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max6m
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3,0
Publiée le 1 décembre 2010
Adapté d'une nouvelle d'Ambrose Bierce, "La rivière du hibou" est un magnifique court-métrage de Robert Enrico, consacré en son temps, et à juste titre, par les plus hautes récompenses du cinéma mondial. Le film est la représentation de l'évasion mentale d'un homme condamné à mort, quelques secondes avant son exécution. Il illustre ainsi la puissance imaginative dont l'esprit humain peut faire preuve face à une réalité inacceptable, face à l'imminence de la mort. Presque dénué de paroles, le film baigne dans une atmosphère très onirique propice à l'état de rêverie, d'évasion, du personnage. Mais c'est surtout le travail esthétique du film qui en fait une oeuvre indispensable. Dès les premiers travellings latéraux entre les arbres, on est subjugué par la beauté de l'image. Les plans les plus extraodinaires restent certainement les plans aquatiques, où l'on voit le personnage se débattre sous l'eau pour se débarasser de ses liens. Des plans de toute beauté qui restituent à merveille l'état de suffocation du héros (on respire nous-mêmes un grand coup quand il émerge enfin à la surface). Enrico filme également une nature merveilleuse, bienveillante et protectrice, qui apparaît, avec la famille, comme l'élément essentiel de la vie. Hymne au bonheur d'être, ode à la vie et réflexion sur la puissance suggestive du monde intérieur, "La rivière du hibou" méritait amplement d'être ressorti des tiroirs poussiéreux du cinéma oublié. Cela étant fait, je ne peux que vous conseiller vivement la découverte de ce petit bijou.
Magnifique, c’est court et ça court tout au long du chemin de forêt fantaisiste sans raison, qu’on sent que ça n’allait pas, l’illusion de cette histoire incroyable d’un névrosé face à sa destination finale, la guerre civile américaine que l’on reconnaît dans la mise en scène de l’intrigue dicte sa loi. C’est ça être astreinte, à vouloir se détacher aussitôt facilement, comme un épisode digne de Twilight Zone special French adaptation of literature, le puissant vieux fusil dans l’après-guerre, a very short movie, quickly quickly..... on est au delà du réel, l’enfer est sur Terre en noir et blanc, l’imagination humaine sans faille limite peut devenir hors champ quand vient son propre sort inacceptable infatigable.
Inévitable jugement dernier... la question ne se pose pas de revenir en arrière connaître avant le temps qui court dans ce court-métrage mais après l’heure, c’est plus l’heure pendant la guerre ravageuse.
En pleine Guerre de Sécession, un espion francophone est amené à un pont par des troupes Nordistes, pour y être pendu. Alors que la sentence approche, il va miraculeusement s'échapper... ou pas ? Robert Enrico livre là un bien étrange court-métrage, teinté de fantastique et empli d'onirisme. Il y a un véritable travail d'ambiance, avec cette plongée à travers la forêt hivernal, le chant des oiseaux en guise de bande sonore, les gros plans sur le futur pendu, les visages marquants... Puis ce sont des plans donnant la part belle à la nature : petite rivière qui parait comme un océan, la végétation qui semble être devenue printanière alors que l'espoir renaît. Le tout porté par Roger Jacquet très bon en condamné très humain et très halluciné. Un court-métrage inventif donc, et par ailleurs intéressant sur le fond. Sans trop en dévoiler, je dirai qu'il fait la part belle au pouvoir de l'esprit sur la réalité. On peut aussi le voir comme une œuvre politique sur la peine de mort. Ce fut en tout cas une jolie réussite à l'époque. "La Rivière du Hibou" gagna de prestigieuses récompenses... et fut découvert par Rod Sterling, qui l'intégra à sa célèbre série "The Twilight Zone" ! Il marquera d'autres réalisateurs, je pense notamment à un épisode "Black Mirror" qui s'en est beaucoup inspiré pour son final.