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Ricco92
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4,5
Publiée le 31 août 2016
Premier film politique de Costa-Gavras, Z est adapté du roman éponyme signé Vassilis Vassilikos qui décrit l’assassinat du député Grigóris Lambrákis, meurtre commandité et maquillé en accident par l’Armée. Ce roman, publié en 1966, est d’autant plus d’actualité lorsque Costa-Gavras le porte à l’écran, en 1969, car entretemps la Grèce est entrée dans la dictature des colonels. Même si Costa-Gavras ne cite jamais ni les noms de personnalités contemporaines ni le pays dont il s’agit, il s’inspire clairement (même si on ne connait pas le livre) des évènements que traverse à cette époque la Grèce (pays dont il est lui-même originaire et qu’il dut quitter à cause des positions politiques de son père). Toutefois, ce choix de ne jamais véritablement situer l’action de son film permet au cinéaste de rendre plus universel sa description du passage d’un régime démocratique vers un régime totalitaire et le transforme ainsi en thriller politique particulièrement efficace. Il se permet donc de multiplier de rapides flashbacks permettant parfois de faire ressentir les sentiments des personnagesspoiler: (ceux concernant la femme du député) parfois de montrer les différentes versions des témoignages. Costa-Gavras a aussi l’intelligence de distribuer les différents rôles à des acteurs bien connus du public français (Jean-Louis Trintignant, Yves Montand, Irène Papas, Charles Denner, Bernard Fresson, Jean Bouise, Jacques Perrin…) ce qui permet d’identifier rapidement les protagonistes alors que la prolifération de personnages est souvent un élément qui peut perdre le public dans les films politiques. Malgré, par moments, un traitement du son pouvant déconcentrer le spectateur de notre époque (on ressent l’utilisation de la postsynchronisation sur la piste sonore de certaines séquences), Costa-Gavras réussit à captiver le spectateur par son enquête policière (surtout à partir de l’arrivée du juge d’instruction joué par Jean-Louis Trintignant) tout en le faisant réfléchir à la facilité avec laquelle un régime démocratique peut dériver vers un régime dictatorial.
Un film très sobre, dans le plus pur style Costa-Gavras, 100% politique évidemment, et brillamment interprété par les divers acteurs. Le réalisateur franco-grec livre ici une dénonciation cinglante de la dictature grecque dite des colonels, qui ne voulait pas dire son nom. Le système judiciaire, encore debout et intègre, semble être au final le dernier rempart de la democratie, afin de se faire bien voir des autres pays européens. Quelques moments forts soulignent un peu plus l'aspect dramatique du récit.
Adaptation d'un roman traitant de l'assassinat du député grec Grigóris Lambrákis, "Z" est une dénonciation du pouvoir dictatorial en ce qu'il tente de restreindre les libertés de l'opposition. Hésitant entre un ton sérieux et un autre plus sarcastique, le film ne parvient pas à dépasser la simple illustration d'un système totalitaire en faisant de ses personnages de simples stéréotypes, déterminés par deux ou trois caractéristiques, qui ne suffisent pas à incarner les différentes figures et surtout à rendre cette histoire complexe. Si le film est en partie plombé par son schématisme politique, il se rattrape néanmoins grâce à un vrai sens du rythme, qui donne à l'enquête menée par le juge d'instruction (Trintignant impeccable) une belle intensité. Il n'empêche que les diverses récompenses obtenues par le film semblent plus être liées à son sujet qu'à ses qualités artistiques car, sans faire injure à la réalisation de Costa-Gavras, "Z" est plus un film de scénariste que de cinéaste, plutôt captivant mais souffrant d'un manque de relief, étroitement lié aux limites d'une mise en scène incapable de se tenir à un point de vue.
Le meilleur Costa Gavras ? En tous cas, un des grands films politiques du cinéma français soutenu par une distribution mirifique : tous méritent d'être mentionnées ; pour ma part, j'adore Marcel Bozzuffi, ici au sommet de son art.
Le scénario fort convainc du début à la fin, les divers interprètes excellent dans leur jeu et l'engagement politique (à gauche) se ressent et émerveille par sa force de frappe. Ce palpitant thriller réaliste ne souffre en outre d'aucune baisse de rythme. Pas de doute, Costa-Gavras réalise ici son meilleur film, proche du chef-d'oeuvre.
Excellent thriller politique qui n’a guère vieilli, peu dans la forme, et sûrement pas sur le fond ! Il annonce dès le début que toute ressemblance avec la réalité – affaire Lambrakis, Grèce, 1963 –… est avérée ! Dans une mise en scène nerveuse qui convient parfaitement au style, une brochette d’acteurs inoubliables prennent leur rôle à cœur et avec brio. Ce n’est pas un film d’analyse politique mais un film d’action basé sur des faits réels, un film courageux (les ignobles colonels étaient toujours au pouvoir en Grèce) qui a d’ailleurs touché le public, au moins le français, qui lui a fait un triomphe.
Z est un très bon film. Premier volet de la trilogie politique de Costa-Gavras, ce thriller énergique sur la Grèce des colonels même encore aujourd’hui n’a rien perdu de son efficacité. A l’issue d’un meeting pour la paix, Z, un député de gauche, est gravement blessé par un militant fasciste et meurt. Présenté en compétition officielle au 22ème Festival De Cannes en 1969 où il remporta le Prix du jury à l’unanimité ainsi que le Prix d’interprétation masculine pour Jean-Louis Trintignant, tous les deux mérités. Il remporta également entre autres l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour le compte de l’Algérie, et l’Oscar du meilleur montage pour Françoise Bonnot en 1970. Avec ce film, le réalisateur adapte le roman éponyme de Vassilis Vassilikos qui retrace l’assassinat du leader de la gauche grecque, planifié par la police et déguisé en accident. Z est un film choc, un uppercut lancé à la dictature des colonels en Grèce. «Toute ressemblance avec des événements réels, avec des personnes vivantes ou mortes, n'est pas le fait du hasard. Elle est volontaire», avertit le générique. En 1968, fraîchement naturalisé français, le cinéaste d'origine grecque utilise sa caméra comme une arme pour tordre le cou aux mécanismes d'une dictature qu'il connaît bien. Il décrit les manipulations de l'opinion, les intimidations des spécialistes, les opérations de purification politique. Le discours de la police emprunte la métaphore agraire selon laquelle il faut nettoyer le monde de sa mauvaise graine, le nettoyer de ses "ismes" : le communisme, le pacifisme... De bout en bout, le manichéen Z, où le mal a l'apparence du bien et le bien celle du mal, tient le spectateur en haleine, jusqu'à ce que les masques tombent. Du côté de la bande son pour le coup elle est excellente par rapport à d’autres films du cinéaste où parfois elle se fait rare. Ici c’est le grec Mikis Theodorakis qui s’en charge avec des belles compositions originales atypique de la Grèce justement et franchement on s’y croit bien que le film n’ai pas pu être tourner là-bas, mais en Algérie. Le réalisateur Costa-Gavras signe ici son 3ème long métrage avec la plus grande réussite, servi par une distribution remarquable. Yves Montand, Jean-Louis Trintignant, Irène Papas, Charles Denner, Bernard Fresson, Jean Bouise, Jacques Perrin, Pierre Dux, Julien Guiomar, Marcel Bozzuffi et tous y sont extra. Un (Zup)percut à la dictature. Ma note : 8/10 !
Costa-Gavras réussit avez Z à réaliser un film politique qui ne soit pas illustratif, "pédagogique", prêt pour feu Les dossiers de l'écran, mais au contraire un thriller impeccable, maîtrisé, parfaitement mis en scène, et parfaitement glaçant. La distribution est au diapason, avec une mention particulière au toujours aussi génial Jean-Louis Trintignant.
Un très bon film à mi-chemin entre l'enquête policière et le film politique. Montant et Trintignant (méconnaissable derrière ses lunettes) sot parfaits. Le tout jeune Perrin aussi. La partie la moins réussie du film (si on considère sa portée politique) est celle concernant la vie privée du personnage du Docteur (Montant). Elle n'apporte rien au film. De même, la liaison entre les 2 parties du film (l'assassinat et l'enquête) est un peu étrange. Mais ça ne gâche pas le plaisir !
Je le vois pour la premiere fois.Ce film est toujours d'actualité, je dirais malheureusement par son sujet. Les intrigues politique , les manipulations, Les affaires arrivent a tomber en justicee mais ça recommence. Pas de temps mort, un film bien ficelé.
Après une première partie lente et plutôt insipide, le film décolle sous l'impulsion de l'excellente performance de Jean-Louis Trintignant. Dans le rôle d'un juge impartial, il donne un second souffle à l'intrigue, tout en dénonçant corruption, connivence entre pouvoir et "crimes" ainsi que le contrôle tout puissant de l'Etat.
Ou comment montrer que le pouvoir organisé n’existe que pour écraser, soumettre et asservir les peuples, à part quelques épisodes transitoires et illusoires de justice, souvent très vite noyés, sous les regards complices d’un international indulgent. Inspiré du régime de la Dictature des Colonels en Grèce dans les année 60-70, et au travers de l’enquête de l’assassinat d’un opposant politique, on découvre progressivement les méandres corrompus d’une société qui doit son implacable tenaille sociétale à la complicité despotique et criminelle de la Police, la Justice, la Gendarmerie, l’Armée, l’Education et même la presse, sans compter autant de citoyens et de groupuscules achetés ou créés artificiellement. Synthèse désespérante d’un concert dont les instruments se nomment trafic d’influence, esprit tribal, intimidation, corruption, meurtre, manipulation des foules, propagande, novlangue, sabotage, immoralité, et que même l’esprit authentique de justice et de courage ne semble pas pouvoir émousser.