Note moyenne
4,0
55 notes
En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
5
1 critique
4
7 critiques
3
6 critiques
2
2 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Filtrer par :
Toutes les notes
«Les contes des chrysanthèmes tardifs» (1939) de Mizoguchi est un monument de poésie cinématographique, digne, comme le sera encore «Cinq femmes autour d'Utamaro», des chefs-d'oeuvre des années 50. Le réalisateur japonais nous y dit ses convictions sur l'art, en nous contant le parcours d'un acteur de Kabuki, mais aussi et surtout en prenant soin d'élever le conte en question au rand de chef-d'oeuvre. Il faudrait des pages et des pages pour décrire minutieusement le génie avec lequel le réalisateur met en forme le contenu de ce bijou de poésie lyrique. Il faudrait d'abord évoquer son art incroyable de la composition du plan qui use de toutes les ressources des architectures intérieures japonaises, découpant l'espace de manière infiniment diverse pour y situer ses personnages de manière toujours signifiante, avec un usage étonnant de la profondeur de champ, mais aussi du hors-champ; ensuite son art subtil et ductile des mouvements de caméra, lesquels scandent le jeu et le discours des acteurs avec une plasticité étourdissante; ensuite son usage des éclairages, répartis sur diverses sources et dosés avec minutie; enfin le génie avec lequel il met tout cela en mouvement dans de longs plans-séquences qui composent une symphonie visuelle merveilleuse que je ne suis pas près d'évacuer de ma mémoire. J'épinglerai deux séquences exemplaires: celle de la première rencontre entre Otoku et Kikunosuke, filmée en contre-plongée, sous la forme d'un long travelling latéral évoquant la peinture sur rouleau; ensuite celle où Kikunosuke recherche Otoku dans un train et qui, usant à nouveau du travelling latéral et filmant le héros en arrière-fond du décor, procède à d'étonnantes accélérations du rythme. Citez-moi un seul réalisateur actuel dont l'art de l'organisation du mouvement et de l'espace arrive à la cheville de celui de Mizoguchi et je me transforme en cactus nain! Un film prodigieux!
Les films de Mizoguchi sont absolument tous à revoir.
Ces "Contes des chrysanthèmes tardifs" sont des belles esquisses des grands films des années 40/50, où le cinéaste japonais y mêlait avec sûreté des plans séquences majestueux et des mouvements de caméra déjà magnifiques.
Ces "Contes des chrysanthèmes tardifs" sont des belles esquisses des grands films des années 40/50, où le cinéaste japonais y mêlait avec sûreté des plans séquences majestueux et des mouvements de caméra déjà magnifiques.
- Meilleurs films
- Meilleurs films selon la presse