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Break-up, erotisme et ballons rouges
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Max Rss
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4,0
Publiée le 26 février 2025
Lorsqu'un sketch de "Aujourd'hui, demain et après-demain" devient un film à part entière. Ça ne pouvait qu'être l'idée de Marco Ferreri. Faut dire que ça le démangeait depuis un moment. Bon, on part du postulat complètement absurde d'un industriel dont l'intérêt pour les ballons vire à l'obsession et l'on étale ça sur 85 minutes. Je vous laisse imaginer le bébé. Venant de Ferreri, on peut s'attendre à tout. Ça passe ou ça casse, comme on dit. Et là, ça passe bien, très bien même. Avec une seule idée, Ferreri (restant fidèle à son thème de prédilection) brode un truc complètement frappé. Parfois même à la limite de la psychiatrie. Parce que le passage de la boite de nuit, (filmé en couleurs, là où tout le reste est en noir et blanc) faut quasiment se pincer pour s'assurer que l'on n'est pas en pleine hallucination. Mastroianni excelle. Marche à fond dans le délire, s'amuse beaucoup, tout en étant ultra premier degré. Film rare, ça peut se comprendre, mais en ce qui me concerne, je le regrette.
Bien avant Christophe Lambert s'entichant d'un curieux porte-clés ("I love you"), Marcello Mastroianni se découvre un singulier intérêt pour les ballons gonflables. Obsession fétichiste et monomaniaque qui le pousse à exiger de connaitre, tout au long du film, quel volume d'air il faut insuffler à un ballon avant qu'il éclate! Cette métaphore philosophique, déroutante et délirante, comme on l'imagine facilement de la part de Ferreri, semble signifier la quête désespérée de spiritualité dans une société où la société de consommation se substitue aux valeurs traditionnelles. Le désarroi de Mario face à une société mécanisée, son incompréhension, confronté à la libéralisation des moeurs -deux non-réponses au sens de la vie qu'il entreprend de trouver- le conduisent inéluctablement spoiler: à la folie, au suicide. Epilogue pessimiste d'un film porté par la l'impertinence et la bizarrerie, la fantaisie exubérante et une dialectique très particulière, lesquelles ne caractérisent pas tant la profondeur et l'unité de la pensée de Ferreri que la confusion et les digressions de sa mise en scène.
Comme son titre l’indique, dans Break-up, érotisme et ballons rouges, il est question de ruptures, d’érotisme (un peu) mais surtout de ballons (pas seulement rouges) que Marcello Mastroianni a tout loisir, au détriment de ses relations avec son entourage, de gonfler jusqu’à ce qu’ils éclatent… ou pas. Cette occupation va devenir obsessionnelle chez notre héros et source de questionnements existentiels. Filmé en noir et blanc, ces ballons gris sont complétés par une longue séquence en couleurs (absente de certaines versions du film), sorte de bulle pop colorée coincée entre de multiples ballons gris. La scène finale, comme l’ensemble du film, est ambigüe et laisse cours à de nombreuses interprétations. Ce film rare de Marco Ferreri est étrange, abstrait et difficilement identifiable à un autre film. Il marque aussi la première collaboration du réalisateur italien avec Marcello Mastroianni.
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4,0
Publiée le 26 février 2014
L'une des oeuvres les plus abouties de Marco Ferreri qui fut jadis prèsentèe par Patrick Brion au cinèma de minuit! Ferreri restera un metteur en scène un peu à part dans le cinèma italien, tant par sa personnalitè hors du commun que sa façon de travailler! Son univers n'est pas à proprement parler celui de la comèdie, dans la mesure où l'on dèfinit ce genre par le rire: il faudrait plutôt parler de comèdie dramatique, de comèdie grinçante, et souvent d'humour noir! Ce traitement de l'obsession, on la retrouve dans ce très beau et splendide "Break-up" sur l'entichement d'un industriel privè d'origine assez modeste pour les ballons d'enfant à gonfler! il s'agit en fait de la version intègrale, sortie à l'èpoque et seulement en France, de l'èpisode inclu dans "Oggi, Domani, Dopodomani" de Eduardo De Filippo, Luciano Salce et bien sûr Ferreri dont la durèe n'atteignait pas la demi-heure! Une grande partie de la comèdie italienne, repose sur cette obsession poussèe jusqu'au fantastique, lequel fait à son tour osciller la comèdie vers le drame! Et derrière Luis Bunuel mais pas forcèment sur le même registre, de grands auteurs espagnols comme Luis Berlanga et Carlos Saura qui ont en commun avec Ferreri de bosser, dans le même registre d'humour noir, de satire grinçante et de fantasmes sexuels, en compagnie du romancier-scènariste espagnol Rafael Azcona qui signe avec Ferreri le scènario de "Break-up". De "Peppermint frappè" à "Anna et les loups" pour Saura, de "L'ape regina" à "Break-up" pour Ferreri, à l'obsession du mariè de "Vivan los novios" et de l'amant de la poupèe "Grandeur nature" de Berlanga, l'on pourrait presque ètablir un portrait type du mâle refoulè, frustrè, aliènè jusqu'à sortir des normes de la rèalitè! Marcello Mastroianni trouvait là un de ses plus beaux rôles, l'un de ses plus mèconnus aussi! Quant à Catherine Spaak, elle rayonne de toute sa beautè, de toute sa jeunesse, de tout son talent, et qui, de plus, possède les plus belles jambes du cinèma des annèes 1960-65 (avis personnel). Un grand film italien...