Ayant réalisé plus de 50 films en 30 ans de carrière, Ernst Lubitsch signe son quatorzième film parlant avec « Rendez-Vous » où il nous emmène à Budapest dans une boutique de maroquinerie où deux vendeurs ne s’entendent pas. L’un correspond par petites annonces avec une femme qu’il n’a jamais vue mais il va très vite se rendre compte que celle qu’il aime n’est autre que sa collègue de travail…
Ce qui frappe en premier, c’est la manière dont Lubitsch rend ses personnages attachant, bénéficiant notamment d’une écriture de qualités, fine et intelligente. Il prend le temps de les présenter, de se les faire rencontrer, de filmer des scènes de vies banales ainsi que leurs évolutions et il donne une dimension sentimentale et mélancolique importante à son œuvre. Ce qui les rend encore plus touchant et attachant, c’est qu’on sent que ses personnages sont proches de nous, qu’ils sont fragile et ne savent pas toujours comment s’y prendre. Lubitsch arrive à être toujours juste vis-à-vis à des sentiments, sans jamais tomber dans la lourdeur ou la caricature, il est toujours d’une grande justesse. Il n’hésite pas à user (intelligemment !) de quiproquos ou autres gags en tout genre, faisant souvent mouche.
Si les personnages sont aussi bien réussis, c’est aussi grâce à leurs interprètes. James Stewart est une fois de plus génial, campant à merveille son personnage et Margaret Sullavan lui donne de belle manière la réplique. Pour ma part c’était ma première expérience avec le cinéma de Lubitsch et surement pas la dernière. Il nous livre un film léger, marrant, subtil, attachant, très bien écrit et réalisé et campé par deux acteurs au sommet.
Une comédie romantique qui fonctionne à merveille grâce à un duo d'acteurs exceptionnel : James Stewart et Margaret Sullavan et plus globalement un casting excellent et un rythme parfait. Le scénario est très bien réfléchi avec des dialogues très pertinants. Il ouvre également la voie sur l'aboutissement de la réflexion (cf Matuschek). On regrettera une petite perte de temps vers la fin du film. L'image est sublime, les plans très travaillés. Ernst Lubitsch réalise un chef-d'oeuvre, un classique de la comédie romantique qui reste intemporel.
L'argument est farfelu, et son traitement à tendance à devenir poussif (au sens propre, surtout à la fin) mais bon, c'est une comédie sentimentale et heureusement que c'est Lubtisch qui est aux commandes. La vision en est agréable, mais si Stewart est très bon, Margaret Sullavan n'a rien de vraiment exceptionnel (malgré un jeu excellent) et certains passages tombent dans une quasi-mièvrerie (le patron devenu paternaliste qui invite le jeune coursier à réveillonner avec lui). La réalisation n'en reste pas moins maîtrisée et on retiendra deux personnages secondaires fort bien campés : "le brave collègue" et le "fayot de service". On est quand même très loin de "Ninotchka" ou de "To be or not to be".
J’avais aimé sans plus Sérénade à trois, je trouvais qu’il manquait un truc pour que j’adhère vraiment. Avec le recul ça m’avait paru plutôt posé, peut-être trop pour ce genre de films, et malgré quelques trucs sympas ça m’avait un peu ennuyé. Mais là, Lubitsch est au-dessus de tout avec The Shop around the corner. C’est bien simple, je n’ai rien à reprocher au film, c’est une merveille absolue du début à la fin, drôle, charmante, qui donne un rôle génial à James Stewart et à Margaret Sullavan, qui étaient faits pour être réunis à l’écran. C’est vraiment le mec qui a ta sympathie dès le début, tout pourrait lui arriver tu l’aimerais quand même. On a là un vrai film de maître, rythmé, très drôle, dialogué à la perfection. Mais ce qui est bien c’est que ce n’est pas que drôle, je veux dire qu’à un moment donné tu ne peux que avoir de la sympathie pour ce mec qui se fait virer par son patron, pour lui le monde s’écroule, d’autant plus avec l’incident qui lui arrive en ce qui concerne «l’inconnue ». Même le patron ne peut pas te laisser indifférent quand il a des problèmes lui aussi, après tout tu as envie que sa boutique continue d’exister, c’est moins niais que dans Be kind rewind pour prendre un exemple (même si j’aime ce film aussi). Enfin, on a juste un excellent scénario filmé par un excellent réalisateur, et ça donne un putain de chef-d’œuvre, un film sans fausse note et qui ne peut que ravir du début jusqu’à la fin (qui est assez brillante). J’en ris encore.
Encore un grand film bien que si on reconnaisse parfaitement le style de Lubitsch on en sorte un peu étonné par le sentimentalisme excessif qui s’en dégage. De ce point de vue la fin traîne un peu en longueur et seuls les talents de Steward et de Sullavan sont là pour nous charmer puisque le suspense n’existe plus. C’est presque un film social tant la condition précaire des employés est mise en avant, chaque personnage a une vraie vie et le coursier tient un rôle particulièrement important caractéristique de l’américain qui saura se faire une situation. Le cote pittoresque de chacun est plus ou moins accentué et tous à leurs manières laisseront un souvenir dans nos mémoires de cinéphiles. Malgré les mensonges qui parsèment les dialogues, ‘’the shop around the corner “ ne nous agace pas grâce à une mise en scène plus classique que d’habitude, les ellipses sont rares et les détails cinématographiques abondent . Par exemple, les façons qu’à Pirovitch de se cacher chaque fois que Matuschek demande un avis général sont de belles trouvaille visuelles. Lubitch à réalisé plus de 10 films de ce niveau , il serait dommage de ne pas tous les connaitre.
Les comédies romantiques contemporaines s'en inspirent encore si elles ne le plagient pas (voir vous avez un message), The shop around the corner est rythmé drôle et émouvant, un petit chef d'oeuvre d'époque à regarder sans modération.
Le maître allemand, spécialiste de la comédie et des ellipses, livre ici un film sur l'amour et les rencontres absolument fabuleux. En effet, en exposant ses personnages à une situation de quiproquo permanente, il en sort une série de gags des plus amusants, qui font de ce film un classique de la comédie. La mise en scène est fabuleuse, comme d'habitude chez Lubitsch, et on saluera le jeu d'acteurs de James Stewart et Margaret Sullivan, aussi bon dans l'amour que l'affrontement. Au final, on a affaire ici à un classique du cinéma américain et une merveille signé Ernst Lubitsch.
Pour moi, la meilleure comédie romantique de Lubitsch. James Stewart et Margaret Sullivan sont parfaits tout comme les seconds rôles. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai vu ce film.
Peut-être le meilleur Lubitsch ,moins comique que ces autres films mais plus mélancolique , le couple Stewart/sullavan est au top , cette comédie romantique est un petit bijou .
Des dialogues excellents, servis par des acteurs à fond dans leur rôle, un brin d'humour et une mise en scène tout en légèreté, ce Lubitsch fait durer le suspens jusqu’à la fin, c'est jubilatoire.
J'ADORE, VOST et N&B : J'ADORE ! Un de mes Lubitsch préférés ! Moi, ça ne me gêne pas, la VO. Cette adaptation de la pièce (trop ancienne pour que nous l'ayons vue) est EXTRA : acteurs, mise en scène, dialogues : tout est juste et drôle. Et Jimmy Stewart jeune est absolument ÉBLOUISSANT. Assez différent du remake "You've got mail" qui, en fait, lui rend hommage. SUPER. A revoir sans modération.
"Rendez-vous" film de 1940 d'Ernst Lubitsch. Agréable comédie ou l'action se passe en Hongrie, à Budapest mais avec quelques invraisemblances à noter : tout d'abord les patronymes des personnages qui ne sont pas hongrois mais polonais et un patronyme russe ! Puis la Hongrie n'est pas un pays slave alors franchement la musique typiquement russe "Les yeux noirs" sortant de la boîte à cigares et cigarettes : les Hongrois ne l'écoutent pas plus que ça ! Les romans de Tolstoï et D : grands écrivains Russes, les Hongrois ne les lisent pas plus que ça ! A ce moment là, il aurait fallu que l'action se passe en Pologne, ça aurait plus logique. L'histoire raconte que le premier vendeur d'un magasin répond à une petite annonce d'une jeune-fille cherchant l'âme soeur. Puis, une correspondance assidue se fait entre eux ou ils s'aiment sans se connaitre. Ce jour là, se pointe dans le magasin une jeune-fille cherchant du travail ou elle réussit à convaincre le patron par son génie de la vente. Entre le premier vendeur et cette nouvelle vendeuse ou le courant ne passe pas ! Puis, un soir, le premier vendeur ayant rendez-vous avec sa mystérieuse correspondante mais malheureusement, son patron le renvoie sans savoir pourquoi et la coïncidence que la jeune vendeuse est rendez-vous avec un homme mystérieux. Elle va dans un café, avec un livre de Tolstoï posé sur la table et attend son amoureux inconnu et là le premier vendeur se pointe, dans le même café ou il a rendez-vous puis comprend à ce moment là, que sa mystérieuse correspondante est la jeune vendeuse. Puis des événements inattendus font que le patron a convoqué un détective qui lui prouve que sa femme le trompe avec un des ses employés qui est Vadas, lui entre en dépression nerveuse puis hospitalisé. Grâce à l'intervention d'un jeune employé, le premier vendeur va voir son ancien patron qui s'excuse car il l'avait soupçonné et le rembauche en tant que gérant. La jeune vendeuse aussi déprime car elle n'a pas de nouvelles de son amoureux inconnu quand avec la visite du premier vendeur coincide avec une lettre. La veille de Noël, ou le chiffre d'affaires explose, la jeune vendeuse prépare son cadeau puis quand le magasin ferme et qu'elle est seule avec le premier vendeur ou elle dit que malgré tout, elle se sent amoureuse de lui et celui-ci lui dit la vérité : ils se mettent à s'embrasser.
"The Shop Around the Corner" est l'une des comédies sentimentales de Lubitsch les plus touchantes, sans doute un peu moins bouffonne et déjantée que ses films les plus drôles, mais lestée d'une sorte de véracité humaine, quasi sociologique, plus forte qu'à l'habitude, et ce malgré la théâtralité des situations (une théâtralité qui permet au maître, rappelons-le, de mettre en place ses fameux mécanismes narratifs qui restent toujours aussi ébouriffants, 70 ans plus tard). C'est que le scénario de "The Shop Around the Corner" se déroule dans un Budapest hanté par la misère, le chômage, la peur permanente de perdre son emploi, et les compromis incessants que chacun doit faire avec sa morale pour rester "bien vu" de son patron : il y a nombre de scènes ici où c'est ce petit théâtre-là, dans toute sa cruauté, qui prend le dessus sur l'intrigue romantique, et, en 2011, alors que nous vivons une crise similaire, on ne peut qu'être frappés par l'actualité et le réalisme de cette vision, qui pour être adoucie par l'habituelle générosité Lubitschienne, n'en reste pas moins implacable. Enfin, pour ceux qui collectionneraient les moments les plus "Lubitschiens" de la filmographie du génie autrichien, soulignons la sublime scène du suicide de M. Matuschek, tour de passe-passe d'une folle élégance.