Annonçons le demblée, Les poupées russes est un film qui fait rire, et pleurer. Un miracle de comédie de murs, totalement dans lair du temps, écrit avec un indéniable talent et un respect infini pour les comédies italiennes des années 70 et le cycle Doinel de Truffaut. Une uvre qui nest évidemment pas exempte de défauts.
Elle peut apparaître un peu maniérée formellement, les comédiens nont pas lâge de leur rôle, et certains personnages forts du premier opus sont totalement sacrifiés au profit dautres. Nous voilà débarrassés des défauts, attelons nous à chanter les louanges du film de Klapisch. On peut commencer par cette inventivité de tous les instants, cette insolence narrative, cet amour des personnages. Mais ce serait sublimer le détail dans une uvre importante dans sa globalité.
Lauberge espagnole était une belle comédie, prônant linsouciance, livresse de lirresponsabilité, ces aubes riches de promesses propres à la vie estudiantine. Les poupées russes est un douloureux retour à la réalité, aux conséquences de limmaturité sentimentale, à limpossibilité de lamitié, à la grisaille du quotidien. De fait, film déprimant ?
Pas le moins du monde
. Le film est drôle, ses interprètes y prennent un infini plaisir, Klapisch maîtrise comme peu dautres le comique de situation. Potache, alors ? Toujours pas
.
Au fil des pérégrinations de son Doinel moderne, Klapisch touche à une forme de quintessence dans cette façon de saisir lépoque, sa rigidité et ses vaines quêtes passionnelles. Mais le véritable génie du film, cest le personnage principal et son traitement. On se trouve en présence de la comédie romantique de la décennie. Totalement mature, parce que novatrice. Novatrice dans le sens où léphèbe est un con. Xavier nest pas Hugh Grant. Il a des défauts, des vrais, autres que le fait de manquer dassurance et de bégayer au moment demballer Julia Roberts. Xavier est veule, mesquin, trouillard, inconséquent. Cest un con. Un con touchant.