Avec « Dead Reckoning », Humphrey Bogart retrouve le genre de rôle, celui d’un enquêteur macho viril, qui l’a propulsé au sommet grâce à des films comme « Le Faucon Maltais » ou « Le Grand Sommeil ». Ici, sous la direction de John Cromwell, il campera un capitaine qui enquêtera sur la mort d’un de ses amis sergents.
On retrouve donc un Humphrey Bogart vengeur suite à la mort de son amis dans cette histoire, raconté avec divers flash-back et voix-off, dans ce film réunissant plusieurs éléments majeurs du film noir, que ce soit à travers le personnage de Humphrey Bogart, la femme mystérieuse et fatale, l'intrigue alambiqué ou encore l'atmosphère alternant fumées de cigarettes, imper, armes ou encore vapeurs d'alcool. Mais malheureusement, si celui-là fait aujourd'hui partie des films oubliés (mais encore trouvable, surement dû à la présence de Bogart) c'est plutôt justifié. Pourtant le début commence vraiment bien, le suspense et le mystère sont à leurs comble mais malheureusement, le réalisateur peine à vraiment nous passionner pour cette histoire, il n'est pas très inspiré dans sa mise en scène. L’intrigue et le style semblent parfois se rapprocher de « Le Grand Sommeil » et si la comparaison devient presque inévitable, elle joue en la défaveur du film de Cromwell que ce soit dans l’intrigue ambigu et complexe (mais compréhensible) ou encore du personnage féminin qui ressemble étrangement à celui de Lauren Bacall, mais dont l'interprète n'arrive malheureusement pas à la cheville. On notera aussi quelques seconds rôles très peu mis en avant alors qu'ils aurait pu être intéréssant. Bien évidemment tout n'est pas non plus à jeter, Bogart est excellent et le film se regarde sans ennuie, mais c'est trop peu pour convaincre totalement.
Bref, l'adhésion n'est pas totale, le film noir a donner beaucoup mieux et c'est finalement une déception malgré que l'ensemble se laisse regarder sans ennuie et qu'un minimum de mystères tient tout le long du film.