Jeune homme sans le sou, ingénieur au chômage, le beau gosse Jean-Pierre Aumont est pour l'heure maitre-baigneur, comme on disait à l'époque, sur les bords d'un lac autrichien. Forcément, il ne laisse pas les jeunes dames insensibles. Pas un séducteur cet Eric, plutôt une figure romantique qui aura à faire un choix.
Un peu comme chez Proust, il y a deux côtés (du lac) : du côté de chez Danny, jeune bourgeoise avec qui il commence une histoire d'amour ; du côté de chez Puck, une gamine qui devient une camarade, une femme-enfant, de moins en moins enfant, comme on n'en croise souvent chez Colette. Car c'est Colette qui écrit les dialogues de cette adaptation d'un roman féminin qu'on imagine volontiers à l'eau de rose. Et parmi les femmes qui gravitent autour d'Eric, on peut aussi ajouter cet autre genre de femmes qu'est la belle blonde Anika, aventurière sensuelle que Marc Allégret n'hésite pas à déshabiller.
Ainsi, le film semble vouloir confronter son jeune héros à une éventail de séductions féminines tandis que le lac, l'eau du lac, pourrait avoir une portée symbolique ou métaphorique (sensualité ? désir ?).
La germanisation de l'histoire lui donne une petite touche d'exotisme et d'étrangeté que renforcent les tentatives poétiques de la réalisation du côté de chez Puck (Simone Simon), le seul personnage qui témoigne, à travers sa fraicheur et sa spontanéité de jeune fille, d'une vraie personnalité. Car, le problème du film, c'est la faiblesse des autres protagonistes, y compris le rôle central de Jean-Pierre Aumont, qui sont des personnages assez ternes dans un scénario imprécis ou maladroitement elliptique. De telle façon qu'on a un peu de mal à s'intéresser et à s'émouvoir d'une intrigue qui ne dépasse guère la broutille sentimentale.