Une Aussi longue absence
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2026
Absolument bouleversante Alida Valli campe avec une pudique intensité cette femme qui pense reconnaitre son mari dans le vagabond singulier (excellent George Wilson) chantonnant de l'opéra. Or, au-delà de l'intelligence émotionnelle de l'héroïne dont les tentatives de réminiscence offrent de délicates scènes, souriantes ou touchantes, c'est la réactivation du sentiment qui illumine l'écran, la présence de cet homme rallumant souvenirs et émois et faisant s'interroger: est-il plus important qu'elle ait raison ou qu'elle le croie... Renforçant la justesse du propos (portée par la force du sous-texte jusqu'à la réplique finale), la remarquable mise en scène ancre avec quelques plans pertinents l'intrigue dans son contexte socio-historique en jouant des miroirs, des ombres (au café!), des lumières pour manifester le rapprochement de l'épouse ou adopter son point de vue, nous faisant voir le marginal avec ses yeux émus. Une des plus belles démonstrations cinématographiques de la puissance d'Eros.
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 373 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 janvier 2026
SOUVIENS TOI DE NOUS. Un souvenir d'amour sur quelques notes de musique. Ce poison qu'on appelle l'oubli qui vous brise de l'intérieur. Chaque gestes, chaque mots s'achèvent dans le monde des vivants. Des regards qu'on défend, la cicatrice se réouvre. Ulysse aurait aimé.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 janvier 2026
Scénarisê par Marguerite Duras et récompensé par une Palme d’or, un drame pudique et émouvant qui aborde les traumatismes causées par la 2nde Guerre mondiale à travers une histoire d’amour brisée par la déportation et l’amnésie.
Aimé Quintin
Aimé Quintin

36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 décembre 2025
Ce soir rien de bon à la tv.. Sauf une chaine qui diffusce ce Film noir et blanc. Film inconnu du grand public. Dommage! Car un scénario peu commun. Très bien interprèté par deux personnages.
Pour les vrais amoureux du cinéma.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2025
Une aussi longue absence est un film que l’on croit mince, mais qui pourtant charrient un siècle, ses absents, ses crimes, et ses oublis.

C'est un film qui parle d'un bistrot, d'une femme et d'un clochard. Un film de pluie fine, de reflets et de seuils. Le seuil d’un café que l’on pousse chaque jour. Le seuil d’un regard qui ne reconnaît pas. Le seuil d’un monde d’après où plus rien ne s’accorde. La guerre est terminée, mais tout commence ici : ce qui reste, c’est cette femme (Alida Valli) qui croit reconnaître dans un SDF amnésique l’homme qu’elle aimait, disparu pendant la déportation. Tout est là. Une croyance, une supposition, un amour. Et le film ne racontera rien d’autre.

Le cadre de Colpi est stable, les mouvements rares, le montage feutré. Rien ne vient souligner le drame. Et c’est justement cette pudeur qui devient bouleversante.

On pourrait dire que l’amnésie, ici, est le nom donné à l’état du monde. Le clochard sans mémoire n’est pas seulement un homme abîmé, il serait la métaphore d’une société qui ne sait plus comment porter ses morts. Il incarne ce reste que la France des années 60 (déjà tournée vers la modernité et ses vitrines) préfère ignorer : les disparus, les revenants, les éclopés de l’histoire. Il traverse les plans comme une béance mobile. Il ne sait plus qui il est, mais son corps, lui, sait qu’il fut.

Ce n’est pas un film qui avance, c’est un film qui résiste au mouvement. Il s’attarde, il bute, il hésite. Comme si toute affirmation risquait d’écraser la vérité fragile qu’il cherche à toucher. Et cette vérité, peut-être, est celle-ci : le passé n’est pas un lieu où l’on peut retourner, ou que l'on peut retrouver.

Le bistrot de Thérèse devient alors un théâtre. Une scène minuscule où se rejoue l’Histoire à l’échelle d'homme. Elle y attend, refusant que l’oubli gagne. Elle parle, elle insiste, elle raconte. Elle tente de ranimer une mémoire qui se dérobe. Et c’est là que le film touche à une forme de sublime inversé : il ne montre pas la réminiscence triomphante, mais son échec.

Car Une aussi longue absence n’est pas une affaire privée. C’est un film profondément collectif. Il parle de ces blessures que l’on a mal recouvertes, de ces noms qui ne figurent sur aucun monument. Il dit ce que c’est que d’être resté, de n’avoir pas péri mais de vivre avec l’absence de l’autre. C’est un film pour les vivants endeuillés.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 février 2023
Palme d'or a Cannes pour ce film assez meconnu. Une femme croit reconnaître son mari disparu pendant la guerre chez un clochard amnesique. Envers et contre l'avis de tous elle se persuade que c'est lui jusqu'à la folie. L'histoire est top et sert le film. Malheureusement la mise en scène est bien trop plate et le jeu des acteurs bien trop terne pour finalement rendre le film captivant. Dommage
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 février 2023
Un film soigné, palme d’Or à Cannes 61. Les dialogues sont de Marguerite Duras, la BO riche et variée (opéras, jazz et chanson Trois petites notes de musique), la photo de qualité avec pour décor Puteaux et les anciennes usines Renault de l’île Seguin (dont je comprends mal qu’elles voisinent), et les plans travaillés : techniquement rien à redire. C’est l’été (on y croit pas trop), le cadre est bien posé près d’une église délabrée, et une veuve interprétée par Alida Valli « la fiancée de l’Italie » (que humblement je ne connaissais pas) croit retrouver son mari disparu à la guerre en la personne d’un clochard amnésique total puisqu’il semble même avoir oublié ce qu’on peut faire avec une femme. Un bon film, strict, plutôt pessimiste avec des scènes fortes (la danse, la scène finale). A connaître.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 novembre 2022
Chef d'oeuvre d'émotion et de simplicité. Un grand film trop oublié en un noir et blanc expressif, avec des acteurs parfaits, dont l'extraordinaire Wilson..
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 juillet 2021
On ne peut être insensible à ce retour de l'époux que l'on croyait perdu à jamais, d'autant plus qu'Alida Valli et Georges Wilson sont remarquables. Toutefois, force est de constater que la mise en scène extrêmement classique de Colpi ne permet pas au film de traverser les décennies avec vigueur. Les dialogues de Duras avaient besoin d'une imagination visuelle plus débridée, qui existe, par exemple, dans "Hiroshima mon amour". La plus belle scène, l'une des dernières, voit le doux amnésique interpelé bruyamment par son ancienne compagne et ses amis et qui, reconnaissant peut-être son nom, lève les bras au ciel, comme jadis devant l'armée allemande.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 décembre 2020
En 1961, le jury du Festival de Cannes présidé par Jean Giono décerna une double palme d’or. L’une revint à Luis Buñuel pour Viridiana alors que l’autre fut remise à Henri Colpi pour la réalisation de Une aussi longue absence déjà récipiendaire l’année précédente du convoité prix Louis Delluc. Si le film de Buñuel est resté dans la mémoire de nombreux cinéphiles, pareil constat ne peut être appliqué à celui de Colpi et, de façon plus large, à l’ensemble de la filmographie de son auteur. L’égalité issue de la 14ème édition du Festival de Cannes fut donc celle d’un instant. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/12/02/une-aussi-longue-absence/
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 juin 2020
Palme d'or et Prix Louis Deluc pour ce parfait exemple de cinéma navrant , type "qualité française" qui pense que la gravité du sujet le dispense d'idées de mise en scène et de cinéma.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 février 2019
Les séquelles d’une guerre peuvent avoir la vie longue. Après avoir réussi à apprivoiser son deuil en se dédiant à son petit café du village, le cœur de Thérèse Langlois se remet à battre pour son mari qu’elle croit reconnaître à travers les traits d’un itinérant amnésique qui passe quotidiennement devant son commerce. En tentant de ranimer la mémoire de cet homme, elle espère renouer avec l’amour. La trame d’Une aussi longue absence possède un courant de fond puissant. Est-ce que l’émotion qu’elle suscite aurait pu émerger de manière plus saisissante? Peut-être. Mais le mystère existentiel qui traverse l’œuvre signée par Marguerite Duras et Henri Colpi fait en sorte de maintenir son pouvoir d’attraction. À cet égard, le film n’est pas sans rappeler Le cri de Michelangelo Antonioni sorti en 1957 qui racontait l’histoire d’un homme qui ne pouvait accepter que sa femme le quitte. D’autant plus que le rôle de celle-ci était interprété par la même Alida Valli. Une actrice qui a une présence tragique naturelle à l’écran. Certains mentionnent que le film, malgré sa Palme d’or, n’a pas autant marqué son époque que ceux qui s’inscrivaient dans la Nouvelle vague. Mais une fois sorti de leur contexte, les œuvres qui ont des assises scénaristiques plus solides se donnent la chance de mieux vieillir contrairement à d’autres qui ont misé sur la forme. Il reste à mes oreilles la chanson Trois petites notes de musique écrite par Colpi lui-même sous la musique de Georges Delerue et la voix de Cora Vaucaire. Un bijou qui vous revient en mémoire.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2016
Merveilleux Georges Wilson, qui incarne cette amnésie traumatique, selon laquelle on peut survivre à condition d'oublier qui l'on a été. Son épouse, qui le reconnait supportera mal, de ne plus faire partie de l'histoire de cet homme, qui ne sait plus qui il est, qui elle est, ni non plus quel est son passé. Son présent est quant à lui fluctuant, puisqu'il repose sur une identité artificielle. Un film sombre, qui montre à travers l'oubli, l'horreur qui a lieu en temps de guerre.
momo M.
momo M.

50 abonnés 284 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 février 2016
profitez de la reprise de ce très beau film. Décor et ambiance banlieue parisienne années 60, Puteaux avant La Défense. Film beau et triste, qui traite de l'absence, de la mémoire et surtout de l'obstination d'une femme amoureuse. Et puis surtout la magnifique chanson "3 petites notes de musiques" chantée par Cora Vaucaire. Pour les nostalgiques !
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 février 2016
Superbe drame de la séparation avec un jeu tout en délicatesse et en retenue. C'est superbe de croire comme elle à l'amour perdu, au bonheur retrouvé et il y a cette "certitude pleine de doute" qui est tout à fait magnifique. Une mise en scène légère et pleine d'espace.
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