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La Trilogie d'Apu : La Complainte du sentier
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Spiriel
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5,0
Publiée le 11 septembre 2008
Premier film de S.Ray, le plus connu aussi. S'il n'est pas parfaitement abouti, il reste le plus marquant par son portrait d'enfance onirique et gracieux, tout en décrivant avec pudeur et délicatesse la misère de ces gens mis de côté. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est au cinéma de Mizoguchi que la filiation me semble la plus forte. En particulier le portrait, dans une société tellement sexiste, de ces femmes qui se battent pour conserver le peu qu'elles ont, affirmer leur dignité, mais qui sont invisibles aux yeux de la société. La mère, personnage d'une volonté incroyable, tente de maintenir la famille à flots entre un mari inconséquent et souvent absent pour travailler, une tante capricieuse, Durga, la fille aînée (attention, l'un des personnages les plus attachants du cinéma. Le cinéma de S.Ray regorge de personnages mortellement attachants) qui vole et vagabonde au gré de ses envies, et Apu, le cadet, qui fait des conneries comme tous les garçons de son âge. Ce premier épisode de la trilogie d'Apu est centré, comme les autres, sur le portrait d'une femme, ici Durga. Pour moi, ce qui rend ce film tellement ludique, beau et lyrique, c'est l'authenticité qui s'en dégage. Les acteurs, amateurs et pourtant géniaux, aident beaucoup à cela. De plus, le lent glissement, inexorable mais si évitable, qui mène au drame, est montré comme si de rien n'était, ce genre de choses arrivant fréquemment à ce niveau de pauvreté. La scène où Apu évite le déshonneur à sa soeur, à la fin de film, est terriblement poignante. Truffaut méprisait ce film car il disait ne "pas aller au cinéma pour voir des paysans bouffer du riz avec les doigts". Moi j'ai adoré ce spectacle fait d'humilité et de simplicité, magnifié par le cinéma. La trilogie d'Apu, centre de la filmo de S.Ray, est à découvrir absolument pour les spectateurs curieux et exigents, ainsi que d'autres de ses films d'ailleurs.
Premier film de la trilogie d'Apu, le film est assez ambigu: certaines scènes sont d'une beauté saisissante ( quand le père apprend la mort de Durgha), d'autres franchement ennuyeuses. A voir tout de même !
Kurosawa disait: « Ne pas avoir vu le cinéma de Ray revient à exister dans le monde sans avoir vu le soleil ou la lune. » Et en effet, il faut voir un film du maître indien pour comprendre ce que le japonais Kurosawa a voulu dire dans cette phrase. Il y a des films qui vous font changer le regard, la perception que vous aviez du monde. La complainte du Sentier, le premier film de Ray est de ceux-là. La vie d'une famille miséreuse dans la jungle du bengale. Pas d'intrigue alambiquée ici, mais seulement ce tableau d'une vie dans la misére. Les gestes du quotidien, les petites bêtises des enfants, les médisances du voisinage, tout devient d'une importance capitale, alors que le souci principal est de se nourrir au jour le jour. Ainsi, Apu, le petit garçon qui grandit dans la famille est comme un cadeau, une joie qui leur permet de tenir alors que nulle perspective ne s'offre à eux. Apu représente à lui seul les espoirs d'une famille qui n'a plus rien d'autre. On ne peut s'empêcher d'être émerveillé devant les images, et ému face aux épreuves qu'ils subissent. Avec lenteur et empathie, Ray filme les instants de vie de cette famille, et sa caméra filme juste. L'ancien chef-opérateur de Renoir est aussi un virtuose de la caméra. Ray crée une oeuvre d'art, sans aucun doute, mais surtout un film humain. On ne s'habitue jamais ni de la misère du monde, ni de la souffrance des gens, mais il n'y a qu'en regardant Ray qu'on les réalise pleinement: Le film n'est pas ici qu'un défilé d'image, c'est une fenêtre sur des êtres humains. Satyajit Ray a réalisé un film magnifique: Il a réalisé un film qui touche l'âme.