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inspecteur morvandieu
98 abonnés
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2,0
Publiée le 22 novembre 2025
Mitsou est une artiste de music-hall entretenue par un bourgeois à qui elle doit son surnom. La comédie, d'après Colette, se déroule pendant la première guerre mondiale, qui est bien loin et n'existe qu'à travers le beau lieutenant dont Mitsou s'est éprise. La réalisatrice Jacqueline Audry filme en couleur de jolis décors fin de Belle Epoque ; elle filme aussi sa fidèle et charmante Danièle Delorme, sur scène ou dans l'intimité, dans des postures volontiers sensuelles, en déshabillé ou en costumes de scène. Flatteur d'un point de vue esthétique, le film est moins réussi sur le fond. Mitsou, sous-titré "ou comment l'esprit vient aux filles" -par l'amour sans aucun doute- présente une héroïne populaire, écervelée et sans beaucoup d'instruction, qui se sent contrainte, pour complaire à son officier exigeant, de s'éduquer. Mais le portrait manque coupablement de vérité et de complexité. Imprécis et très condensé, le récit aligne aussi pas mal de clichés. Ainsi le personnage de vieux beau et de quinquagénaire relégué qu'incarne Fernand Gravey, co-vedette et rôle épisodique du film, reste-il à a surface. Danièle Delorme -déjà mise en scène par Jacqueline Audry sous les traits de Gigi et de Mine l'ingénue- interprète, de son côté, une autre version de femme-enfant par Colette ; le personnage semble trop peu sincère, surtout dans le chagrin amoureux. On peut aussi mesurer la futilité de l'adaptation dans le dénouement, facile et très vite expédié.
L’appel de la jeunesse face au respect de l’âge. On comprend la petite jeunette qui fuit sont protecteur de 50 ans. Ce sont des histoires et des films totalement désuets. Certes charmant dans la forme et le fond d’ailleurs, mais fondamentalement daté et niais à souhait. Pour la curiosité.
Le roman de Colette avait une fin ouverte, ce qui en faisait une leçon de vie. Jacqueline Aubry a préféré une fin conventionnelle ce qui en fait un récit à l'eau de rose bien gnangnan. Si on y ajoute une mise en scène sans imagination, des scènes ratées et un kitch à peine croyable dans les scènes de music-hall, il ne reste rien. Sauf peut-être la beauté de Danielle Delorme et la gouaille d'Odette Laure. Un film oublié, on comprend pourquoi !