Biopic coécrit et réalisé par Claude Chabrol, Landru est un film franchement moyen. L'histoire retrace la vie du tueur en série Henri Désiré Landru qui, pendant la Première Guerre mondiale, a séduit des femmes seules et riches dans le dessein de détourner leur argent à son profit en leur faisant signer des procurations avant de les assassiner dans sa maison de campagne puis de faire disparaître leurs corps en les brûlant dans un fourneau. Ce scénario retraçant le périple meurtrier du premier tueur en série français connu s'avère hélas peu captivant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures. Pourtant l'intrigue est prometteuse car l'existence de cet homme est intéressante, mais le récit proposé n'est pas à la hauteur de sa funeste légende. La faute à une première heure redondante nous montrant le processus du tueur qu'il réitère onze fois, comme le nombre de ses victimes. La deuxième heure retraçant son arrestation et son procès est un peu plus captivante, sans pour autant tenir en haleine. La faute en partie à beaucoup de manquements concernant son parcours criminel. Car avant de commencer à tuer, l'homme enchainait les délits pécuniers mais tout cela est oublié, l'histoire commençant à partir du moment ou il se met à tuer. L'autre problème majeur provient du ton employé, celui de la comédie dramatique. Ces deux aspects ne sont pas assez poussés et le premier n'a pas vraiment sa place ici. De plus, il manque clairement d'une ambiance faite de tension et de menace. L'ensemble est porté par un personnage principal bien incarné par un Charles Denner à la voix marquante. Il joue parfaitement ce rôle de gentleman élégant et courtois qui cache en réalité une facette beaucoup plus sombre. Il est entouré par une distribution interprétant le rôle de sa famille ou de ses victimes comprenant Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Stéphane Audran, Françoise Lugagne, Juliette Mayniel, Hildegard Knef, ou encore Jean-Louis Maury en commissaire. Tous ces individus entretiennent des rapports artificiels ne procurant malheureusement aucune émotion. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits, déclamés par la verve poétique du tueur amateur de bons mots et de belles tournures de phrases. Mais là encore, il manque trop de ses répliques cultes dans le métrage. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère peu qualitative. Sa mise en scène est beaucoup trop basique et n'ose pas montrer les horreurs commises à l'écran. Résultat, cela manque de scènes mémorables car les meurtres se font hors champ et seuls quelques éléments sont visibles pour nous faire comprendre l'atrocité de ses méfaits. Ce visuel quelconque est accompagné par une b.o. assez légère ne collant pas avec les actes commis. Elle est en partie responsable du manque d'atmosphère. Seule la dernière mélodie qui se fait entendre mérite des louanges. Mais elle arrive bien trop tard et on aurait aimé des airs inquiétants et puissants de cette qualité tout du long. Reste une fin plutôt satisfaisante venant mettre un terme à Landru qui, en conclusion, est un film hélas dispensable malgré son sujet attirant.