Le Corps et le Fouet
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Hector de Troie
Hector de Troie

1 abonné 65 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 février 2026
Après l’influence d’Hitchcock avec La ragazza che sapeva troppo, Bava réalise un second film en 1963. Il s’agit de son œuvre la plus Cormanienne, où l’on se croirait dans le château en Espagne de son film The Pit and the Pendulum (adapté de Poe). Avec le fouet et le corps, Bava revient à une ambiance encore marquée par le gothique, comme dans La maschera del demonio. C’est étonnant, mais je me souviens davantage du film Horror Hotel que je pensais réalisé par Bava.

Revenons au film, Kurt Menliff (Christopher Lee), fils déchu, revient au château familial après avoir séduit une servante qui s’est suicidée. Son frère puîné Christian est désormais l’héritier et a épousé Nevenka, l’ancienne maîtresse de Kurt.
Le film respire le gothique : lumières roses, rouges et violettes pour la sensualité, bleu et vert pour le lugubre, comme dans un album de Dissection. La lumière jaune dans la cheminée, quand Kurt entre dans la chambre, attire l’œil : le feu brûle, mais seule cette lueur se distingue. Est-ce le mal ou un éclairage volontairement étrange ?

Le mal est partout, mais invisible. On le devine dans les retrouvailles charnelles de Kurt et Nevenka. Mon dieu que cette fille est belle et ténébreuse ! Elle évoque Ligeia de Poe et incarne la “belle du Giallo”, désir inassouvi et attirance pour la douleur.
L’histoire est classique : un couple installé et l’ancien amant qui perturbe l’équilibre, avec un twist subtil. Kurt meurt dès le début, ce qui pourrait clore le film. Mais après sa mort, des événements étranges surgissent : voix, lueurs, puis le vieux comte est tué. Qui est responsable ? Le fantôme de Kurt hante-t-il le château ?
Tout le film joue sur l’incertitude, les personnages évoluant presque comme dans un escape game. La fin reste ambiguë : même avec une explication matérialiste, tout ne colle pas parfaitement.
Tout le film, en dehors de son hommage à Corman (sans doute) et sa trame horrifique et vampirique un brin désuète mais charmante, repose sur le désir. On sent le désir brûlant entre Kurt et son ancienne maîtresse, on sent aussi la jalousie de Christian, le jeune frère, quand il sent que sa femme désire toujours son amant, tout comme celle de Nevenka quand elle apprend que son mari aime sa jeune cousine. Tous ces sentiments refoulés sont incarnés en Nevenka qui tente de masquer sa passion pour Kurt. On ne sait jamais vraiment si elle rêve ou si elle est éveillée, tout est ici, le désir refoulé trop fortement peut rejaillir en destruction…

un film intéressant mais pas primordial à la frontière entre le gothique et le giallo.
selenie

7 445 abonnés 6 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2023
Le début du film plongé dans la nuit, avec un manoir perché en haut d'une falaise, noyé dans l'obscurité qui renvoie à tout un imaginaire autour de Dracula et sa mythologie, appuyé d'ailleurs par l'arrivée de Kurt incarné par l'acteur qui a incarné, incarne et incarnera encore de nombreuse fois le plus célèbre des vampires. Les décors gothiques sont magnifiques, remplissant le cahier des charges du genre avec un travail remarquable sur la lumière et les ombres. Le premier rebondissement dévoile la relation perverse sadomasochiste et saupoudrée d'un érotisme suranné que les gémissements de Nevenka/Lavi accentue à la fois victime désirable et désireuse. Le second rebondissement forcément macabre relance le récit vers l'histoire de fantôme où le tout sera de savoir si Kurt est vraiment revenu d'entre les morts pour hanter le manoir ou si c'est une manipulation machiavélique d'un fils maudit mais ambitieux. La dernière partie du film est malicieusement écrite d'abord, mêlant réalité et vision de Nevenka troublant autant cette dernière que le spectateur avant de comprendre si sa folie est légitime. En prime un Christopher Lee aussi distingué qu'inquiétant et la beauté fatale de Daliah Lavi.
Site : Selenie.fr
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 juillet 2023
Pour une fois, le titre est racoleur, mais véridique ! "La frusta e il corpo" démarre dans un sinistre château gothique, où revient le fils aîné, jadis chassé pour mauvaise conduite. Celui-ci aura tôt fait de séduire son ex-conquête, la femme de son frère, à l'aide d'une relation sado-maso où il lui fouette le corps !
Honnêtement le premier acte est séduisant. Déjà, on a Christopher Lee qui joue une pourriture dans une ambiance horrifique gothique. Puis le début du récit est enflammé, avec ce sado-masochisme osé pour l'époque ! La censure italienne n'apprécia d'ailleurs que très peu la chose...
Enfin, il y a cette ambiance visuelle assez classe. Le château glauque aux sombres recoins, et les couleurs qui alignent les éclairages bleus et violets cauchemardesques.
Le souci, c'est que l'illusion ne tient pas très longtemps. L'histoire a tendance à tourner en rond dans les décors, sans vrai suspense. Tandis que certains plans sont beaucoup trop sombres pour être totalement lisibles (et pourtant j'ai vu une copie en qualité HD !). Et question acteurs, à part Christopher Lee qui a toujours de la prestance, on ne peut pas dire que les autres soient des plus expressifs...
Le scénario contient néanmoins des idées intéressantes, qui louchent vers le thriller psychologique.
spoiler: Nevenka est-elle folle, ou réellement possédée par le fantôme de Kurt, dans une extension surnaturelle de leur relation S&M ?

Mais il faut bien dire que ça ressemble pas mal à "The Pit and the Pendulum", en moins bien. Et pour cause, Ernesto Gastaldi, le principal scénariste, avait reçu pour mission de faire un film dans l'esprit de celui de Roger Corman.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2023
Probablement le meilleur film de Bava (qui a signé le film sous un pseudo américanisant, il me semble, à l'époque), avec un Christopher Lee excellent dans le rôle de ce baron sadique aimant fouetter sa promise spoiler: (ou sa soeur, je ne sais plus trop)
qui aime se faire fouetter. Le baron va mourir, mais les séances de fouettage SM nocturnes vont continuer, serait-il revenu d'entre les morts ?
Ambiance gothique, photographie sublime, scénario aussi simple que diabolique, "Le Corps Et Le Fouet" est un régal du genre.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 décembre 2021
Un grand classique du film fantastique, parait-il. Certes, les images sont très belles. Mais c'est très ennuyeux. Et aujourd'hui très daté. La présence de Christopher Lee ne sauve pas le film, d'autant qu'il semble lui aussi s'ennuyer.
Volteface Podcast
Volteface Podcast

8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2021
Qui ne brûle pas de désir à l’idée de se faire fouetter par le grand Christopher Lee ?

Dans ce film de Mario Bava, Kurt est de retour au château familial après quelques années d’absence. L’accueil de sa famille est glacial, une servante amoureuse de Kurt s’est suicidée lorsqu’il est parti. Il est désormais le symbole du malheur.

Nevenka, son ancienne fiancée, maintenant mariée à son frère, y trouve l’opportunité de reprendre leur relation laissée en suspens, basée non pas sur un doux amour mais sur une relation sado maso dans laquelle Kurt la fouette jusqu’au plaisir.

Soudain, Kurt est assassiné, mais son fantôme rode !

Dans ce film gotique, où le mystère semble tapi dans l’ombre, le spectateur oscille entre crainte et attente du fantôme. Le fantôme de Kurt existerait-il sans le désir de Nevenka ? Kurt maniant le fouet n’est-il pas que le simple objet des pulsions de son amante ? Leur couple tient-il à autre chose que cette relation violente ? Comment la famille va-t-elle se débarrasser de cet encombrante romance ?

On parle de ça dans Volte-Face mais aussi de Just Jaeckin et de Belle de Jour de Luis Buñuel ...

A écouter vite dans notre podcast ! le lien ici : https://vu.fr/aTnw
Waka J.
Waka J.

42 abonnés 111 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mai 2021
A voir une fois, pour les amateurs du genre.
Ce n'est certes pas un chef d’œuvre, mais ce n'est pas non plus une purge.
Ce peut être un agréable film de fin de soirée, si l'on aime le gothique à l'italienne avec une intrigue tissée de très grosses ficelles.
Shawn777

805 abonnés 3 931 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 novembre 2020
Ce film, réalisé par Mario Bava et sorti en 1963, est plutôt décevant, enfin en tout cas pour ma part. C'est ici l'histoire d'une relation sado-masochiste entre un baron et sa belle-sœur mais à la mort du baron, la belle-sœur continue de le voir. Bon voilà, c'est pas bien original mais enfin, l'histoire est malgré tout alléchante. C'est le troisième film du réalisateur que je vois et je dois avouer que c'est jusqu'à présent le moins bon ! J'ai eu en effet beaucoup de mal à accrocher à l'histoire car il ne se passe pas grand chose, malheureusement. Pourtant, le film ne dure qu'une heure vingt mais il en parait le double, ce qui est bien dommage, et d'ailleurs, c'est une critique qui revient assez souvent d'après ce que j'ai pu lire. Alors peut-être que je fais partie de ces spectateurs qui n'ont pas compris le génie du réalisateur ou autre et pourtant j'aime beaucoup ce style, je trouve la photographie magnifique et j'adore l'ambiance qui correspond parfaitement au gothique et au romantisme noir (notion que nous pouvons par ailleurs retrouver sur des plans de la plage, rappelant beaucoup certains tableaux de ce mouvement). Non, ici c'est vraiment, enfin à mon sens en tout cas, l'histoire qui pêche car elle n'est pas assez fournie ! Tout est assez lent et puis surtout prévisible, le film ne nous tient même pas en haleine quoi. En ce qui concerne les acteurs, Daliah Lavi est quelques fois en surjeu mais correspond en même temps à cette période durant laquelle les acteurs de cinéma jouaient beaucoup comme au théâtre, et Christopher Lee qui a certes de la prestance mais qui est mais n'est pas trop dynamique, son jeu se résumant surtout à faire une tête pas très avenante. "Le Corps et le Fouet" est donc un film à l'ambiance très travaillée mais qui souffre d'un scénario qui n'est que trop peu étoffé.
Rourkewhite
Rourkewhite

104 abonnés 968 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 novembre 2020
Malgré une palette chromatique admirable et une musique magnifique, ce bel exemple d'horreur gothique, teinté d'exploitation érotique SM, pâtit d'une lenteur qui peine à retenir l'attention du spectateur! Sublime et osé mais soporifique, malgré un pouvoir de fascination indéniable à bien des égards.
IIViriatheII
IIViriatheII

5 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 juillet 2020
Film dans la pure tradition des films "gothique". Très classique malgré une réputation transgressive (relation "sado Maso" entre les personnages principaux). Le film souffre d'un scénario faible et de longueurs, sauvé par la mise en image de Mario Bava d'une grande beauté.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2020
« Le cops et le fouet » mérite le détour pour deux raisons. La première est l’évidente qualité technique du film. Mise en scène élégante pour un film d’horreur, musique pertinente de Carlo Rustichelli, costumes et décors très soignés. Le fond psychologique, grâce à un script plus finement travaillé qu’il peut paraître à la première vision, s’accorde à la forme par l’utilisation de couleurs primaires exprimées sur le visage de Christopher Lee, décrivant tout les états intérieurs successifs. La seconde est offerte dans la prestation du couple central. La belle et troublante Daliah Lavi déborde d’un érotisme torride (malgré trois minutes coupées par la censure), dans cette relation sadomasochiste qu’elle entretient avec Kurt auquel Sir Christopher Lee apporte prestance et violence. Mais pas sa voix, car, tous les acteurs sont doublés (fréquent dans le cinéma italien), et redoublés dans la version anglaise (il est doublé par Dan Sturkie, la voix habituelle de Terence Hill dans les « Trinita » !). Dans les déceptions également, à part Tony Kendall et Harriet Medin, le reste du casting est soit insignifiant (Evelyn Stewart, Jacques Herlin) soit ridicule (Gustavo De Nardo, Luciano Pigozzi). Après « Le masque du démon », ce nouvel opus horrifique de Bava offre une remarquable intrusion dans la couleur et la psychologie. Sous les apparences et les codes d’un film d’horreur de la Hammer (au générique, à part Daliah Lavi, tous les noms sont anglais) , sont décrits les névroses intérieures d’une nymphomane schizophrène. Du très grand Bava.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 août 2018
Commandé pour surfer sur le succès de La Chambre des tortures et des autres adaptations d’Edgar Allan Poe par Roger Corman, Le Corps et le fouet est la seconde et dernière collaboration entre Mario Bava (crédité sous le nom de John M. Old pour répondre à une mode du cinéma italien d’alors d’angliciser les noms des techniciens et acteurs pour faire croire que le film est américain ou anglais) et Christopher Lee après Hercule contre les vampires. La présence de l’acteur britannique associée à l’ambiance XIXème siècle fait automatiquement penser aux films de la Hammer. Le Corps et le fouet est donc un film s’adressant au public appréciant le travail de la société de production britannique. À travers ce film, Mario Bava fait une nouvelle fois preuve de son talent de cinéaste : photographie superbe avec un gros travail sur les lumières spoiler: (la main de Christopher Lee éclairée en vert afin de la rendre irréelle…)
, zooms avants-arrières spoiler: pour montrer la déstabilisation de Nevenka
, utilisation très réfléchie du son pour créer l’angoisse spoiler: (bruit de vent, bruit de fouets…)
… Malgré ces qualités, Le Corps et le fouet pêche par différents points : aspect mélodramatique (renforcé par la musique de Carlo Rustichelli) trop poussé, dialogues peu crédibles spoiler: , mort de Kurt étrange (il semble être poignardé par le rideau !)
… Cela fait que Le Corps et le fouet est un film plastiquement très beau mais qui n’est hélas pas effrayant, ce qui est très regrettable pour une œuvre de ce type.
Chaill
Chaill

24 abonnés 397 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juillet 2015
Un aristocrate débauché revient d'entre les morts pour se venger de sa famille qui le haïssait, et terrorise par la même sa belle soeur (!) avec qui il prenait autrefois du plaisir en la flagellant (!!!). Le thème du film est pour le moins original et dérangeant, beaucoup trop en tout cas pour les censeurs de l'époque qui s'en donnèrent à coeur joie. Les temps ont changé et "le corps et le fouet" est aujourd'hui devenu un petit film d'épouvante sympathique à suivre, de par son ambiance macabre dans les corridors de la sinistre demeure décrivant une atmosphère morbide, et pour l'inquiétante interprétation du grand Christopher Lee, majestueux en aristocrate rejeté par les siens dans la première partie du film, puis glaçant en spectre venant hanter la belle Daliah Lavi.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2014
que dire de ce film ?
dans ce film vous avez tous les ingredients qui font que les films d'aujourd'hui n'ont le génie des films de cette époque.
pour l'époque ce film est très pervers et d'une rare intensité
il y a de la créativité, une âme, des acteurs au service d'un auteur, un réalisateur passionné sans un égo surdimensionnés
pourquoi je n'ai pas mis 5 étoiles, parce que j'aurai adoré voir dans le role féminin la magnifique barbara steele face a christopher lee, elle a deja joué dans un film sur la domination/soumission avec succès (dans l'excellent "un ange pour satan"), mais malheureusement mario bava lui proposa le rôle à l'époque ou elle voulait sortir du genre film d'horreur gothique et à donc refusé le rôle.
christopher lee est parfait, il joue la un de ses nombreux meilleurs rôle, la classe !
si on n'accroche pas sur ce film ou "le masque du démon", c'est définitif vous n'aimez pas le maitre mario bava
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 février 2014
S’il s’est révélé être un expert unanimement reconnu dans le domaine du cinéma horrifique, on ne peut constater, à la vue du Corps et du fouet, qu’en 1963 Mario Bava ne maitrisait pas encore à la perfection les ficelles pour faire d’un décor gothique une source inexhaustible de peurs et de cauchemars. Même si le scénario, directement inspiré du romantisme noir, avait de quoi provoqué des scènes dérangeantes, à base de perversions sadomasochistes voire même nécrophiles, et que les jeux de lumières ténébreuses sont soignés, la langueur avec laquelle le récit s’étire sans offrir d’explosion de violence marquante et le manque de conviction avec lequel Christopher Lee donne vie à son personnage font perdre beaucoup du caractère réellement horrifique à cette histoire de vengeance et de mœurs inavouables. On n’en retiendra au final que la beauté glaçante de Dahlia Lavi.
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