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il_Ricordo
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4,0
Publiée le 23 novembre 2011
La Mort en ce jardin porte la marque de fabrique d'un John Huston, plus que d'un Luis Buñuel. C'est en effet un film d'aventures dans la jungle amazonienne, dans un contexte de fièvre de l'or, avec une troupe d'individus attirés par l'appât du gain et plus ou moins honnêtes. Pourtant, l'on retrouve les personnages chers à ce cher Buñuel : une jeune vierge perdue dans un monde d'hommes, un prêtre idéaliste, une crapule victime de son environnement misérable etc. Le film s'articule en deux parties. Dans la première, les protagonistes affrontent un pouvoir tyrannique et puis cherche à fuire une rébellion tout aussi dangereuse. Dans la seconde, perdus dans la jungle, ils cherchent un moyen de survivre ensemble et de trouver une issue à leur périple. Le film, bien que faiblard au niveau de l'intrigue, abonde de détails surréalistes buñuelesques : la photo des Champs-Elysées, un avion écrasé, des bijoux et une robe de soirée dans la jungle, des fourmis dévorant un boa etc. La Mort en ce jardin est donc un Buñuel inhabituel, mais servi par des acteurs mythiques, Simogne Signoret et Charles Vanel en couple disparate, et Michel Piccoli en prêtre timide et velléitaire.
Sans doute pas l'un des films les plus connus de Buñuel, et pourtant, c'est là une œuvre de valeur! La première partie, qui campe les personnages est certes un poil trop longue, et aussi un peu mièvre car leurs relations sont retranscrites d'un point de vue peut-être un peu démodé. Mais la seconde partie, dans la forêt amazonienne, est à la fois mystérieuse et intrigante, et délivre un message sur la nature même de l'humain, c'est à dire confronté à lui-même et à la nature vierge, assez intéressant: seuls les plus forts et les plus purs survivront. Et le traitement est rigoureux. Mention bien.
Histoire sans trop de rebondissements, mais acteurs jouent bien (mention spéciale à Piccoli et Marchal) et la morale de l'histoire est intéressante. Un film sans plus mais sérieux.
Un film intéressant même si la première partie n'est pas une réussite, la partie aventure dramatique dans ce "jardin" avec tout l'antagonisme des personnages est par contre excellente et quel casting.
«La Mort en ce jardin» (France-Mexique, 1956) serait peut-être le trait dunion réunissant la filmographie mexicaine de Bunuel à sa filmographie française. Mexicain par une partie de sa distribution et par lambiance du film et français de par une majorité des personnages principaux (Michel Piccoli, Simone Signoret, Charles Vanel, rien que ça) et la langue officielle du film. Melting-pot donc de deux cultures. Mais ceci ne suffit pas au film à susciter de lintérêt. En effet, lhistoire dune petite révolution (révolution que réitérera (trop) calmement Bunuel dans «Los Ambiciosos» (Mexique, 1959) ), cette histoire donc narrive pas à emballer plus quelle ne le veut. Pas lombre dune tension, lhistoire en elle-même ne mène pas vraiment vers une contrée époustouflante. Le spectateur na dautres choix que de se contenter des jeux dacteurs. Entre Georges Marchal, Michel Piccoli, Charles Vanel, Simone Signoret et Luis Aceves Castaneda -quon prend plaisir à retrouver dans les films de Bunuel-, Bunuel nous donne de quoi nous divertir. Cependant, le principal défaut du film est de ne devenir intéressant, de nentrer véritablement dans le vif de son sujet (la perdition dans la jungle) que dans les vingt dernières minutes. Un problème conséquent de scénario. Le film vaut quand même la vision pour la partie dans la jungle qui devient bunuelienne à souhait. Vous laurez deviné, lexotisme et lautarcie quengendre ce genre de milieu naturel est un espace idéal pour toutes les folies de Luis Bunuel. Le merveilleux et adorable Charles Vanel devient un tueur divin, Michel Piccoli, prêtre prêcheur, perd de son self control dans une scène mémorable sous la pluie où il conte son obsession pour les ufs, etc... En conclusion, «La Mort en ce jardin» (France-Mexique, 1956) conserve la modestie excentrique de Luis Bunuel mais, souffrant dun scénario banquable, le tout titube et semble se trouver, comme je le disais au début, nêtre quun entre-deux.