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A “Autalia” T.
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2,0
Publiée le 4 septembre 2026
Malgré la présence d’Olivier Gourmet, qui n’a qu’un rôle très secondaire, et la performance tout à fait honorable de Noé Abita, ‘Cap Farewell’ s’étire en longueurs. Le film manque cruellement de suspense et de structure, et il finit par devenir vraiment ennuyeux. Bref, c’est un film qui tourne en rond et qui laisse un goût de vide. Une perte de temps.
Pour avoir mouillé dans les trafics de Max son compagnon, Toni (Noée Abita) a été arrêtée et condamnée. À sa sortie de prison, en liberté conditionnelle, elle retrouve sa fille dont sa mère (Pascale Bussières) avait entretemps assuré la garde et son oncle (Olivier Gourmet) qui lui offre un emploi dans son restaurant. Mais le passé et ses mauvaises habitudes ont tôt fait de resurgir.
Nous vient de Belgique ce petit film noir tourné début 2024 qui a mis plus de deux ans à se frayer un chemin jusqu'aux salles belges où il est sorti en avril dernier et aux salles françaises où sa sortie fin juillet, dans une trentaine de salles à peine, le condamnait à l'invisibilité : il a enregistré à peine 2171 entrées au box office.
On peut certes déplorer l'échec de ce "film du milieu", comme les désignait le rapport Bonnell, ces films écartelés entre l'ambition de toucher le grand public et l'exigence artistique. Mais on peut en voir sa cause dans sa médiocrité.
Il n'y a rien de bien original dans ce scénario qui voudrait jouer à la fois sur les codes du film noir et sur ceux de la tragédie familiale intime. Sa réalisatrice invoque "The Yards" de James Gray ; mais il n'y a rien de commun entre "Cap Farewell" et les luttes d'influences au sein des mafias russes de New-York sinon peut-être les paysages balayés par les vents des plages de Coney Island et de Breskens en Zélande. Elle invoque également les films d'Andrea Arnold, "Fish Tank", "American Honey" ; mais là encore, la référence est écrasante, le film de Vanja d'Alcantara n'ayant ni l'âme ni la flamme de ceux de la réalisatrice britannique multi-primée.
Le plus triste est qu'Olivier Gourmet, toujours excellent, fait ici pâle figure dans le rôle caricatural d'un chef maffieux. Seule consolation : l'interprétation habitée (!) de Pascale Bussières, une actrice québécoise qui fut si prometteuse dans les 90ies et qu'on n'avait guère vue depuis.
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2,5
Publiée le 23 août 2026
À sa sortie de prison, Toni veut aller de l'avant, mais elle est constamment attirée par son passé caractérisé par Max, le père de sa fille. La petite incarne son avenir tandis que sa mère est son présent qui l'empêche aussi d'évoluer et de prendre son envol. L'histoire de Vanja d'Alcantara est vue et revue, et la réalisatrice a beaucoup de mal à insuffler quelque chose de différent à son film. En plus, elle ne se rend pas service puisqu'elle ne développe quasiment aucun enjeu. Il y a cette double relation mère-fille qui n'est pas explorée et il y a surtout l'intrigue criminelle qui reste trop longtemps en toile de fond avec un charismatique Olivier Gourmet qui est mal exploité. Tout arrive trop tard et manque de saveur à l'image de ce dilemme moral. Bref, un film convenu et beaucoup trop long.
Malgré l'horaire matinal, ( 10h15) je voulais absolument voir ce film. la seule présence de Olivier Gourmet est pour moi déjà un signe de qualité. J'ai découvert Noée Abita dans le rôle principal, totalement subjugué par son jeu d'actrice ( 27 ans, elle promet ) elle s'est accaparée totalement la personnalité de Toni, à n'en former qu'une. On suit son parcours le coeur serré à travers le film, tous les acteurs sonnent juste, la mise en scène n'est jamais uniforme. Cela serait vraiment dommage de rater un thriller comme celui-ci. Bonne séance !
Après un 1er film exigeant, Le cœur régulier en 2016, la belge Vanja D'Alcantara nous propose un film dramatique québéco-néerlando-belge (???) Un polar-thriller-dramatique de108 minutes qui ne parvient vraiment à nous tenir en haleine malgré des qualités indéniables. Toni, une jeune femme de 24 ans, sort de prison et doit retourner vivre chez sa mère Betty. Déterminée à renouer avec sa fille Anna, elle travaille dans la brasserie de son oncle. De nouveau, elle se retrouve impliquée dans les affaires de contrebande de son amour d’enfance, Max, le père d’Anna. Toni devra faire preuve de combativité pour se libérer de cet environnement toxique… Des films sur ce sujet, on en a déjà vu des pelletées, celui-ci est ni pire ni meilleur que d’autres. Belle réalisation, belle direction d’acteurs, mais trop de mollesse dans le rythme. Bref, on s’ennuie trop pour donner un satisfecit à ce film que j’aurais tant voulu aimé. La cinéaste a voulu filmer la reconstruction d’une femme après sa sortie de prison, en lui imaginant une seconde chance d’échapper à son destin marqué à jamais par le passé. Dans son ambition de mêler la tension du film noir avec le drame social et familial, elle revendique l’inspiration de films tels que The Yards de James Gray, Fish Tank et American Honey d'Andrea Arnold, mais aussi Prisoners de Denis Villeneuve. On est loin du compte, mais pourquoi pas ! Aussi, même si le film mêle ambiance de film noir/polar , drame personnel et un peu de chronique sociale, le tout sur un ton proche du naturalisme, il ne parvient pas à convaincre totalement par la faute, je le répète, d’un rythme trop languissant, sauf dans le final… mais c’est trop peu. La très belle photo sublimant les environ de Dunkerque jusque dans ses docks ne peut tout rattraper , loin sans faut. Côté casting, par contre, c’est un sans faute. Noée Abita, fragile et rebelle à la fois, porte le film avec une évidente conviction. Une actrice rare qui sait choisir ses films. Depuis 2017 et Ava, il n’y a pas grand-chose à jeter dans sa filmographie marquée par Slalom, Les passagers de la nuit, Maria rêve, Première affaire ou Le roman de Jim… A ses côtés Olivier Gourmet, Pascale Bussières, - elle aussi trop rare sur nos écrans -, Mattéo Simoni, les apparitions de Myriem Akheddiou et la découverte de la petite Aélis Mottart. Voilà, tout est dit ou presque sur ce polar de la dernière chance, qui, par contre a le gros désavantage de sortir en plein été entre L’odyssée et De la Comédie Française…
Avec Cap Farewell, Vanja d'Alcantara propose un drame familial qui emprunte les codes du film noir pour explorer les mécanismes de la réinsertion et la difficulté de retrouver sa place après plusieurs années d'absence. Toni, ancienne détenue, revient auprès de sa mère et de sa fille dans un environnement où les blessures n'ont jamais disparu. Le film s'intéresse moins au passé judiciaire qu'aux conséquences psychologiques de ce retour, lorsque chacun a appris à vivre sans l'autre. Entre culpabilité, méfiance et désir de réparer ce qui paraît irréversible, les personnages avancent dans un équilibre fragile où chaque décision peut faire basculer leur avenir.
L'œuvre trouve également sa force dans sa représentation des territoires périphériques, loin des grandes capitales. Les paysages portuaires, les digues et le phare deviennent les témoins silencieux d'existences enfermées dans leurs contradictions. Cette opposition entre des horizons ouverts et des personnages prisonniers de leurs choix nourrit une tension constante qui accompagne le spectateur jusqu'au dernier plan.
Cap Farewell est telle l'espérance d'une seconde chance, celle qu'on prend pour nous-mêmes, mais également pour nos proches. Ici, Noée Abita est prodigieuse face à Olivier Gourmet, sombre et inquiétant. Un film vibrant avec une photographie travaillée, les plans dans le bureau de Frank, rappelant l'ambiance de certains films noirs. Bref, Cap Farewell séduira les amoureux de cinéma francophone.
En 2005, la réalisatrice belge Vanja d’Alcantara avait réalisé La tercera vida, un documentaire de 48 minutes consacré à Purificacion Crego, une détenue espagnole, sur le point d’être libérée après 11 ans de prison. Au départ, le but de la réalisatrice était avant tout de s’intéresser à la reconstruction de cette femme après sa libération et elle avait dû se montrer frustrée de ne pas avoir pu aller au bout de son idée, cette ancienne détenue ayant été retrouvée morte peu de temps après sa sortie de prison. 21 ans après, elle a choisi de façonner l’histoire qui aurait pu être celle de Purificacion Crego dans un long métrage de fiction, "Cap Farewell". Une sortie de prison n’est jamais chose facile et Antonia, 24 ans, que tout le monde appelle Toni, va vite s’en rendre compte quand elle est mise en liberté conditionnelle. La suite, c'est sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
J'ai beaucoup aimé ce film qui croise 2 genres : celui d'un thriller avec des rebondissements toutes les 5 minutes et une histoire intimiste transgénérationnelle entre grand-mère, fille et petite fille. Le choix des acteurs est excellent. Les 3 figures féminines sont très crédibles et touchantes. Bref on ne s'ennuie pas et on est touché au cœur ❤️
Ce film noir familial sur fond d’émancipation féminine de cette réalisatrice belge est de grande qualité. Il est bien réalisé avec de beaux décors de la côte belge bien mis en valeur et un scénario bien huilé. Ce drame nous tient en haleine et l’on suit avec intérêt la lutte de cette jeune femme face à l’univers toxique dans lequel elle ne veut pas retomber. Pour incarner cette dernière, Noée ABITA nous livre une belle performance d’actrice en restituant avec force et conviction tout cela à l’écran.
Bernard CORIC
(Film visionné le 21/03/2026 par lien du distributeur°