"Bras-cassés, joliment fracassés"... Étonnant, déroutant, incroyablement attendrissant, Garden State a énormément de cœur pour ses personnages, et se termine sur un tendre soupir de bien-être que l'on vous souhaite. Zach Braff signe un très mignon premier film (au titre souvent incompris : il s'agit du surnom du New-Jersey, là où se déroule l'intrigue, ne vous cassez pas la tête là-dessus), à la mise en scène léchée, au duo d'acteurs (Natalie Portman dans un de ses meilleurs rôles, et lui-même) ravageur, qui aborde avec finesse les thèmes de la culpabilité, de la dépression, des troubles mentaux (quels qu'ils soient), et ose regarder le verre à moitié plein. C'est peut-être ce qui a emporté notre avis avec lui, ce positivisme coloré, plein de vie, d'espoir, même dans les pires moments (notre héros accueille comme il peut la nouvelle de la mort de sa mère, dont l'handicap n'est pas sans lien avec lui...), et se rappelle que "moins fois moins, ça fait plus.". Une très belle morale qui unit donc les destins de cette patiente neuro-atypique (c'est une "fracassée de la vie, de la tête, de tout... et on l'adore") et de ce jeune homme qui n'arrive pas à concilier le deuil de sa mère avec la culpabilité de son souvenir (
elle était dépressive de longue date, il a voulu la "bousculer physiquement, pour se faire gronder, et l'occuper cinq minutes" quand il était petit, ce qui s'est traduit par une mauvaise chute sur la porte du lave-linge, puis le fauteuil roulant, encore plus de dépression, et un suicide tragique...
On comprend que le personnage principal n'aille pas bien), uniquement aidé par un psy...qui n'est autre que son père (qui le pense coupable aussi... Vraiment, quelle histoire). L'intrigue est déjà bien écrite, la mise en scène étonne par sa maîtrise, le côté "feel-good" fonctionne diablement bien avec son duo de personnages "fracassés" qui sourient face à leur vie difficile, conjuguent leur amitié pour avancer, et on met au défi quiconque de ne pas fondre dans le final (sinon : vous êtes un caillou, on va vous envoyer consulter le père du héros). Un vrai film coloré, qui mélange histoire triste et envie de trouver le bonheur, et qui réussit sur tous les tableaux. Si votre tête fait trop de tours frénétiques, comme dans une roue de hamster, prenez une seconde, mettez juste le casque audio de cette fille (un peu barge mais sympa) sur vos oreilles, et faites play.