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Un visiteur
1,0
Publiée le 29 septembre 2006
La première demi-heure du film est très intéressante. Bon, il a coupé sa moustache, personne ne le remarque et alors ? Et alors on se pose plein de questions à ce moment. On tente de comprende en même temps que Vincent Lindon ce qu'il peut bien se passer ; on imagine plusieurs hypothèses qui pourraient expliquer une telle situation. Mais à partir de là : plus rien. Il apparait clairement qu'après avoir eu une bonne idée et avoir déckanché l'intrigue, Emmanuel Carrère ne sait plus comment s'en sortir. Il passe par le fantastique, puis fait des pirouettes qu'on ne comprend pas trop pour essayer de s'en sortir. Au bout du compte, une longue période de muet, et une fin désolante de néant.
Tout le monde a noté le parti-pris de ne donner aucune piste sur la réalité (la véracité ?) des choses. Qui est fou, qui ne l'est pas? Quels faits ont existé, lesquels n'ont pas existé ? Mystère. L'agacement ressenti par tous vient de ce que notre société occidentale a besoin de débuts, de fins, de motivations, même troubles, mêmes fausses. Ici rien qu'un récit en deux temps, à Paris puis à Hong-kong, d'un homme sans repères si ce n'est sa moustache et un lien avec la réalité qui se délite au fur et à mesure que le film progresse. On finit par ne plus être certain de quoi que ce soit sur qui que ce soit. Et c'est cela qui est dérangeant. Rappelons nous seulement que ce mode de pensée dit occidental n'est pas le seul possible. Dans nos jeunes années l'Orient a même été quelques temps à la mode et notre génération (les quinqua 2005) a été bercée par Hermann Hesse et son roman SIDDHARTA. Se laisser bercer par l'absence de causalité est le meilleur moyen pour apprécier au mieux ce film et le jeu remarquable de Vincent Lindon et d'Emmanuelle Devos. A noter que la fin du film est beaucoup plus soft que la fin du roman et le film tient la route tout de même.
J'ai hésité longtemps mais finalement je n'ai aucun regret quant à avoir repris mon parcours cinématographique par cette moustache. La réalisation, l'interprétation et la musique y sont parfaites. Mais la condition préalable pour en profiter au maximum est d'adopter l'état d'esprit de son porteur (super Vincent Lindon divinement accompagnée par une Emanuelle Devos à la présence éclatante), d'avoir conscience de sa propre dépendance envers son cerveau et de sa manière de traiter les informations recues ou non, rêvées ou non. A partir de là, l'heure et demie que dure la séance passe très très vite, et en sortant vous vous demandez si la main que vous tenez est celle de votre amie ou si vous allez vous réveiller au fin fond de l'asie, si vous êtes vraiment ceci ou plutôt cela, comment s'en assurez ? D'ailleurs ai-je écrit cette critique ou en êtes-vous l'auteur, vous qui la lisez ?
Le film commence avec la moustache d'un homme coupée, et des poils rapidement emportés par l'eau d'un évier. Hélas, un peu plus lentement, certes, mais tout aussi assurément, c'est tout notre engouement pour le film qui est lui aussi emporté peu à peu et complètement coupé. En effet, un homme, plongé en plein délire, s'évade vers Hong Kong, laissant derrière lui son entourage, leurs incompréhensions... mais aussi les spectateurs. Ce délire skyzophrénique nous invite finalement à participer à un jeu de cache-cache fatiguant et ennuyant dans lequel on rechercherait la vérité. Mais, très vite, stop...on n'a plus envie de jouer. L'idée est finalement trop facile : prendre le spectateur, le plonger dans le doute en le balançant du côté d'un personnage, puis des autres...et recommencer. Ce jeu aurait pu être intéressant mais hélas, certaines scènes sont très longues et très vite, on est plus lassés qu'intrigués par le doute. Et si on rasait La Moustache de notre mémoire ?
Est-il fou ? Est-il victime d'un sale complot ? Ce qui se présentait comme un casse-tête potentiellement passionnant tourne vite court dans la mesure où le personnage principal ne s'en remet même pas aux tests les plus élémentaires pour résoudre l'énigme. Les scènes où le doute n'est pas encore levé sont parfois intéressantes mais surtout répétitives. Les suivantes laissent perplexe : le spectateur tourne en rond, comme le personnage, il n'y a donc plus rien à attendre d'un dénouement qui n'a plus aucune espèce d'importance. N'ayant pas lu le bouquin, je ne peux pas dire si c'est la transposition sur écran qui pêche, toujours est-il qu'en dépit d'une interprétation honnête, on a une impression de gâchis en sortant de la salle.
Intrigant,troublant parfois,la moustache n'arrive pourtant pas à nous captiver outre mesure,peut être la faute à une atmosphère pas assez travaillée et à des longueurs dans la seconde partie(le voyage),Vincent Lindon et Emanuelle Devos,excellents valent à eux seuls le détour,puisque le scénario lorgnant vers Lynch n'arrive pas à décoller.Au final un film agréable mais bien en deca de ses ambitions premières.
Ca te ferait quoi si je me coupais la moustache ? Pas meme un scenario pour un film d' une heure et demie. Le film creuse une idée (trop) originale et repose principalement sur la troublante prestation d'un lindon étonnant. On peut regretter parfois la longueur de certaines scenes rasoirs...
Une atmosphère irrespirable, à la limite du malsain... Une sensation bizarre en quittant la salle, comme un malaise permanent...
Je conçois que certaines personnes aient pu trouver le film "lent", qu'il ne se "passait rien"... Mais si on arrive à "vivre" le film, à se plonger dans l'univers des personnages, on ne voit franchement pas le temps passer... On est porté, balloté plutôt, au gré des pérégrinations de Vincent Lindon... On erre avec lui, que ce soit de bateau en bateau ou de désillusion en désillusion... On ne comprend pas, on est comme lui à la recherche de certitudes... J'ai rarement vu un film qui fasse aussi bien partager les sensations de son protagoniste principal... Un film fort et dérangeant...
Ce film au sujet inninterressant est un mélange d'incompréenssion (le coup de la moustache rasé) et de surprise surprenante(péjoratif) (le coup de emmanuel béart qui réapparait en Chine subitement). Le réalisateur à voulé faire un film d'intellectuel avec un moralité et tout le tintouin mais sans succès. Le film aurait pu avoir un sens si il avait été de Science-Fiction au lieu de Comédie Dramatique.
Une très bonne idée de départ, vraiment très efficace sur la première demi-heure du film, Vincent Lindon décide un jour de raser sa moustache qu'il a depuis 15 ans et il s'avère que personne ne s'en est aperçu ni sa femme, ni ses amis... Le problème c'est que le film s'attarde là-dessus, on souhaiterait se retrouver très dans un bon thriller français ce qui n'arrive pas, on assiste péniblement à la descente aux enfers du cerveau de Vincent Lindon qui ne maîtrise plus l'espace et l'époque à laquelle il vit. Le film n'est d'ailleurs plus maîtrisé, des plans séquences en veux-tu en voilà qui rendent le film très décevant au final même si les acteurs délivrent de belles prestations. Une fin très ambigu et ouverte...heureusement que le film ne dépasse pas l'heure et demie !
Je n'ai pas aimé, je l'ai même trouvé mauvais. Fin incohérente, absence de dialogues, de logique dans la réaction des personnages, on ne comprend pas le but du film. Le personnage ne parait même pas fou, il n'insiste même pas avec les photos où on le voit avec sa moustache pour tenter de convaincre sa femme. En faite il cherche à peine à lui prouver qu'il en avait une. Il reste souvent passif et on ne comprend même pas pourquoi il irait mal ou pourquoi il aurait des allucinations. A la fin on se dit que ce film ne sert à rien. C'est dommage, le sujet m'a plut au début et les acteurs jouent bien. C'est vide.
La première partie qui oscille entre rêve et réalité destabilise le spectateur jusqu'à creer une atmosphère étrange et inquiétante. Ce film interpelle mais inquiète surtout ; que se passe t-il réellement? Vincent Lindon est-il manipulé par son entourage ou simplement parano? La seconde partie est étrange; crapahuté à l'autre bout du monde en un rien de temps le spectateur décroche et s'ennuie par ces images sans paroles et sans explications. La fin laisse dans l'incertitude car aucune réponse n'est donné et laisse chacun sur sa faim.
Déroutant, troublant et passionnant. Carrère nous plonge dans les méandres dans un esprit torturé sombrant peu à peu dans la folie et la paranoia. On pense bien sur à David Lynch quant à l'univers à la fois torturé, incompréhensible, mais Carrère adaptant son propre roman fait preuve d'une rare sensibilité pour un premier film. Ne prenant pas le parti pris de tout révéler, Carrère se permet meme de compliquer l'intrigue avec une rupture totale de ton lors de "l'exil" du personnage principal à Hong-Kong. Ces scènes à la fois poétiques et surréalistes ne font qu'aspirer plus profondément le spectateur dans une spirale psychologique dérangeante mais dans laquelle on sombre volontiers. Vincent Lindon est l'incarnation idéale de cet etre psychologiquement atteint et démontre sa faculté de passer d'un extreme à l'autre, de l'inquiétude à la dérision (le film ne manque pas d'humour) en passant par l'incompréhension et le désespoir. Carrère se révèle etre un bon directeur d'acteurs. Emmanuelle Devos est comme d'habitude très bonne et on regrette que la participation de Mathieu Amalric soit aussi brève...toujours est-il que Lindon, quasiment de tous les plans, n'a jamais été aussi bon et signe ici une ses plus belles prestations.