Un très beau film tiré lui même d'un roman culte des années de la "movida madrilène" . Il s'agissait du premier roman éponyme de Almuneda Grandes sur le thème de la découverte d'une sexualité débridée et libérée dans l' Espagne post franquiste.. Challenge risqué pour Bigas Luna , lui même réalisateur "branché" , atypique, marginal et déjà culte.. Mais la chimie prend bien , et la trame du roman est respectée avec l'ajout d' une touche artistique et picturale du maitre Luna.C'est le récit d'un parcours initiatique . La jeune fille rencontre son mentor qui va lui faire découvrir sa sexualité: jouissance , sodomie , exhibitionisme, sensualité , travestis..Cette lente ascension va culminer par une partie à trois qui constituera un point de bascule, de non retour. Car le " 3e homme" tout d'abord masqué se révèlera être le frère de l'héroine.. Même si il y avait un amour réciproque entre eux ,la frontiére de l'interdit de l'inceste est franchie..Et cela boulverse et détruit la relation du couple. Lulu progresse dans une sexualité erratique, vers du plus en plus extrème, jusqu'à des séances SM , où elle met sa vie en péril..L'ambiance n'est jamais glauque car on est plus dans un domaine d'introspection ethnologique ,sur les notions du bien et du mal et de la fameuse question " sur l'amour physique , une voie sans issue" , thème abondemment traité : Gainsbourg, Kubrick, Antonioni ... Le film se voit comme un film policier au suspens oppressant.; Les scènes érotiques sont magnifiquement tournées: dans une ambiance feutrée , rouge carmin, veloutée..Le récit permet plusieurs séances de rasage pubien : un classique de la fantasmagorie Lunaienne.. Paradoxalement le film ,n'a pas viellit du tout, car le thème de fonds reste intemporel, et c'est la force de Luna d'avoir su sortir du cadre " de la movida espagnol" . La bande son est superbe : Lou Reed parfaitement utilsé.. C'est un film culte , qu'il faut voir et revoir et conserver dans sa vidéothèque.. difficle à trouver .