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Pascal
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3,0
Publiée le 14 août 2022
Camera d'or au festival de Cannes en 2004, ( meilleur premier film de toute la compétition) présente à la semaine de la critique, " mon trésor " est au regard de son prix prestigieux, une petite déception.
Si l'interprétation est son point fort, le manque de point de vue de la réalisatrice Yedaya Keren, qui s'exprime dans un scénario pas très bien écrit, est au contraire son point faible.
Au travers de l'histoire d'une mère de famille isolée à Tel Aviv, qui se livre à la prostitution pour vivre et dont la fille jeune adulte, finit par elle aussi suivre la même pente, la cinéaste se contente de ce principe de départ, sans tenter de développer son propos.
Certes, on retrouve avec grand plaisir Ronit Elkabetz, très grande actrice israélienne dont les qualités sont exceptionnelles en compagnie de Dana Ivgy, (elle aussi à la hauteur mais écrasée par le talent de Elkabetz), mais au delà de la première demi-heure, le film finit par tourner en rond.
La réalisatrice veut elle nous faire part de l'impossibilité de s'extraire du tropisme familial ? de la pauvreté qui conduit à la prostitution ? de l'hypocrisie de la société qui condamne les mœurs dissolues mais qui en fait la permet, voire la favorise ?
Peut-être un peu tout ceci, mais le scénario et les dialogues ne sont pas à la hauteur pour emporter le spectateur sur le chemin de la réflexion de la cinéaste.
Keren Yedaya, dont la carrière sera peu fournie, (après ce premier film n'en mettra plus en scène que trois, dont " jaffa" toujours interprétée par Ronit Elkabetz) n'aura pas l'occasion de transformer son premier essai.
L'actrice Ronit Elkabetz, avec son frère Schlomi, passera elle-même la réalisation à la même époque que celle de " mon trésor ".
On doit reconnaître qu'elle surclassera d'ailleurs Yedaya avec " prendre femme" son premier film comme cinéaste.
Ceci dit, " mon trésor" se regarde avec intérêt et plaisir, même s'il laisse malheureusement l'impression de ne pas avoir été suffisamment travaillé dans sa seconde partie.
Toutefois, les aficionados de Ronit Elkabetz ne le manqueront surtout pas, l'actrice décédée prématurément en 2016, soit douze ans après ce film, n'a pas une filmographie suffisamment fournie pour manquer une seule de ses merveilleuses et formidables prestations.
Un bon sujet, des bonnes actrices, mais un ton un peu étrange. Peut-être à cause de la version(VF) ?, peut-être à cause d'un décalage culturel ? Au bout, j'ai eu du mal à sentir les tenants et les aboutissants. Qu'est qui les maintient dans cette vie ? Reste que leur quotidien est bien rendu et bien joué. Mais, comme on ne sent pas vraiment où on va, ça reste un peu creux.
Une claque ce film sur la prostitution, la difficulté d'en sortir, le cauchemar de la fille qui voit sa mère s'y noyer et tenter de l'aider contre son gré. Ceci n'est pas un spoiler, car tout cela on le voit ou on le comprend vite. Le film, c'est justement sur ce qui se passe après. A voir absolument !
Or, jolie jeune fille, voudrait extraire sa mère de la prostitution. Sa mère semble comme en proie à une addiction, elle ne peut s'empêcher d'y retourner. Que les conditions prostitutionnelles soient glauquissimes, sordides, la gênent beaucoup moins que d'aller faire le ménage chez une particulière. Sa patronne relève d'ailleurs que l'odeur (ou l'aspect) de la nourriture du chien semble la dégoûter. Nous spectateurs, la verrons plus tard faire affaire avec deux alcooliques quasi clochardisés, dans une ruelle sale au milieu du vomi de l'un des protagonistes. Bel exemple du fonctionnement par clivage, qui permet de s'extraire de tout ressenti propre, lorsque l'on commerce avec son corps. Le plus pathétique du film, c'est lorsque sa fille a opté pour le même mode de rétribution que sa mère. La fille montre sa propre détresse à sa mère, qui ne se représente même pas que sa fille puisse être mal. Seule sa détresse à elle existe et elle interprète les pleurs de sa fille comme attestant une nouvelle fois de sa tentative d'empêcher sa mère d'aller "au turbin". Or est en train de plonger (nous la voyons longuement faire la plonge et récurer les gamelles d'un restaurant) dans l'univers prostitutionnel de gains conséquents et rapides et sa mère n'en perçoit rien. La négligence parentale, certes fondée sur des failles narcissiques, n'en constitue pas moins une maltraitance avérée. Tous les petits boulots de la fille se déroulaient jusqu'alors dans l'univers du nettoyage (cages d'escaliers, plonge dans un restaurant, récupération de bouteilles consignées), le travail qu'elle trouve pour tenter de réintégrer sa mère, c'est celui de femme de ménage. En somme, rien que des tâches destinées à extraire la saleté (laver, récurer pour tenter de retrouver la propreté), mais existe-t-il d'autres voies de sortie de la prostitution, lorsqu'on est vulnérabilisé économiquement ? Point de père dans cette histoire. Les hommes, pour lesquels de l'amour existe, ne font que passer...
Derrière son apparente pauvreté en thème de contenu dramaturgique, Mon Trésor se révèle tout de même être un trésor (justement) de réalisation. A l'instar de ses héroïnes, elle est souvent "nue": peu voir pas de mouvements de caméra, de longs plans séquences souvent très beaux et silencieux. Keren Yedaya fait le choix audacieux de ne pas habiller ses plans avec une bande sonore, donnant au film un réalisme très fort, d'autant que les scènes sont crues mais sincères.Autre excellent choix, le duo d'actrices formidables: Ronnit Elkabetz n'est plus du tout dans l'élégance ou le charme, mais dans une espèce de décadence peu agréable à voir, peu soignée, obstinée et brisée. Dans le rôle de la fille, Dana Ivgy est simplement excellente: en se laissant filmée sous tous les angles, elle incarne parfaitement cette lente chute dans laquelle le film entraîne très doucement son personnage.
J'ai aimé, vraiment. La profonde humanité des personnages, leur vie, leurs défauts, leur petitesse qui rend les rend encore plus touchants. Un réalisateur à suivre, ainsi que les 2 actrices principales.
Un excellent film! Certes, par ces plan-séquences et par une absence de rythme, ce film déplaira à certains et pourtant! En effet, le film est poignant, les actrices sont parfaites. Le thème de la prostitution est abordée d'une manière fine, riche, subtile. Le film séduit par l'absence de jugement sur les deux protagonistes et c'est pour cela que l'attachement du spectateur sur ces deux femmes est d'autant plus fort. On ressent et on vit véritablement des émotions intenses, violentes sans qu'on est le sentiment désagréable d'être guidé. Un film bouleversant, poignant, par son authenticité, par l'absence de surjeu qui renforcerait le pathos, et qui laisse des traces. A voir absolument!
Un cinéma israélien engagé. Un sujet brûlant. Un film dur, cru, et sans espoir. Filmée comme un documentaire, au moyen de longs plans-séquences, cette oeuvre noire traite d'une fille voulant à tous prix et par tous les moyens extirper sa mère du milieu de la prostitution. Les actrices sont magnifiques et attachantes. Leur jeu tout en finesse et en émotions à fleur de peau est admirable. Une véritable descente aux enfers s'achevant de la manière la plus glaciale qui soit, sans une lueur d'espoir. Petit bémol néanmoins, un cruel manque de rythme.
Le début n'est pas bien passionnant. C'est lent, l'histoire n'avance pas particulièrement, et on reste assez passif devant ce qui semble être une banale illustration des relations mère/fille, même si cette première est une prostituée. Puis le film gagne en intensité et en force. La thématique change radicalement pour quitter le conformisme bien pensant et le politiquement correct dans lequel il semblait s'enferrer. Le film devient dur, cru et âpre, et on ne peut être qu'impressionné par la remarquable interprétation des deux actrices.
film poignant et bouleversant, très cru, et sans mièvrerie... on s'accroche à cette jeune fille de 17 ans, elle, positive, extrèmement mature et jusqu'à la fin on a foi en elle pour sauver cette mère attachante si fragile et si belle, pour la sortir de l'univers impitoyable de la prostitution, et la fin est à hurler de désespoir.... notre trésor est lui aussi perdu, on voudrait crier de douleur... très beau film presque "ducumentaire", à voir en s'armant de courage et de lucidité...
Portraits de femmes perdues. La réalisatrice suit ici le quotidien assez sordide d'une mère prostituée et de sa fille, ce qui lui permet de dresser à la fois deux beaux portraits de femmes désespérées, mais aussi celui d'une société tout entière. Traquant l'intimité de ses personnages, l'auteur parvient à créer une proximité entre le spectateur et ses héroines, ce qui fait qu'on se sent concerné par leurs malheurs. Avec un tel sujet, on pouvait aisément tomber dans le voyeurisme et le mélo racoleur, mais il n'en est rien. Le parti-pris de mise en scène est le bon : filmer le tout en caméra fixe par des plans séquences d'une durée raisonnable ; aucun effet de style ; pas de musique. La réalisatrice a joué la carte de la sobriété, ce qui a pour effet de renforcer l'impact de son film. Ainsi, le cadre paraît toujours trop petit et il n'est pas rare que l'action se situe hors champ. Comme la caméra est fixe, ce sont les personnages qui entrent et sortent du champ comme si le cadre les étouffait. Cela finit par devenir une métaphore de leur situation : deux femmes qui se retrouvent hors du cadre strict de la société et qui sont finalement prises au piège de leur condition. Un film rigoureux, mais particulièrement bien mené et qui passe très vite.
Un bon film ... Les actrices sont vraiment bien .De plus le sujet est traité de façon juste, avec beaucoup de réalisme.On ne tombe jamais dans le pathétique ou le voyeurisme excessif...A voir.
Si vous voulez voir un film de Noël, passez votre chemin. C'est dur. Très dur. Une descente aux enfers filmée sans aucune concession. Mais quelle intensité! Porté par une interprétation absolument magistrale, le film nous entraîne dans le quotidien de ces deux femmes. Un quotidien synonyme de lutte. De lutte au corps à corps entre mère et fille, entre déchéance et rédemption, entre sexe et amour. Une lutte longtemps incertaine: le film atteint son intensité maximale dans ces instants où on ne sait pas de quel côté va pencher la balance, où tout se joue sur des riens, sur des hasards, des choix d'un instant. Il y a là un grand talent scénaristique, doublé d'un art de la mise en scène très efficace. Un uppercut!
Mon trésor a une forme très particulière : la réalisatrice pose sa caméra dans un coin de la scène et, tel un documentariste, observe ce qui s'y passe. Sauf qu'il y a des acteurs (-trices), ce qui leur oblige un jeu impeccable ; pas de rattrapage au montage. Heureusement, l'interprétation est irréprochable, les deux actrices sont excellentes. Il n'y a pas d'apitoyement sur les personnages, pas de glauquerie forcée et futile, une réalité nue avec autant de joie que de peine. Mais l'ensemble manque cruellement de rythme. Le temps se dilate dans la salle et l'ennuie pointe, mêlé à une fausse impression de redondance. Le dernier quart d'heure rattrape notre attention. Presque trop tard.