Une mère de famille voit son train-train quotidien bouleversé le jour où elle rétrécit inexorablement au point de devenir une bête de foire.
Joel Schumacher, capable du pire (Batman & Robin - 1997) comme du meilleur (8MM - 1999), s’est attelé au remake du cultissime film de Jack Arnold (L'Homme qui rétrécit - 1957). Il s’agit ici de son tout premier long-métrage de cinéma, remplaçant au débotté un certain John Landis qui, quelques jours seulement après le début du tournage, claque la porte pour différents artistiques et ira réaliser l’indémodable Les Blues Brothers (1980).
La Femme qui rétrécit (1981) n’a plus grand chose a voir, ni de près, ni de loin avec le film d’origine, la scénariste Jane Wagner a écrit un rôle sur-mesure pour sa compagne (l’actrice Lily Tomlin), tout en prenant soin d’expurger tout ce qui faisait la force et la richesse du film d’origine spoiler: (oubliez le sous-texte de la Guerre Froide et la peur de la bombe atomique, faite place à… la société de consommation et le consumérisme).
Si bien que l’on se retrouve devant une comédie familiale quelconque et surtout, tout ce qu’il y a de plus insupportable (les acteurs passent leur temps à gueuler et à gesticuler pour un rien). C’est à se demander s’ils n’avaient pas pour seule et unique consigne d’être dans le surjeu total, sans jamais se remettre en question. Charles Grodin fait le stricte minimum face à Lily Tomlin envahissante, qui lui vole littéralement la vedette (et c’est bien normal, puisqu’elle incarne le rôle-titre, sauf qu’en plus de cela et pour une raison qui m’échappe totalement, elle incarne aussi 3 autres personnages !).
La Femme qui rétrécit (1981) devient rapidement indigeste par son absence de direction artistique, aveuglante par sa photo abjecte et un scénario qui part dans tous les sens spoiler: (pêle-mêle, il est question d’une femme qui rétrécie, d’un gorille (ou plutôt d’un acteur grimé en gorille) et d’une organisation secrète qui veut réduire le monde à la taille de lilliputiens) . Le faible budget (suite au départ de Landis, Universal l’a divisé par 3) est criant, ça transpire dans tous les plans du film et donne droit à des séquences particulièrement gênantes spoiler: (la scène où Pat se retrouve entouré de jouets, dont un lapin qui joue du tambour) . Alors que le film se devait d’être drôle (soit tout le contraire de l’oeuvre d’origine), c’est clairement un foirage du début à la fin et le pire début de carrière que pouvait s’offrir Schumacher.