient auprès de sa mère et de sa fille dans un environnement où les blessures n'ont jamais disparu. Le film s'intéresse moins au passé judiciaire qu'aux conséquences psychologiques de ce retour, lorsque chacun a appris à vivre sans l'autre. Entre culpabilité, méfiance et désir de réparer ce qui paraît irréversible, les personnages avancent dans un équilibre fragile où chaque décision peut faire basculer leur avenir.
L'œuvre trouve également sa force dans sa représentation des territoires périphériques, loin des grandes capitales. Les paysages portuaires, les digues et le phare deviennent les témoins silencieux d'existences enfermées dans leurs contradictions. Cette opposition entre des horizons ouverts et des personnages prisonniers de leurs choix nourrit une tension constante qui accompagne le spectateur jusqu'au dernier plan.
Cap Farewell est telle l'espérance d'une seconde chance, celle qu'on prend pour nous-mêmes, mais également pour nos proches. Ici, Noée Abita est prodigieuse face à Olivier Gourmet, sombre et inquiétant. Un film vibrant avec une photographie travaillée, les plans dans le bureau de Frank, rappelant l'ambiance de certains films noirs. Bref, Cap Farewell séduira les amoureux de cinéma francophone.
En 2005, la réalisatrice belge Vanja d’Alcantara avait réalisé La tercera vida, un documentaire de 48 minutes consacré à Purificacion Crego, une détenue espagnole, sur le point d’être libérée après 11 ans de prison. Au départ, le but de la réalisatrice était avant tout de s’intéresser à la reconstruction de cette femme après sa libération et elle avait dû se montrer frustrée de ne pas avoir pu aller au bout de son idée, cette ancienne détenue ayant été retrouvée morte peu de temps après sa sortie de prison. 21 ans après, elle a choisi de façonner l’histoire qui aurait pu être celle de Purificacion Crego dans un long métrage de fiction, "Cap Farewell". Une sortie de prison n’est jamais chose facile et Antonia, 24 ans, que tout le monde appelle Toni, va vite s’en rendre compte quand elle est mise en liberté conditionnelle. La suite, c'est sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
J'ai beaucoup aimé ce film qui croise 2 genres : celui d'un thriller avec des rebondissements toutes les 5 minutes et une histoire intimiste transgénérationnelle entre grand-mère, fille et petite fille. Le choix des acteurs est excellent. Les 3 figures féminines sont très crédibles et touchantes. Bref on ne s'ennuie pas et on est touché au cœur ❤️
Ce film noir familial sur fond d’émancipation féminine de cette réalisatrice belge est de grande qualité. Il est bien réalisé avec de beaux décors de la côte belge bien mis en valeur et un scénario bien huilé. Ce drame nous tient en haleine et l’on suit avec intérêt la lutte de cette jeune femme face à l’univers toxique dans lequel elle ne veut pas retomber. Pour incarner cette dernière, Noée ABITA nous livre une belle performance d’actrice en restituant avec force et conviction tout cela à l’écran.
Bernard CORIC
(Film visionné le 21/03/2026 par lien du distributeur°