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Un visiteur
4,0
Publiée le 8 février 2014
Premier dessin-animé a avoir été imprimé sur pellicule de cinéma, "Fantasmagorie" est né de l'imagination et du travail du français Emile Cohl, qui signe ici une œuvre simpliste au possible mais très plaisante. Le document que constitue "Fantasmagorie" est d'un grand intérêt, puisque son créateur, de par cette œuvre, est considéré comme l'inventeur du dessin-animé (à tort ou à raison puisque on a souvent opposé les pantomimes lumineuses d'Emile Reynaud aux animation de Cohl). Quoi qu'il en soit, malgré le caractère un peu daté de ce court, il est toujours aussi plaisant de voir s'exécuter sous nos yeux ces formes crayonnées sur tableau noir.
Un dessin animé qui a marqué le cinéma : premier dessin animé, ce court métrage d'animation est à la fois drole, et bien fait pour l'époque, à la main.
Il n’y a qu’un trait sur le tableau noir. Un horizon délimité qui trône seul en haut de l’écran. «Fantasmagorie» (France, 1908) d’Emile Cohl s’ouvre sur cette solitude. Bienheureusement, elle ne dure guère longtemps et laisse place au feu d’artifice silencieux d’une succession de métamorphoses graphiques. Dans ce modeste court-métrage, qui vaut d’une première part pour être un des premiers films d’animation (dans l’héritage d’Emile Reynaud), luttent le cadre et la liberté dans une dialectique délirée et menée tambour battant. La ligne esseulée, dans le mouvement de sa mise en forme, devient un cadre qu’un petit bonhomme, dessiné en dessous, expulse. Au fil de «Fantasmagorie», l’affront que se livre le cadre et le farfelu enroule les images dans un rythme effréné, parcouru par les fééries de l’image qui jouent avec les valeurs de plan, s’amusent à la métempsycose, se plaient aux éclatements des corps et aux replies des limites. Peut importe au final qu’il s’agisse ou non du premier film d’animation (ce titre fait débat), il s’agit à bien des égards, d’un des premiers films surréalistes, nourri par le désir d’abolition des limites. L’animation n’est pas un style comme un autre pour Cohl mais certainement le meilleur moyen de rendre possible ce combat entre le cadre et l’infini. Frénésie des lignes donnant vie aux dessins, «Fantasmagorie» formule un rêve, un fantasme que le cinéma ne cessera de nourrir, dans les meilleurs cas (Kubrick et tout le cinéma de l’intellect qui se lance à la quête d’un possible illimité) ou dans les pires («Perfume : The Story of a Murderer» de Tom Tykwer qui veut faire du cinéma, art audiovisuel, une traduction de l’odorat). En un délire visuel et graphique, où apparaissent en début et en fin les mains de l’auteur, Cohl énonce un des souhaits que le cinéma, en tout temps ne doit cesser de conserver : faire du 7ème art, une technique d’affranchissement des imaginaires et des sociétés.
Dans l'ensemble , Fantasmagorie de Emile Cohl reste plutôt pas mal réussi , on voit une envie déjà présente de créer , d'imaginer , de mettre en mouvement et de donner vie à des dessins ( il est d'ailleurs considéré comme la toute première création animée du cinéma ) . Ce que l'on peut toutefois regretter , c'est le fait que justement , cette imagination ne laisse pas assez de place à la poésie , ce qu'il l'aurait rendu sans aucun doute plus beau , plus fort , plus profond .
Considéré comme le premier film d'animation cinématographique, ceux d'Emile Reynaud au début des années 1890 ne l'étant pas (le cinéma n'existait pas encore), "Fantasmagorie" est à voir pour cette raison précise (on est dans le pur document historique) et aussi parce les dessins sont objectivement intéressants et l'animation fluide. Vu la durée, aucune excuse n'est valable pour ne pas regarder une fois dans sa vie un ou des films d'Emile Cohl...
Plus de cent ans après sa sortie, "Fantasmagorie" procure un sentiment halluciné devant cette touche de génie, qui, malgré les faibles évolutions dans l'univers du cinéma de l'époque, rend ce court-métrage fabuleux de simplicité et d'amusement. Les images ne sont pas drôles en soit, mais témoignent de la fabuleuse virtuosité d'Emile Cohl au tout début de ce XXe siècle. Et d'une beauté enfantine de surcroit, comme pour parachever cette œuvre pseudo-minimaliste mais qui semble avoir tout inventé...
A défaut d'ordinateur, on se débrouillait autrement pour faire de l'animation ! Et quel dessin animé sympathique, l'histoire est rigolote, plaisante, et on sent que Cohl a compris qu'on pouvait tout montrer en dessin, ce qui n'était pas possible en "live". On sent même qu'on pouvait faire mieux, mais il faut bien un début à tout, merci Monsieur Emile Cohl !
Fantasmagorie, réalisé en 1908 par Émile Cohl, est souvent considéré comme l’un des premiers véritables dessins animés de l’histoire du cinéma. Le film ne raconte pas vraiment une histoire classique, mais enchaîne une série de métamorphoses graphiques où les formes, les personnages et les objets se transforment sans cesse.
Le court métrage est particulièrement important dans l’évolution de l’animation. Contrairement aux films qui animaient surtout des objets ou mélangeaient dessin et prise de vue réelle, Cohl construit ici un univers presque entièrement dessiné image par image. L’effet de craie blanche sur fond noir est lui-même fabriqué par inversion de l’image, à partir de dessins réalisés à l’encre noire sur papier blanc.
Le film prolonge les expérimentations de J. Stuart Blackton, mais pousse plus loin la logique de transformation continue. Les images ne cherchent pas à imiter le réel : elles inventent un monde instable, absurde et libre, où tout peut devenir autre chose. On sent aussi l’héritage de la caricature et du dessin humoristique, Cohl venant lui-même de ce milieu avant le cinéma.
J’ai trouvé le film intéressant à voir pour toutes les “premières fois” auxquelles il est associé. C’est un peu étrange à suivre, mais c’était justement le but de l’auteur : créer un délire graphique mouvant, plus proche de l’improvisation visuelle que du récit traditionnel.
Un court métrage minuscule mais fondamental, qui marque une étape décisive vers le dessin animé comme espace autonome, libre et entièrement fabriqué par l’imagination.