Le passage du petit au grand écran d'Allen Coulter était attendu. Sétant illustré dans des séries célèbres, on comptait sur un film décalé au langage percutant, et lon y trouve quune uvre filiforme, non dénuée de charme, mais manquant cruellement de fièvre.
Le scénario pourtant se voulait ambitieux. Nous sommes à laube des années 60, fin de la grande époque dun Hollywood confronté à la concurrence de la télé et qui nest plus que la caricature de ce que donnèrent pendant quarante ans les grands studios. La rentabilité à tout prix, les scandales provoqués, les magouilles sont devenus les maîtres à penser de cet univers moribond. Le rêve y trouve encore sa place, mais il tient de lillusion. A limage de Georges Reeves, jeune premier sur le tard, qui veut devenir un Spencer Tracy, là où simposent les figures de légendes « qui parlent dans leurs dents » à la James Dean ou Marlon Brandon. Plus escort boy que véritablement acteur, il trouvera son salut, et par là même sa perte en incarnant Superman à la T.V. On le retrouve mort, une balle dans la tête. Suicide ? Meurtre ? Cest au tour de Louis Simo, détective privé dentrer en scène. Il revendique la thèse du meurtre, plus par opportunisme que par conviction.
Ce sont deux marginaux qui évoluent dans un milieu hostile. Reeves, incarné avec conviction par Ben Affleck, le pseudo acteur empâté ringard, naïf rejeté et gaussé par tous et Simo, ardent Adrian Brody trop égal à lui-même ici, le détective qui est lantithèse du privé de lépoque : débraillé, ne fume pas, ne boit pas. Ces deux individualités sont jumelles. Pugnaces, sûr delles, elles caressent un idéal de vie qui leur est à jamais inaccessible et savèrera douloureux.
Ce film pêche par manque dambition et on ne peut que le regretter. Certes la partie relative à lunivers de Georges Reeves est plutôt bien menée et inspirée. Mais ces efforts louables seffondrent quand il sagit de lenquête avec son traitement trop aseptisé et un peu conformiste.