Excellent !!! Mais je pense qu'il faut avoir vu Le Déclin de l'empire américain pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Ce film n'est pas un divertissement banal, c'est un divertissement ambitieux qui ne peut plaire qu'aux personnes qui se retrouveront dans le la réflexion proposée (théorie vs pratique, culture vs réussite, décadence sexuelle et drogue vs vie sans relief, folie vs raison). Thème sûrement très banal et trop ambitieux mais qui, à mon goût, n'a jamais été traité avec autant de subtilité et de finesse.
Il y a tant à dire sur ce chef-d'oeuvre... D'une part, des acteurs parfaits, tous touchants, vrais, sincères. D'autre part, l'histoire, émouvante et drôle à souhait, sur un fond grave... Enfin, une énorme critique tres intelligente et argumentée sur le christianisme. Sans oublier la vision que nous pouvons avoir de la vie, de ses plaisirs, et de la Mort. Il y a tant à dire sur ce chef-d'oeuvre...
Avec Le coeur des hommes, probablement un des meilleurs films 'émotifs' de 2003 !
Beaucoup aiment (dont moi), beaucoup détestent. Grace à Arte, j'ai pu voir Le déclin de l'Empire américain le Jeudi 9 Octobre 2003 à 20H45, m'invitant à voir la suite le Dimanche 12 Octobre 2003.
En fait, on suit l'évolution d'une bande d'amis soixante-huitards, adultes délurés comme nous le sommes tous, avec les problèmes de coeur et de cul (ça fait partie de la vie, à moins que vous ne soyez ascètes).
17 ans plus tard, ils ont non seulement grandi, mais vieilli aussi, ce qui donne davantage de crédibilité au film, en faisant un témoignage honnète. On ne pouvait certes pas s'attendre à la même énergie quand le corps ne veut plus.
C'est ce suivi presque psychologique qui en fait une véritable thérapie pour le téléspectateur (surtout ceux qui ont vu le premier du nom, je remercie encore Arte pour sa bienveillance, probablement promotionnelle, mais appréciée à sa juste valeur).
Oui, le film, comme son ainé Le déclin de l'Empire Américain, parle beaucoup de cul (ce qui peut choquer quelques grenouilles de bénitier), mais soyons francs. Entre nous, ça nous occupe tous l'esprit, et dans ce deuxième épisode, cet aspect cul-turel passe largement au second plan, pour traiter la gravité d'une fin de vie, perçue de façon universelle par différentes générations ne se comprenant pas toujours.
Un film ? Non, un testament !
SyKoDa
PS : Pas mal Giuletta, "On y rit à gros sanglots et on y pleure à gros éclats. Excellent !"
Le bilan de la vie d'un petit prof de fac de la Belle Province ne pèse pas lourd du point de vue humain. Ca se résume à quelques coucheries, des déceptions intellectuelles et une impression d'avoir raté sa vie. Certes, le film aurait pu n'être que les agréables retrouvailles d'une sacrée bande de copains à la Brassens, mais Denys Arcand n'est pas complaisant avec ses personnages. Le temps passe et dégrade tout. L'argent-roi n'est pas si démoniaque qu'on veut bien le faire croire, la drogue a des enjeux thérapeutiques incontournables et l'amour des chemins bien plus complexes que ceux évoqués dans les contes de fées. Les barbares sont à nos portes, l'invasion a commencé. Nous sommes à la fin d'une époque.
Chéreau ne s'est pas trompé !!! Ce film reflète totalement la perception qu'il a du cinéma. On assiste à un film riche sur le plan de l'émotion, de la culture, sur la qualité de jeu des acteurs, et surtout sur les dialogues, les sens et la philosophie de la vie. Ce film n'a pas de tabous (religion, politique, moeurs... et cela sans tomber dans le lourd). C'est peut être ça qui a pu effrayer certaines critiques ! A voir absolument.
"Les invasions barbares" est un film d'amour ! Rien de moins étonnant, alors, que grincent les dents des grands penseurs. Certains auraient sans doute préferé un plan fixe d'une heure et demie sur une agonie de douleur et de solitude. Mais, par mauvaise foi ou par manque de discernement, ceux-là ne l'avouent même pas et fustigent "les invasions" sous de fallacieux prétextes de mise en scène ou de montage. On peut aussi raisonnablement penser que certains esprits se braquent sur l'ironique prise de recul des protagonistes vis à vis de leurs appartenances philosophico-politiques des années soixante-dix. Là encore, la prise de position prend le pas sur la nécessaire neutralité politique du critique face à un film de fiction. D'autant qu'encore une fois, il ne s'agit pas d'un film politique mais d'un film d'amour ! D'un homme pour son fils, sa fille, sa femme, ses amis, pour une nouvelle génération moins idéaliste, pour le monde, Dieu, pour sa vie passée comme pour celle qui s'achève, et pour lui-même enfin. "Les invasions" n'est pas un film à vocation comique ! Si vous n'aimez pas cet humour d'amis qui se doit d'être parfois indigeste pour être crédible et touchant, allez au cirque ! "Les invasions", malgré (grâce entre autres à ?) certaines maladresses, incarne, avec une troublante grâce et une vérité nouvelle, la belle arrogance de la vie. Tous les acteurs y sont excellents, individuellement comme en groupe, et la mise en scène est parfaitement cohérente et justifiée. L'humour y est le garant de la dignité. C'est un film profondément heureux ! N'hésitez pas ! Courez-y !
Un film étrange : un peu trop bavard, un peu trop foutraque (pour reprendre les mots d'une critique plus au-dessus)... mais qui finit par retomber sur ses pieds. Les larmes me sont venues à la fin, et je n'ai pourtant pas l'habitude de pleurer devant un écran, elles sont là non pas à cause d'un sentimentalisme exacerbé mais parce que toute l'histoire sonne vrai. Les acteurs sont épatants de spontanéité. A voir absolument, donc. Certains à Cannes ont littéralement adulé ce film... Je n'irai tout de même pas jusque-là... Vive Elephant ! Il l'a bien gagnée, sa Palme d'Or !
Longtemps après le dévergondage primesautier du Déclin (dont la vision préalable n'est d'ailleurs pas indispensable) vient le temps de payer la facture. Globalement, elle est plutôt salée pour nos verts baby-boomers, surtout pour Rémy, le grand hédoniste qui entame à présent son ultime calvaire. A partir de là, un grand nombre de critiques se sont dit que Denys Arcand avait tourné la veste : tant la presse de gauche dont émane une haine du film mal dissimulée par des considérations techniques bien fallacieuses, que quelques feuillets ultra-libéraux naïvement convaincus du ralliement du cinéaste à leur bannière. Pour ma part, j'ai assisté à un inventaire bien peu complaisant, pour toutes les parties : la génération de Rémy, la génération de son fils (la mienne!), et celle qui suit (les nouveaux barbares?). On frôle d'ailleurs souvent la caricature, mais Denys Arcand n'y tombe jamais complètement : tout le long du film jaillissent les éclairs d'espoir, d'humanité, d'humour et surtout d'amour. Ainsi, de cette descente aux enfers ressort un optimisme incroyable, qui parvient même à renouer avec la légèreté érudite du premier volet. Ce film a entièrement mérité ses multiples récompenses.
Film émouvant sur la fin d'un homme, le scénario est certes des plus irréalistes, mais la réflexion qu'il apporte n'en est pas moins absente. On alterne rire, émotion, réflexion, les répliques sont splendides.
Quand Trainspotting rencontre Eric Rohmer sur fond de 21 gramms,ca donne un film moyen..Les comédiens en font un peu trop et l'acteur principal n'a pas vraiment l'air malade..Palme et César c'est un peu too much je pense..