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4,0
Publiée le 6 avril 2026
Avec Le Grand Chantage, Alexander Mackendrick livre une plongée nocturne d’une noirceur saisissante dans les coulisses du pouvoir médiatique. La mise en scène, acérée et élégante, épouse le rythme toxique des dialogues ciselés, véritables armes de domination. Burt Lancaster et Tony Curtis composent un duo vénéneux, incarnation d’un monde où l’influence se monnaie au prix de toute morale. Le film dissèque avec une lucidité féroce les mécanismes de manipulation et la corruption des ambitions. Un classique acerbe et brillamment écrit, dont la modernité continue de frapper par sa cruauté.
Le monde de l’hypocrisie et de la bassesse au service de la calomnie vulgaire et gratuite. Un film sur les on-dit ou sur la basse vengeance lâche des gens qui ont un petit pouvoir. La dernière partie est vraiment meilleure car les hommes se dévoilent dans leur vraie nature écoeurante et pathétique. Un film noir excellent.
L'agent de presse Falco se met au service du puissant éditorialiste Hunsecker pour empêcher la jeune soeur de ce dernier de fréquenter un musicien dont Hunsecker ne veut pas. De cette intrigue dérisoire en apparence, Alexander Macendrick se sert pour dénoncer un certain milieu du journalisme et tout un système aussi vils qu'indignes. Les personnages de Tony Curtis et de Burt Lancaster en sont deux facettes, et les comédiens (surtout le premier, pas forcément abonné aux grands rôles) trouvent ici deux figures fortes, rivalisant dans l'ignominie et antagonistes complices dans le cynisme qu'ils partagent. Falco est un sans-grade ambitieux, Hunsecker est ce potentat de la presse écrite et de la télé. ous deux sont des nuisibles craints ou méprisés. Cette histoire de manipulations et de trafics d'influence est remarquablement mise en scène par un cinéaste qui s'attache à une réalisation sobre et rigoureuse sans la tentation de vulgariser le scénario ou de le rendre plus complaisant et accessible. On peut mesurer cette intégrité à la qualité des dialogues, parfois complexes, souvent brillants par leurs non-dits ou leurs sous-entendus, donnant le sentiment d'une écriture théâtrale.
Si Tony Curtis m'a paru à l'aise en attaché de presse ambitieux et dénué de scrupules, Burt Lancaster n'incarnait qu'imparfaitement un éditorialiste rigide et dominateur. Selon les scènes, il en faisait trop ou pas assez. Quant aux actrices, Susan Harrison et Barbara Nichols campaient avec talent leurs rôles respectifs. Le scénario n'est pas franchement original mais tient en haleine jusqu'au bout.
La pourriture de la presse à scandale et l'horreur de la chasse aux sorcières. Lancaster et Curtis dans de mauvais rôles, dialogues ampoulés et New York la nuit en 1957.
Un film noir qui dépeint le monde impitoyable des médias New-yorkais avec ses hommes de pouvoir perfides prêts à toutes les manipulations pour parvenir à leur fin, soutenu par une mise en scène en noir blanc très stylée et porté par la performance grandiose de Burt Lancaster, bien secondé par Tony Curtis.
Les deux vedettes s’opposent avec tous leurs vices dans ce film noir, annoncé superbe, et quelque peu décevant à mon goût. Trop alambiqué, surjoué et pas naturel malgré la présence des deux stars, le film n’a pour moi que le mérite de magnifiques scènes nocturnes en noir et blanc.
CHIENS DE GARDE. Mais qu'est ce qui me prend de démonter ce film adulé par les critiques et ses quelques supporters? La presse m'oppresse. Ces mots qui influencent, cette parole marchandée, j'ai lu une ligne sur deux. Ils étaient plus sex les deux compères en slip à faire du trapèze.
Face à face de monstres sacrées entre T.Curtis et B.Lancaster, le premier est le roi des fourbes, le second est génial d’antipathie. Thriller assez classique et assez bavard mais avec un classicisme et une nostalgie qui fait plaisir, une performance d’acteurs de haute voltige pour un classique du cinéma à voir ou revoir.
Dans un noir et blanc superbe, New-york dévoile toutes les âmes sombres qui hantent ses nuits sur fond de jazz. Pas de rédemption au programme des différents protagonistes, qu'ils soient flics ou éditorialistes, tout n'est que cynisme, manipulation, quête de pouvoir… la peinture est sombre et Lancaster et Curtis, parfaits, n'essaient jamais de trouver des excuses à leurs personnages. Quelques reproches cependant, qui justifient que ma note soit à 3,5 : le début du film ne donne aucun fil conducteur consistant auquel se rattacher, on est lâché direct dans la faune nocturne, sans trop savoir où cela nous mène et il faut du temps pour comprendre l'enjeu. Et le problème, c'est justement cet enjeu un peu fade : alors que tout parait manigances et sac de vipères, qu'on entrevoit/espère même un potentiel imbroglio politique, tout n'est qu'une histoire de coeur et d'une relation un peu malsaine (platoniquement incestueuse) entre un frère (Lancaster, éditorialiste au pouvoir considérable) qui veut garder sous sa coupe sa soeur et, à cette fin, casser la relation avec un "simple" musicien de jazz. En fait, les personnages ont tellement peu de scrupules qu'on attend d'eux des desseins beaucoup plus noirs, face à des enjeux plus importants . Mais on peut voir aussi le film comme une parabole : Et à partir de ce qui peut paraitre anecdotique montrer le pouvoir de nuisance des "puissants" sur les "petits". Quoi qu'il en soit, un film à voir.
Une virulente plongée dans les arcanes de la corruption et de l'ambition journalistico-politique à travers les manipulations d'opinion agencées par un duo de protagonistes absolument amoraux, guidés l'un par un pervers amour incestueux, l'autre par son avidité de reconnaissance et d'élévation sociale, tous deux interprétés avec brio et portés par une mise en scène symbolique parfaitement maîtrisée. Demeure une absence dommageable de réelle implication émotionnelle.
Y'a des films qui mettent des lustres à démarrer, ici c'est le contraire, le film démarre sur les chapeaux de roues sans que l'on ne comprenne de quoi il s'agit. L'intrigue est menée au pas de course mais ne suscite pas grand intérêt d'autant qu'elle est plombée par une logorrhée verbale souvent théâtrale (ah ces gens qui sortent toujours la bonne réplique ou la bonne vanne juste au moment où il faut) et sombre parfois dans une certaine confusion. Coté Interprétation, rien à dire Curtis et Lancaster sont bons, la photo en noir et blanc également, mais ça reste globalement décevant.
J.J. Hunsecker est l'un des éditorialistes les plus influents de New York, qui fait la pluie et le beau temps sur Broadway comme bon lui semble. Fermement opposé au mariage de sa sœur avec un guitariste de jazz, il demande à Sidney Falco, attaché de presse ambitieux et prêt à oser n'importe quoi pour se tailler la part du lion, de tout faire pour compromettre cette union quitte à avoir recours aux coups les plus bas...
Cette critique acerbe du milieu du show-biz, où dominent les petites manœuvres égoïstes de chacun, prend vite une dimension shakespearienne à travers l’affrontement plein de bruit et de fureur de ses deux protagonistes, magnifiquement incarnés par un Tony Curtis louvoyant jusqu’à la contorsion et un Burt Lancaster carnassier jusqu’à la sauvagerie. Le film se fait alors fable et les rapports de domination apparaissent comme le principal moteur des rapports humains. La schizophrénie tendant à être l’horizon de chacun des deux belligérants. Remarquablement écrit, impeccablement mis en scène (cette façon de traquer les personnages jusqu’à l’épuisement) et servit par un jazz entêtant qui illustre parfaitement toutes les circonvolutions de la nature humaine, ici mise à nue dans sa vanité profonde.
Parmi les grands classiques du film noir, Sweet Smell of Success est le premier à approcher avec une telle virulence les coulisses du monde de la presse people et du show-bizness new-yorkais. A travers les personnages de JJ Hunsecker et Sidney Falco, respectivement incarnés par Burt Lancaster et Jack Lemon tous deux excellents dans ces rôles à contre-emploi, incarnent l’hypocrisie et la soif de pouvoir qui pèsent sur ce petit univers mondain. Les manipulations machiavéliques dont ils usent pour briser la relation qu’entretient la jeune sœur du premier, avec qui il entretient une relation de domination malsaine, et un musicien sont un reflet des jeux d’influence qui règnent sur cette communauté façonnée par sa superficialité, et ce malgré la magnifique musique jazz très légère qui donne sa vie à ce long métrage qui malheureusement fut un échec commercial retentissant à sa sortie en 1957.