Je me souviens, car oui, j'arrive à un moment de ma vie, où je peux dire cette phrase; je me souviens donc, d'avoir vu ce film à sa sortie lors d'une sortie scolaire, et oui, on ne faisait pas les choses à moitié quand on était bambin. Et au temps des blockbusters plein de testostérones, autant dire que le film m'a paru bien ennuyeux.
Alors quand est-il aujourd'hui, avec le poids des années sur mes épaules, et un regard un peu plus affuté sur le cinéma et ceux qui le font.
Bien sur le film pose question, car il relate une histoire vraie, mais c'est surtout le contexte qui marque, comment cette intolérable dictature et ce mépris de l'autre à pu prendre autant de place dans une société moderne, comme les Afrikaners ont pu faire régner l'ordre et la loi par la tyrannie. On nous montre tout cela à travers le combat de Steve Biko, mais est-ce vraiment cela que le réalisateur a envie de nous montrer, car certes, il nous en fait un portrait flatteur, mais si on y regarde bien, il s'attarde plus sur le rédacteur en chef, qui veut et doit s'enfuir de son propre pays. Cela prend une place très importante dans l'histoire de ce film, et le héros n'est plus Steve Biko, mais Donald Woods, d'ailleurs, on peut se poser la question si ce film n'est pas réellement l'histoire de cette expatriation plutôt que celle d'un pays.
Il pose le contexte, ce qu'il est obligé de faire, mais son focus est posé sur le journaliste, sa famille, et son départ.
Le film a une durée conséquente, comme dans tout biopic qui se respecte, mais on peut le diviser en deux parties, le contexte et la courte vie de Steve Biko, et la fuite de Woods, jusqu'en Angleterre.
Depuis 1987 les choses ont bien changés sur place, donc le film, même s'il n'est pas aussi puissant que l'on pourrait l'imaginer, il reste tout de même un témoin de cette période sombre, même si aujourd'hui, les choses sont toujours aussi sombre, mais plus pour les mêmes raisons.
Un film important pour avoir graver sur pellicule une histoire vraie, dure, et éternelle. Le petit plus, c'est Denzel Washington qui tient bien son rôle, même si j'aurais aimé le voir un peu plus à l'écran.