Alejandro Amenabar n’est pas avare de métaphore sur le cinéma. Il suffit de se souvenir de «The Others» où une famille était plongée dans le noir pour survivre. L’ambiance angoissante renvoyait à la salle obscure, restituer dans le film la condition du spectateur de cinéma. Amenabar, dans «Mar Adentro» (Espagne, 2003), poursuit cette représentation imagée du spectateur en situant son protagoniste dans la condition d’un paralytique capable de ne bouger que le visage. Néanmoins, le succès du film ne provient pas seulement de cette analogie du spectateur de cinéma au personnage central. Ramon, cloué à son lit, aspire à mourir dignement. La façon dont Amenabar traite la mort avec poésie, et sans emphase, redouble l’effet du film. Ce serait un mélodrame si Javier Bardem ne jouait pas avec tant de délicatesse et si chacune des larmes qui coulaient n’étaient pas la trace d’une longue peine, longuement installée par la réalisation. Les derniers jours de ce paralytique et sa lutte contres les lois pour une mort légale et digne ne prennent pas l’allure d’une tragédie. Le ton murmuré et vif des films de Carlos Saura est presque présent. Toutefois, les musiques d’Amenabar et Carlo Nunez n’évitent pas les écueils de la musique attendrissante, faite d’instruments à vent et de sonorité lyriques et tragiques. Les grandes traversées des cieux et de l’étendue des plages cultivent une imagerie du céleste. La trivialité des situations recèlent en vérité une volonté spirituelle, tend vers une dimension cosmique. La musique élégiaque qu’écoute Ramon, son goût pour une poésie raffinée, son respect des êtres humains et des émotions féminines renvoient aux grandeurs de l’âme. Amenabar souligne par là le paradoxe d’un personnage immobile qui tend vers la grâce divine. Cet écart entre ce qu’est Ramon (une âme étriquée dans un corps mort) et ce qu’il désire peut sembler candide, d’autant plus qu’il faut l’appui d’une musique naïve pour pleinement exprimer cette dimension céleste.
Un film sur l'euthanasie, voilà qui est dur de mettre une "note" sur un pareil sujet ! En fait ce qui frappe tout au long du film, c'est la volonté inébranlable de Ramon à mourir. Rien ni personne ne le fera changer d'avis, ni même lui donner un semblant d'hésitation. Ca fait 28 ans qu'il est scotché sur son lit, et il a fait son choix : il veut mourir, mais pour ça, il a besoin d'aide, ne pouvant le faire tout seul. Alors on se pose la question : pourquoi ignorer l'appel au secours d'un homme qui contrairement à nous, ne craint plus la mort ? et en l'aidant, ne commet-on pas d'une certaine façon un meurtre ? Vaste débat, quoi qu'il en soit, ce film courageux a clairement choisi son camp et prône le suicide assisté; 2 mots très durs qu'on pourrait remplacer par ceux-là : "un acte d'amour"...
Après le chef d'oeuvre monumental Les Autres, Alejandro Amenabar change de registre pour passer du fantastique au drame polémique, politique et philosophique. Tout d'abord, Mar adentro est tiré d'une histoire vraie, à savoir celle de Ramon Sampedro, qui a profondément marqué la société espagnole et le réalisateur pour son combat en faveur de l'euthanasie. On peut donc hiérarchiser Mar adentro sur deux points bien distincts. Premièrement, le film risque de plaire énormément à ceux dont l'engagement est ici explicitement souligné. Et de l'autre, la consternation d'aller à contre sens d'un avis personnel. Ou tout simplement le fait que le film n'a aucune nuance. Peut-on dès lors parler d'un film facile, borné ? Cela serait radical de le penser. Que l'on soit pour ou contre, Amenabar pose le problème. Et bien qu'il soit clairement décidé, qui empêcherait autrui d'en penser le contraire ? Il n'est donc pas au réalisateur de faire toute la démarche intellectuelle, mais aussi à son spectateur d'y réfléchir par soi. Ce qui n'est pas un mal dans un contexte social qui se veut de plus en plus consommateur. Mais c'est aussi un débat philosophique où Javier Bardem en est l'objet. Son interprétation est magistrale, jamais larmoyante et outrancière. La problématique émerge donc d'une situation précise. Il faut la voir comme telle : l'euthanasie s'adresse ici à un homme physiquement inapte. Mais rien ne nous empêche d'aller plus loin. L'euthanasie s'adresse t-elle exclusivement aux personnes physiquement inaptes ou à l'ensemble d'une population ? Le suicide, une question encore tabou, se cachée implicitement dans ce film par la maladie physique. Et non d'un problème existentiel. Mais l'idée commence à atteindre les moeurs. Un débat prend forme, c'est un début. Mar adentro y contribu. On pourra bien sûr lui reprocher son manque de subtilité à poser la question sans y afficher d'ambiguïté. Mais serait-elle encore accessible au même public ? Non, c'est évident.
Production espagnole ayant obtenu un succès mondial, « mar adentro » avait de nombreux pièges à éviter. Il n’était pas facile de s’attaquer à l’histoire de ce condamné à mort qui a lutté toute sa maladie pour obtenir le droit d’euthanasie. Une histoire qu’il parait d’abord curieux de voir confiée à Alejandro Amenabar, plus habitué aux univers fantastiques (« the others »). Mais pourtant, le long métrage est une réussite remplie de qualités. Amenabar a choisit intelligemment de ne pas se limiter au débat éthique ( d’ailleurs finalement presque sous développé !) pour lequel le héros combat, il a aussi décidé de montrer le quotidien de cet homme paralysé, malade, malheureux, mais qui trouvera encore de nombreuses richesses au contact des autres. Ce personnage est terriblement attachant, et marque irrésistiblement les esprits. Javier Bardem est exceptionnel, bien au-delà de ce qui pouvait ressembler à une « performance à oscar ». Il s’agit sans hésiter de l’un des grands acteurs de sa génération. Amenabar n’a pas non plus oublié d’où il venait et propose quelques superbes envolées lyriques qui offrent au film une dimension supplémentaire. La photographie offre quelques images superbes, la bande son remplit son rôle aux bons endroits. Presque rien à redire, donc, de ce « Mar Adentro » qui plaira autant au grand public qu’aux cinéphiles !
Le combat d'un tétraplégique pour mourir dans la dignité et non pas comme un criminel.Une oeuvre lente, poetique, peut-être parfois un peu larmoyante mais qui sonne juste.
"Bouleversant" est le 1er mot qui me vient à l'esprit après avoir vu ce film. Sur un sujet complexe qu'est le suicide assisté, ce film est d'une simplicité, d'une beauté et d'une émotion rare. Les personnages sont superbes (les acteurs aussi), des scènes sublimes (l'envol par la fenêtre par exemple), marrantes pour certains dialogues. J'ai eu les larmes aux yeux une dizaine de fois sans pour autant que le film tombe dans une émotion, un sensiblerie inutile. Une magnifique histoire.
Un brin démago, tire larme, et approximatif au niveau du scénario, Mar Adentro n'émeut pas tant que ça. Il vaut le coup d'oeil pour la performance de Javier Bardem et de son visage ultra expressif, et parce qu'il embrasse la noble case de l'euthanasie. Sur des sujets voisins, les Invasions Barbares, et surtout Breaking The Waves, le chef d'oeuvre de Von Trier, sont supérieurs.
Très beau film A. Amenabar est vraiment un tout grand ainsi que Javier Bardem qui donne beaucoup d'âme à son personnage. Belle histoire parfois un peu tire larme tout de même mais une fois de plus le réalisateur transcende son film.
Un film magnifique qui confirme l'immense talent d'Aménabar qui nous avait scotché avec "LES AUTRES". Le film est d'une incroyable justesse, tant sur le plan de la réalisation, que sur la direction d'acteur...(javier Bardem est absolument époustouflant !). La photo est magnifique, la musique également...Un chef d'œuvre qui n'a pas volé son Oscar ! Petit Conseil : Prévoyez un bon paquet de Clinex
un film abordant le sujet de l'euthanasie. Un tétraplégique se bat pour avoir le droit de mourir. Un film simple rempli d'émotions! Un film qui vous donne cette joie de vivre...et un mot d'ordre: Profiter! à voir!