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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Déprimant mais à voir absolument, le constat est terrifiant. Dommage que l'auteur mélange un peu tout. Je ne pourrai plus manger de perches du Nil mais... est-ce vraiment la bonne solution pour les pêcheurs qui en vivent ?
Une descente aux enfers de 2 heures. Ceux qui critiquent le film prétextant qu'il "n'avance aucune preuve", ne fait pas une enquête/investigation objective et poussée n'ont rien compris. Comme le dit le réalisateur lui-même : "la plupart d'entre nous connaissons les mécanismes destructeurs de notre temps sans vraiment en prendre conscience." Pour combler ce vide entre connaissance et conscience, il s'agissait évidemment de nous faire vivre la situation de l'intérieur. Aucune interview donc d'"experts", de politiciens, etc., seulement le témoignage de ceux qui vivent l'enfer au quotidien, leur tentatives dérisoires pour comrendre ce qui leur arrive... et nous face à notre conscience qui éclaire brutalement notre savoir... Dans la position où l'on est (c'est-à-dire les responsables indirects) nous n'avons pas le droit de dire qu'il s'agit "d'un film de plus sur la misère en Afrique", "racoleur" ou je ne sais quoi. Nous devons plutôt réaliser que voir ce film est un devoir de citoyen du monde.
Un superbe film, plus qu'un documentaire ce film montre comment des pays africains comme la Tanzanie sont près a boulverser un écosystème et handicapés l'économie des petits citoyens pour acheter non pas de acheter de la nourriture ou des produits pour la population mais des armes...
La loi de la jungle, la loi du plus fort... c'est bien cette loi qui régit notre monde, tant la population piscicole du lac de Victoria sur le continent africain ou la perche du Nil a anéanti le biodiversité du lac que les relations "humaines" Nord-Sud sur notre belle planète. Ce film documentaire dénonce impitoyablement la mondialisation libérale. Pas besoin de grands discours et d'explications pointues ; quelques moments de "vie" de ces petits villages qui bordent le lac sont filmés simplement, à brut, même si parfois c'est peu brouillon et ça s'éparpille. On pourrait se dire que c'est dégueulasse ce que font ces transporteurs russes , sauf que le coeur du système c'est bien nous Européens qui l'orchestrons : c'est nous qui mangeons la perche du Nil, c'est nous qui finançons ce commerce et ces usines là-bas, c'est nous qui vendons nos armes à ces pays .... et c'est nous qui amenons de temps à autre quelques colis humanitaires.
Effroyablement génialissime! Toute la force du film réside non pas dans cette histoire de perche du nil (qui n'a rien demandé, d'ailleurs), mais dans sa faculté à nous mettre sous le nez des évidences qui crèvent trop les yeux pour qu'on les voit réellement. Je n'en dirais pas plus, le film se passe presque de commentaire. En tous cas, préferez le brochet de loire, c'est probablement moins bon, mais au moins ça ne ruine pas le tiers-monde (s'il en reste encore un bout à ruiner...)
On s'imagine connaitre l'ampleur et les raisons de la misére en Afrique alors qu'il n'en est rien.
J'ai failli quitter la salle au moment où un gamin des rues qui est dans un état pitoyable, explique avec un regard mal assuré que, plus tard, il aimerait etre instituteur. Le traducteur Tanzanien ne peut étouffer un petit ricanement car le gosse ne sait probablement ni lire ni écrire et qu'il sera surement mort avant d'avoir atteint l'age de la majorité. Ce rire était surement plus nerveux et provoqué par la douleur due à la connaissance de la situation de ses concitoyens qu'autre chose mais, le gamin qui hésitait déjà à s'exprimer et qui, malgré tout, s'était un peu ouvert, baisse les yeux, car il a compris qu'il a donné sa confiance à tort. Il reprend l'attitude fermée qu'il avait au début, car ces adultes là sous-entendent que, pour lui, l'avenir n'existe pas.
Hubert Sauper nous offre un regard et une réflexion sur cette partie de l'Afrique comme on en diffuse jamais. Outre des images d'une extreme crudité sur les conditions de vie de la population et une constatation de l'épuisement des ressources organisé par nos soins, il nous montre comment, en Tanzanie, des tonnes de poisson et de riz peché et cultivé par les travailleurs locaux qui ne gagnent pas assez pour acheter le fruit de leur travail partent, chaque jour, en direction de l'occident tandis que la famine sévit dans le pays.
Il nous présente, à travers les paroles d'un veilleur Tanzanien, la guerre comme unique moyen d'obtenir de la nourriture. Le travailleur explique que les Tanzaniens espérent majoritairement l'arrivée d'une guerre qui aura pour conséquence l'envoi de nourriture en provenance de l'occident...
Et dans le meme temps, les avions Russes chargés d'acheminer le poisson en Europe, aménent dans le pays, des armes de chez nous, sans lesquelles ladite guerre demeurerait impossible.
Mais, grace à elles, nous aurons enfin une bonne occasion de leur renvoyer leurs sacs de riz...
Choquant ! Voulant dénoncer des pratiques inimaginables, Hubert Sauper livre un documentaire fort dans le fond : problème sociaux, environnementaux, économique, éthique aux bords du Lac Victoria à cause de la Perche du Nil. Cependant, la forme pousse à l'ennui avec de nombreuses séquences inutiles.
Si Darwin faisait un cauchemar, ce serait sans doute celui-là. Sa théorie de lévolution tenait de larbitraire. Le hasard et la loi du plus fort choisissait pour le monde. Voici ce que ça donne quand on manipule les préceptes Darwinien, lorsque lon remplace larbitraire, le hasard, par la malveillance et le profit. LAfrique meurt. A petit feu. Dans ce documentaire, on expose, on décortique tous les tenants et les aboutissants de ce qui constitue le problème africain : sida, business, guerres, trafic darmes, prostitution, mercenaires, famines, enfance et jeunesse déchirées. Impossible de ne pas être révolté par ce que lon voit, ce que lon entend, ce que lon devine. Cest la force de ce film, qui déroule tranquillement son épouvantable fil dAriane, sans jamais énoncer de vérités trop hâtives, traquant la vérité derrière les sourires de façade, derrière les murmures des uns et des autres, dun bout à lautre de la chaîne. Il faut juste se souvenir de ce que fut le Grand Lac Victoria autrefois. Le berceau de lhumanité, le lac le plus riche du monde, le plus fertile, le plus divers. Cest un film dune colère froide, dune intelligence rare, et qui fait appel à lintelligence du spectateur (ce qui est encore plus rare), un film qui ne suggère jamais, mais qui démontre implacablement la faillite de lhomme à partager, à vivre ensemble en toile de fond, la faillite (volontaire ou non à vous de choisir) de lUnion Européenne à trancher la question du libéralisme sauvage.
C'est plus un documentaire qu'un film mais il m'a beaucoup touché. On se rend bien compte de la dureté de la vie dans ce pays et au fur et à mesure que le film se déroule, on en comprend l'horrible titre. Ce film devrait être projeté à l'école tellement il est instructif. Je le conseille à tout les plus de 12 ans.
Un excellent documentaire témoignant de la qualité de vie desastreuse en Tanzanie et du honteux commerce d'armes dans ce lieu parsemé de pauvreté. A voir
Commencer par le poisson pour soulever tous les problèmes de lAfrique, cest une bonne méthode qui se respect. Enfin un vrai documentaire qui touche la sensibilité des gens. Le découpage des scènes, la chronologie des évènements est vraiment excellente. Je pense que le documentaire en lui-même est vraiment objectif, il expose tous les protagonistes de manière objective, ceci laissant au spectateur un maximum de manuvre pour se faire sa propre opinion et vision de la situation.
Un documentaire surprenant. Unité de temps et de lieu, parfait décor pour une démonstration (parfois facile malheureusement) des limites de notre société. Comment peut-on continuer à être inconscient et égoïste à ce point là... Personne n'est blâmé directement et cela donne une idée d'à quel point l'homme et ses intérêt directs ajoutés à l'avidité destructrice de rentabilité de notre système décadent, peuvent détruire des vies, voir des peuples. Simple, efficace et troublant. Il est grand temps de réflechir...
Autour du lac, l'auteur dessine la toile de l'enfer. C'est ce qui fait un chef d'oeuvre de ce documentaire: il se contente de surligner l'existant. Il "donne à voir", sans chercher ostensiblement à comprendre, encore moins à expliquer. A l'inverse des docus de propagandes auxquels on semble nous habituer, il suggère une réalité plus complexe que l'adage simpliste: "la mondialisation, c'est mal". Certes, ses conséquences sont dramatiques. Comme sont dramatiques l'incurie des dirigeants de la Tanzanie (qui vivent pépères en Suisse de la sueur de leur peuple), la pauvreté de ce pilote russe qui livre des armes en pleurant pour nourir sa famille (à ce propos, chapeau bas!combien de mois de travail pour le mettre en confiance?), l'opportunisme de ces chefs d'entreprise indiens ou thaï qui transforment le poisson, quand le Tiers monde exploite le Quart, la sotte bonne conscience de ces membres d'ONG qui se complaisent en cocktails inutiles et réunions savantes........ La façon dont les événements s'imbriquent les uns dans les autres, plus encore que la misère extrême qui en résultent, glacent les sangs.