Le point de départ, ancré dans le contexte de l’après-guerre, est intéressant : Karin Bjoornsen (Ingrid Bergman), lithuanienne (née le 8 mai 1920 à Kovno ou Kaunas, connue pour le massacre des Juifs par les Nazis), veuve d’un architecte en Tchécoslovaquie, internée dans un camp italien, accepte d’épouser un soldat italien, Antonio, suite à son refus de visa pour l’Argentine. De retour à la vie civile, ils regagnent, via Rome et Messine, l’île natale du mari, Stromboli (12 km²), l’une des 7 îles éoliennes (la plus septentrionale et la plus orientale) et ayant un volcan en activité (culminant à 924 m) comme Vulcano. Face à ce monde insulaire ingrat et soumis aux éruptions, aux habitants primitifs et hostiles, Karin a beaucoup de mal à s’intégrer. Un film décevant car Rossellini l’a construit uniquement autour de sa futur femme, au détriment du scénario [pourtant écrit par le réalisateur, son complice Sergio AMIDEI (5 films ensemble) et Gian Carlo CALEGARI]. La rudesse de la vie à Stromboli aurait pu faire l’objet d’un documentaire seul alors que les images prises sur le vif font plus penser à celles de « Connaissance du monde » (Ah la pêche aux thons, propice à la glose cinéphilique de la Nouvelle Vague !). La fin est convenue et empreinte de bondieuseries et le film, malgré son naturalisme (Rossellini a pu filmer une éruption qui a eu lieu pendant le tournage), manque de crédibilité (
cf. grossesse de Karin, sans avoir montré l’once d’un baiser ou d’un geste de tendresse de la part de son mari
). Sans oublier la musique redondante de Renzo ROSSELLINI, frère du réalisateur. Qui parle de népotisme ? On est bien loin de « Vulcano » (1950) de William Dieterle avec Anna Magnani, ancienne maitresse de Rossellini et avec qui, elle avait tourné « Rome, ville ouverte » (1945) et « L’amore, due storie d’amore » (1948).