Duvivier voit en grand avec ces remparts de Jérusalem et ces scènes de foules, habitants et marchands juifs autour de Jésus qui fait son entrée dans la ville, séquences de nuées humaines incrédules, moqueuses ou haineuses qui, seules, ont peut-être donné au cinéaste, à ma connaissance athée, l'envie de tourner ce film lequel, il faut bien le dire, n'est pas plus intéressant qu'un cours de catéchisme.
Le récit couvre les derniers jours terrestres de Jésus, du dimanche des Rameaux à la Résurrection, et il a pour mérite de me permettre de réviser mes connaissances lacunaires en matière de Nouveau Testament. Le film manque de passion et de lyrisme, ou simplement d'un point de vue, précisément parce que son réalisateur n'est pas habité. A contrario, on n'est pas non plus dans l'exaltation mystique, sauf peut-être sur le Golgotha.
J'ai lu que c'est la première fois qu'on entend Jésus au cinéma. Sa voix est spectrale, le verbe est rare; Robert le Vigan, regard lointain, arbore une physionomie impavide... et christique, ce qui est le moins. La composition est minimaliste et je préfère largement le Vigan en halluciné Tonkin dans "Goupi Mains-rouges"...
Jean Gabin, en toge ou en jupette de romain, fait un Ponce Pilate aux accents parigots, très kitsch et collector; Edwige Feuillère, dans des apparitions brèves, est son épouse inutile et insignifiante, peut-être là pour faire le rôle féminin nécessaire.
On ne dépasse jamais la fade illustration biblique.