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Un visiteur
2,5
Publiée le 22 février 2009
Je n'en ai vu que la 1ère partie (docu en 2 parties) mais c'est assez intéressant : cela change plutôt des habituels films sur la guerre grâce à des récits individuels et pratiques de la vie des témoins, et mêmes de récits de quelques Allemands. Et tourné 25 ans "seulement" après la guerre, donc certainement plus près de la réalité que les interviews plus récentes.
PS : par contre ça ne parle réellement de Clermont-Ferrand qu'au début et à la fin de cette 1ère partie, ne vous attendez pas à un film centré sur cette ville contrairement à ce qui est annoncé.
Très bon documentaire sans compassion, factuel, sur les français pendant l'occupation allemande. Très bien documenté avec également des interventions de responsables allemands et britanniques. Indispensable pour essayer de comprendre l'époque.
Scindé en deux parties "L’effondrement" & "Le choix", pendant un peu plus de 4h, Marcel Ophüls (A la recherche de mon Amérique - 1970) y réalise la chronique sans complaisance d’une ville française sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le film nous replonge ainsi dans les affres et l’horreur de la guerre.
Ce qui est glaçant avec ce film, c’est de se rappeler à quel point la France n’a pas été aussi exemplaire qu’elle le laisse supposer. Était-elle si résistante face à l’envahisseur ? Était-elle si résistante face aux exactions commises par les nazis ? Le film vient ainsi nous rappeler à quel point le régime de Vichy y à jouer un rôle important.
En alternant avec des images d’archives et de propagande, le réalisateur donne la parole à d’innombrables protagonistes, aussi bien des résistants, des soldats de la Wehrmacht, des collabos, des pétainistes, des nazis, ainsi que des politiciens.
En brisant le mythe de la France unie et résistante, Marcel Ophüls s’est attiré les foudres des hautes instances, si bien que son film fut purement et simplement censuré par la télévision française (l’ORTF refusera de le diffuser) pendant plus d’une décennie et devra se contenter d’une exploitation au cinéma (et à l’étranger).
Le Chagrin et la Pitié (1969) est un film d’une nécessité absolue qui nous livre des témoignages édifiants.
Avec Le Chagrin et la Pitié, Marcel Ophüls bouleverse durablement le regard porté sur l’Occupation en déconstruisant les récits simplificateurs d’une France unanimement résistante. Par la richesse des témoignages recueillis et l’intelligence de son montage, le film fait émerger toute la complexité des comportements individuels face à la guerre, entre courage, opportunisme, peur et compromission. Ophüls refuse le jugement péremptoire pour privilégier la confrontation des points de vue, laissant apparaître les contradictions et les zones d’ombre de la mémoire collective. Cette approche confère au documentaire une force historique et politique remarquable, bien au-delà du simple travail de reconstitution. Malgré sa durée imposante et son abondance de matériaux, Le Chagrin et la Pitié est une œuvre essentielle.