Cinéma : vérité ou mensonge ? C'est peut-être l'un des enjeux les plus importants instaurés par la filmographie d'Abbas Kiarostami, notamment avec ce passionnant Close Up. Film hybride - puisqu'il emprunte à la forme documentaire mais qu'il reconstitue l'évènement par le biais d'artifices fictionnels dans le même mouvement - Close Up propose un vrai regard de cinéaste en même temps qu'une authentique réflexion sur le pouvoir et la reconnaissance. Totalement vampirisé par sa raison d'être - celle d'un cinéphile tiraillé entre sa condition sociale et ses idéaux culturels - le héros du film parvient à se décharger de ses frustrations sous l'oeil bienveillant de Kiarostami, au détour d'un faux procès réitérant l'original. Sorte de copie conforme - mais anticonformisme - d'une réalité douloureuse pour son protagoniste, Close Up rend effectivement compte de l'omnipotence du cinéma sur le spectateur. Là où le film devient pratiquement vertigineux, c'est donc dans son rapport au réel. Kiarostami attend, Kiarostami laisse couler, Kiarostami capte enfin... Bref, il apprivoise le réel sans manières pour se concentrer sur l'essentiel : un mensonge rigoureux et authentique. Une petite leçon de cinéma : tel est Close Up.