Pour leur huitième production, Pixar rappela le réalisateur de leur meilleur film, Les Indestructibles. En effet, Brad Bird était appelé pour retravailler et réaliser un scénario de Jan Pinkava, Ratatouille.
Ratatouille démarre comme un Pixar normal, avec une nouvelle entité qui va nous servir de société pendant tout le film, comme les jouets, les insectes ou les voitures. Ici, ce sont les rats. Sauf qu’on s’aperçoit très vite que notre héros, Rémy, va être séparé de sa famille et se retrouver chez les humains, dans un Paris fantasmé des 60’s. A partir de ce moment-là, le film sympathique qu’on suivait sans déplaisir prend une autre ampleur et devient un film passionnant, drôle, magnifique visuellement et réellement bien écrit. L’histoire pourtant simple d’un rat qui voulait devenir cuisinier et qui se sert d’un humain pour parvenir à ses fins devient une histoire d’amitié étrangement réaliste et bien troussée, avec les passages obligés : se faire confiance, le moment de grâce, se trahir et retomber dans les bras l’un de l’autre.
Seuls certains scénaristes auraient pu écrire une telle amitié. Brad Bird fait partie de cette caste. Son écriture est si réaliste qu’on y croit dur comme fer, même si on sait pertinemment qu’il y aura des perturbations. Certaines trouvailles sont absolument fabuleuses, comme les mèches de cheveux ou quelques personnages, comme celui de Horst. La sous-intrigue de Django & Emile est plutôt réussie et se recoupe de manière plutôt réussie à l’intrigue principale. Quant au casting vocal, c’est une réussite totale avec pourtant pas mal de non-professionnels du métier, travailleurs chez Pixar, comme Lou Romano, pourtant dans un rôle charnière. D’autres plus connus, comme Will Arnett ou James Remar ne se contentent que de tous petits rôles.
Mais la vraie réussite de Ratatouille, en plus de toutes les autres qualités, ce sont les 5 dernières minutes, et plus précisément, la tirade du personnage d’Anton Ego, qui remet en question le métier de critique, tout en restant humble, compréhensible, évitant toute forme d’onanisme intellectuel et surtout respectueux. La scène est d’une beauté telle qu’elle me fit fondre en pleurs devant une telle puissance verbale. Brad Bird est le meilleur réalisateur du moment et un des meilleurs scénaristes aussi. Cette scène, si vous en doutiez, en est la preuve. La fin n’est pas un happy end total, mais une belle fin, poétique, pleine d’espoir et clairement géniale.
Vous l’aurez compris, Ratatouille est un chef d’œuvre cosmique, un film tellement au dessus de sa concurrence qu’il est incroyable qu’il n’ait eu qu’un seul Oscar. A voir absolument, à ne louper sous AUCUN prétexte.