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Un visiteur
3,5
Publiée le 16 juillet 2011
Le film suinte l'angoisse avec une atmosphère si particulière qu'on s'attend à tout moment à basculer dans un univers fantastique. un film sans doute discutable sur le plan historique et le coté génial attribué au docteur.
Ça part un peu dans toutes les directions, on se pleure souvent dans les bras, et l'ensemble a du mal à trouver une cohérence. Et pourtant, L'oeuf du Serpent est jonché de scène poignantes, de visions d'horreur, et la dernière partie est inattendue et puissante. Si vous ne connaissez pas Bergman, évitez de commencer par là, sinon, il est plaisant de découvrir ce film curieux, où le suédois règle ses comptes avec son passé, et plus précisément avec ce voyage en Allemagne des années 30 dont il était alors revenu la tête chargé d'idées nationale-socialistes. Intriguant...
Bergman réalise un film fascinant sur l'identité, sa perte, et la peur. A VOIR ABSOLUMENT ! Non seulement parce que c'est un chef d'oeuvre (et ça devrait 'amplement' suffire ...) mais également parce que le serpent peut éclore de sa coquille à tout moment, et que ça ne fait jamais de mal une bonne leçon de conscience !
Chef d'oeuvre. Ingmar Bergman au sommet dans un genre périlleux, différent de ce qu'il avait l'habitude de nous servir la plupart du temps. L'Oeuf du Serpent est un film qui remonte aux origines du Mal : il est bien entendu question de la montée du nazisme dans le Berlin des années 20 et de tout ce qu'elle implique ( eugénisme, mépris des intellectuels, des artistes et des malades mentaux ou encore torture et sadisme ). Mais là où Bergman fait très fort, c'est dans la discrète analogie entre son sujet premier et l'épisode d'Abel et Caïn dans la Genèse biblique : le Mal est alors affaire d'intemporalité et d'universalité. On ne peut oublier le nazisme ( et à mon sens, ce sujet fut exploré maintes et maintes fois au cinéma, mais jamais de la sorte ), mais l'on se doit également d'aller au delà du crime exemplaire qu'il constitue. David Carradine incarne parfaitement l'Allemagne tourmentée de l'époque et Liv Ullmann représente la culpabilité et la résignation avec une intensité à couper au couteau. Le film de Bergman fonctionne par associations d'idées et symboles... Il fonctionne d'ailleurs si bien que sa portée relève à la fois du témoignage et de l'anticipation, de la vision. Et puis il y a cette manière de filmer les personnages comme nul autre ( la science du cadrage et les éclairages de Sven Nykvist sont admirables ) cette mise en scène intimiste capable d'exprimer les émotions les plus tacites. L'Oeuf du Serpent est un film violent, riche et totalement inclassable. Une folie destructrice. Un bienfait. Unique.
Ce film ne plaira pas aux Gros Beaufs en couple ou non / Contrariés / En noir / A particules / avec cabrio ou non / En Mégane ou ... etc. ; et c'est d'ailleurs principalement ce qui fait sa force.
On ne dira jamais assez que Bergman est un des plus grands cinéastes qui soit. Avec "L'oeuf du serpent", qui s'impose comme LA reprise inévitable de cet été, le cinéaste suédois réalise une oeuvre d'une dimension extraordinaire sur la montée du nazisme dans les années 20. Dans un Berlin délabré, en proie à la pauvreté, à l'insalubrité, les personnages, écorchés vifs par l'injustice de leurs destinées, sombrent peu à peu dans la folie, en même temps que le monde, intimement dirigé par Hitler, s'égorge tout seul. La misère qui fait la première partie du film, saisissante de tristesse et de désespoir, communiquant un état d'inquiétude et d'insuffisance difficilement surmontable, constitue la mise en valeur des protagonistes ; ici ressort la poésie des beaux visages, des torpeurs masquées, des tortures de l'âme. Car "L'oeuf du serpent" est un film profondément torturé, macabre et d'un tragique absolument poignant. La force du film, rythmé comme aucun autre par la force des dialogues et le magnétisme des acteurs, est probablement la tension qu'il maintient d'un bout à l'autre. Passée l'horreur chuchotée, vaine, tremblante, le film plonge dans une barbarie sans nom. La poésie troublante laisse place à un style excessif, vulgaire, voire même gore (la terrible scène de l'ascenseur, digne d'un Dario Argento!). C'est un chemin sans retour que Bergman emprunte, avec une aisance et une volonté qui laissent sans voix. Cette deuxième partie est probablement l'excuse à la première. Cette suite est censée conclure les idées inachevées, à tel point que le film semble sectionné de son unité et de sa cohérence par un transfert brutal. Bergman part ailleurs. Cette suite, après avoir fétichisé les éléments et les acteurs (dont la muse, l'exquise, la végétale Liv Ullmann), après avoir réalisé, comme une signature, un début grandiose et fébrile, renvoie en arrière tous les possibles du langage cinématographique de Bergman. Les êtres, déjà blessés, deviennent brisés, manipulés, interchange
Ce film est stupéfiant. Pour le reconstitution du Berlin de 1923, mais aussi et surtout pour sa noirceur et sa lucidité. Décidément, Bergman était un maître.
Un film historique particulièrement sombre et frappant, nous montrant avec réalisme la situation de l'Allemagne à la fin de la République de Weimar. Outre les interprétations toujours excellentes, ce film se démarque des autres réalisations de Bergman de par son intrigue qui se dévoile peu à peu jusqu'au dénouement particulièrement terrifiant ! A ne pas manquer.