"Can I trust a monkey ?"
Après quelques films coups de poing dans les années '70 (Vol au Dessus d'un Nid de Coucous, 1975, Ragtime, 1981), Miloš Forman s'est aventuré dans les biographies de personnages controversés, à contre-courant de la société ou du pouvoir en place (Amadeus, 1984, Larry Flint, 1996, Man on the Moon, 1999) et encore le cas avec Les Fantômes de Goya, peintre espagnol dont l'oeuvre s'enroule à la conjonction des XVIIIème et XIXème siècles, période de profonds changements.
Au scénario, on retrouve Jean-Claude Carrière, qui a déjà collaboré auparavant sur le Valmont de Forman (1989), spécialiste renommé d'adaptations diverses et auteur de plusieurs pièces historiques. On notera que cette biographie est en partie fictionnelle, prétexte à peindre un climat d'époque, ma contre-attaque de la sainte Inquisition espagnole au temps des Lumières. Suite de scènes assez déliées, le film est aussi l'occasion de se pencher sur les techniques en peinture et en gravure en cette époque de diffusion médiatique avant l'heure (et sous le manteau).
Pour interpréter cette fresque, un Stellan Skarsgård étonnamment lumineux, un Javier Bardem, qui débute sa carrière internationale, surprenamment obséquieux, un Michael Lonsdale en religieux candide (l'habit clérical lui sied à merveille) et une Nathalie Portman bouleversante se donnent la réplique.
Hélas, malgré une interprétation plus que correcte, une réalisation parfaite et une reconstitution remarquable, le scénario pèche par de grosses ficelles et des exagérations rocambolesques qui nuisent fortement au propos, dénoncer l'arbitraire sous quelque forme qu'il paraisse et les horreurs qui en résultent, sublimées par le peintre.
Défi raté. On retiendra seulement la prestation de Nathalie Portman.