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chrischambers86
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2,5
Publiée le 19 juin 2015
Six minutes suffisent pour montrer aux cinèphiles que "Stenka Razine" fut pour la petite histoire le tout premier court-mètrage mis en boîte par des russes! C'est rèalisè par un certain Vladimir Romachkov dont le nom n'est même pas rèpertorier dans le dictionnaire du cinèma par Jean Tulard! Le personnage principal prend du bon temps sur la Volga puis dans la forêt avant de le complot des brigands contre la princesse « Ô petite mère Volga, tu m'as nourri dans ton sein et bercè dans tes vagues, reçois mon cher prèsent » . On ne dèvoilera èvidemment pas la fin mais ça ne sent pas bon pour la princesse en question! A voir à titre de curiositè par le biais du DVD "Le fantôme qui ne revient pas" de Abram Room dans lequel le distributeur a eu la bonne idèe de le rajouter...
Stenka Razine, réalisé en 1908 par Vladimir Romachkov, s’inspire de la figure historique et folklorique de Stepan “Stenka” Razine, chef cosaque du XVIIe siècle devenu une grande légende populaire russe. Le film ne raconte pas toute sa vie, mais reprend un épisode célèbre où l’amour, la jalousie et la pression du groupe conduisent à une issue tragique.
Le court métrage est surtout important comme l’un des premiers grands films de fiction russes conservés. Sa forme reste encore très primitive, avec des plans fixes, un jeu théâtral et une narration très condensée, mais il marque une étape symbolique dans la naissance du cinéma russe. Le film cherche déjà à s’appuyer sur ses propres mythes, son histoire et son folklore.
Il est également lié à une chanson populaire russe très connue autour de Stenka Razine et de la Volga. Il fonctionne donc presque comme une illustration filmée d’un imaginaire déjà familier au public de l’époque, entre chanson, théâtre et cinéma.
J’ai surtout retenu la fin, d’une brutalité assez inattendue. Le geste est tellement sec et radical qu’il en devient presque comique aujourd’hui, alors qu’il est censé porter toute la dimension tragique du récit. C’est clairement l’élément qui donne au film son moment le plus marquant, celui qui fait qu’on s’en souvient vraiment malgré sa forme très primitive.
Un court métrage très rudimentaire dans sa mise en scène, mais historiquement capital, puisqu’il marque les débuts d’un cinéma russe cherchant déjà à raconter ses légendes, ses figures populaires et son imaginaire national.