"Le temps de l’innocence" est une petite chronique de vie ayant pour sujet principal les convenances existantes encore à la fin du XIXème siècle. Et quand je parle de convenances, c’est en matière de sentiments, de comportements. Le rendu est pas mal, avec une immersion réussie dans l’époque : entre le fait que ce soit bien filmé, les costumes et décors sont magnifiques, le jeu des comédiens est excellent (notamment celui de Daniel Day-Lewis qui a su exprimer tous les états d’âme de son personnage), et les dialogues sont très bien faits, des dialogues devant lesquels je ne cesse d’être admiratif. Cette aptitude à prononcer des phrases à rallonge (celles-là mêmes qu’on peut aujourd’hui résumer en quelques mots) avec une certaine poésie et dans un certain respect permanent (feint ou non feint), m’a toujours laissé pantois et me fait aimer les mots de la langue de Molière. Mais je m’interroge sur le but de ce film, bien que ce film dresse une peinture détaillée de l’élite new-yorkaise de 1870. Au prix d’une esthétique soignée, le scénario est on ne peut plus simple, avec un sujet principal sans grande originalité. Je soupçonne simplement Martin Scorsese d’avoir un penchant pour cette époque, et d’en avoir eu l’opportunité de porter à l’écran cette époque en adaptant le roman éponyme d’Edith Wharton. Mais dans le genre, je préfère largement "Les liaisons dangereuses", un film très classe dans lequel on retrouvera Michelle Pfeiffer, dans lequel le scénario est davantage nourri, où les mots et les sentiments sont plus forts, au prix d’un langage plus soutenu encore. Avec "Le temps de l’innocence", bien que le sujet ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, le spectateur se rend compte que déjà à l’époque, c’étaient l’argent et les histoires de fesses qui régissaient la société. Eh bien je crois que cela dure depuis toujours et que ce n’est pas prêt de s’arrêter. La narration en voix off, si chère au réalisateur de "Casino" et "Les affranchis", est intéressante, bien que je l’aie trouvée parfois un peu longue et fastidieuse. Pourtant, je l’ai jugée indispensable pour bien indiquer le contexte. En ce qui me concerne, c’est donc un avis mitigé et circonspect à propos de cette œuvre de Scorsese, film qui pour autant ne fait pas date dans sa filmographie.
Entre deux films de gangster, deux thrillers qui collent à la peau de ce réalisateur, là où on le connaît le mieux et qui font sa renommée, en 1993, Martin Scorsese se détache de son univers et adapte le roman d'Edith Warton, "Le Temps de l'innocence", romance contrariée entre deux êtres troublés dans la société new-yorkaise de la fin du XIXème siècle. Ayant lu ce roman il y a plus de deux ans maintenant, j'ai appris par hasard l'existence de ce film et me suis jeté dessus sans hésitation. D'une part, j'ai apprécié le roman, d'autre part, la fiche technique était prometteuse. Daniel Day-Lewis est un de ces acteurs à part, qui semble déconnecté du monde hollywoodien, totalement sur-impliqué dans ses rôles et ayant un talent qui n'a d'égal que son humilité et sa discrétion. Ici, il ne déçoit pas. Daniel Day-Lewis est Newland Archer, comme dans chacun de ses films, il est le personnage qu'il joue et non plus lui-même. Cette implication est remarquable et rend à l'image une sensible impression de vérité. Tout en sobriété, Daniel Day-Lewis incarne cet homme tiraillé entre deux femmes, entre deux mondes, entre la liberté fantasmée et le conformisme raisonné. Le déchirement intérieur qui se joue tout au long du film est d'une puissance sensationnelle où la passion surgit avec fureur, où la tristesse devient envahissante, les joies trop monotones, l'amour trop banal, la vie trop conformée. Terrible destin que celui de cet homme et de cette femme, terrible monde que cette aristocratie new-yorkaise où les personnes évoluent, mine de rien, dans un univers de vipères silencieuses, de coups bas et de calculs pervers. Même la plus stupide et la plus innocente de ces personnes ne saurait rester de marbre et le secret le mieux enfoui ne saurait rester muet. Scorsese a su rendre l’entièreté de ce monde, toutes ses vérités comme Warton les a décrites, toutes ses failles, ses rythmes, ses personnalités et ses codes. Le réalisateur nous plonge dans ce monde avec une formidable dextérité, et l'on remarque qu'un univers comme celui-ci se rapproche indiciblement d'un monde comme celui des "Affranchis" ou de "Casino". Là où on ne tue pas par l'arme, on achève par le mot ou le non-dit, pour qu'enfin le destin promis de deux êtres soit accompli au détriment de la passion et de l'envie de bouleverser les codes d'un monde embrigadé dans ses petites manières qui n'intéressent que ceux qui n'ont pas trouver mieux pour intérêt. Film splendide et fidèle au roman éponyme, Scorsese a réalisé un film en velours, puissant, mystérieux et attachant.
domage que je me rappel pas beaucoup du film mais surement un pari réussi pour le maitre Scorsese qui dirige ici un monstre du cinema: D.D.Lewis, avec la jolie winnona ryder qui est trés marquante par son interprétation-Nominé a l'oscar-, et M.Pffeifer. une histoire romantique palpitante et une critique de la mode de vie traditionnel de la haute société new yorkaise
On sait depuis longtemps que Martin Scorsese filme les gangsters comme personne ("Mean Streets" et "Les Affranchis" sont ses deux chefs-d'oeuvre à ce sujet). Mais qu'il puisse mettre en scène avec autant de grâce une histoire d'amour impossible était loin d'être une évidence. "Le Temps de l'innocence" est pourtant bien le grand film lyrique et tragique presque inespéré, avec trois acteurs bouleversants de sobriété et d'intensité. Si je ne suis pas insensible au charme de Winona Ryder, elle-même croquée par la caméra de Scorsese, c'est surtout le couple singulier formé par Daniel Day-Lewis et Michelle Pfeiffer qui m'a ému et qui procure au film ses plus belles scènes. Ils voudraient se voir, se parler et se toucher mais ne peuvent pas, à cause d'une société étouffante et d'un mari sans cesse hors-champ mais paradoxalement omniprésent qui décide du destin de sa femme, blonde angélique et silencieuse à la beauté envoûtante. Un film du silence et du regard, mais aussi de l'observation (filmer les détails d'un décor à la manière d'un roman réaliste du XIXème) et de la parole, avec une voix-off féminine d'une douceur suprême en accord avec l'élégance de la mise en scène. Un film magistral sur les sentiments qui brûlent et qui peuvent se consumer à chaque instant.
Dessinant une ode raffinée à la narration, Martin Scorsese adapte Edith Warthon pour invoquer de nouveau la violence, mais détournée, insidieuse, funèbre. Œuvre de la tentation et du destin dont émane une terrifiante mélancolie, fruit d'un talent indiscutable pour la fluidité de composition, The Age of Innocence cache derrière son ennui poli un remarquable objet cinématographique de la dualité, du doute et surtout du temps qui passe, porté par un triangle passionnel époustouflant. La tentation et la liberté amènent alors le cinéaste à insuffler au classicisme prié la verve de son montage, l'art du raccord et des prodiges de l'image ravivant le cœur scorsesien au premier plan, pris au piège dans les pétales flétries d'une haute société new-yorkaise encadrée et manipulatrice. Somptueux et subtil dans sa mise en lumière de l'ultra-violence puritaine, The Age of Innocence est un délice de cinéma et un portrait social glaçant, fantasme des interdits et fondu enchaîné de la vie, des époques et des souvenirs.
Un homme partagé entre les conventions liées à son milieu et la passion se marie par défaut laissant filer la femme de sa vie. Une histoire classique visitée à de nombreuses reprises aussi bien par la littérature que par le cinéma. Cette adaptation d’un roman de 1920 se déroule dans la haute société New Yorkaise. Cet homme de très bonne famille attiré par la cousine de sa future femme, du vieux continent, va faire le choix des conventions. La cousine incarne la femme moderne, libre voire libertine ; la société New Yorkaise hyper corseté voie d’un mauvais œil cette femme envoutante parlant de divorce. Mais que va faire Martin Scorcese, lui le gamin de Little Italy à lorgner du côté des WASP du 19ème siècle ? L’étude très documentée des mœurs d’un milieu porté par une voix off est sont fond de commerce, mais son talent , il le met plutôt au profit de la description des bas fonds, des truands, des gangsters. Là, il prend un malin plaisir à reluquer les dorures, les bijoux, l’argenterie ; un vrai gamin dans un magasin de bonbons. La virtuosité de la caméra est là ; mais à part une scène de bal très Visconti (référence à « Le guépard ») ; le reste fait un peu pacotille. L’histoire du double amour a peu d’originalité, et est très convenu. Film sans grand intérêt, hormis la triste description d’un monde où les nombreuses victimes de la morale se condamnent à passer à côté de leur vie.
On est plongé au sein de la haute société de New York , l'ambiance est au rendez-vous. Un très bon jeu d'acteurs, mais c'est lent, et au final il ne se passe pas grand chose....
L'adaptation du roman éponyme de Edith Wharton par Martin Scorsese nous offre un film d'époque d'un très grand classicisme, que l'on imagine fidèle à l'esprit du livre en décrivant les mœurs de la haute société américaine de la fin du XIXème siècle. La mise en scène extrêmement maîtrisée, très propre et sans surprise est totalement au service de cette histoire d'amour contrariée entre Daniel Day-Lewis et la somptueuse Michelle Pfeiffer, dans le rôle d'une femme fatale qui fait chavirer le cœur de nombreux hommes. Au delà du scénario, Scorsese nous fait partager sa fascination pour cette époque, en prenant soin de filmer tout au long de l'œuvre tant les décors que les costumes et les accessoires (bijoux, meubles, tableaux, plats, argenterie...).
Le regardant un dimanche soir très tard en VO, j'ai été quelque peu " effrayé " à l'idée de regarder ce genre de film dans de telles conditions. Et bah finalement, quelle bonne surprise !! On est pris au piège par cette histoire envoûtante, dans laquelle Daniel Day-Lewis cache son amour auprès de la comtesse Olsenka à sa femme May.. Avec son bon scénario et ses beaux décors, ce film est une merveille. De plus, il met en avant de fabuleux costumes, souvent déclinés dans de nombreux films. La musique est jolie. C'est dommage que ce film soit peu connu dans la filmographie du grand Martin Scorsese (les infiltrés, Raging Bull,...).
J'ai rarement perçu une telle sincérité dans une romance. Le trio de tête joue merveilleusement bien, sur fond de décors sublimes. Film très émouvant, au ton juste.
New York 1870 au cœur de l'aristocratie financière qui veut imiter l'aristocratie de sang dans ce qu'elle a de plus conservateur........C'est à mille lieux d'Orgueil et préjugés, Edith Wharton n'a pas le talent de Jane Austen et c'est pareil au cinéma....... au final il reste un film d'un classicisme pompeux où les costumes sont d'un bavard.........
Martin Scorsese nous emmène dans la haute société New-yorkaise des années 1870. Et c'est un régal, loin de son style de film habituel, il nous plonge dans cette aristocratie, avec ses conventions, ses bonnes manières... La mise en scène de Scorsese est brillante. Le film est captivant, fascinant de bout en bout. C'est intriguant, on se demande comment ça va évoluer. L'étude des personnages est vraiment bien faite. Notamment celle de Newland Archer, un jeune avocat, plus "humaniste" que les autres aristocrates. Il doit se marier avec May Welland. Ces deux là suivent depuis leurs naissances les conventions et obéissent à toutes les coutumes de leurs rangs. Pendant tout le film on suit aussi la relation complexe entre Newland et Ellen Olenska, la cousine de May, qui a quitté son époux, et mal vu dans cette société. Scorsese évite tous clichés et toutes mièvreries. La reconstitution, très minutieuse, est parfaite et sublime, notamment ces passages enneigés qui nous donne de sublime photographie. La musique de fond est excellente. Les acteurs sont excellent, Daniel Day Lewis est sobre comme jamais, et joue très juste. Il traduit très bien la complexité de son personnage. Michelle Pfeiffer et la belle Winona Ryder sont parfaite. C'est là que l'on voit que Scorsese est capable de tout faire, il a tourné différents registres, et c'est souvent très bon. Celui là en est l'exemple, et c'est un beau et excellent film.
En adaptant le célèbre livre d’Edith Wharton, Martin Scorsese joue la carte de la fidélité absolue. Cette allégeance au texte d’origine permet une reconstitution minutieuse de la grande bourgeoisie Newyorkaise du 19eme siècle, empêtrée dans ses convenances hypocrites. En cela, Le Temps de L’Innocence est bien aidée par la performance habitée du trio d’acteurs principaux et par la grande beauté des décors. Néanmoins, cette fidélité au roman se traduit également par une réalisation maniérée, au rythme extrêmement lent, avec une voix off omniprésente (procédé qui m’a toujours rebuté au cinéma). Au final, Le Temps de L’Innocence est une romance d’une grande finesse qui aurait gagné à aller un peu plus vite à l’essentiel car les deux heures et quelques du long-métrage semblent parfois bien longues.
Un drame sur la violence des sentiments signé Martin Scorsese, inspiré du roman d’Edith Wharton. Avec une bonne mise en scène et la reconstitution de la haute société de l’époque est irréprochable : les décors et les costumes (Oscar des Meilleurs Costumes). Le scénario est riche et complexe. Dommage que certains passages traînent en longueurs et qui manque un peu de profondeur dans cette histoire d’amour impossible. Daniel Day-Lewis joue juste, Michelle Pfeiffer livre une bonne prestation et Winona Ryder (Golden Globe de la Meilleure Actrice dans un second rôle) est excellente.
Je n'ai jamais été très fan des films en costume. Surtout quand à l'intérieur de ces costumes on y trouve d’insupportables bourgeois genre "huhuhu, je pète dans la soie et je regarde l'opéra avec des petites jumelles". (Moi je prefere kan il a plin d'ecsplosion avec des tro bonne meuf et vine diesel ki condui des V8 tavu). Mais bon, là c'est quand même Scorsese qui est aux manettes, bordel de merde ! Alors au diable les "ecsplosion", et regardons ce que "le temps de l’innocence" vaut vraiment. Pour être totalement franc, on ne peut pas dire que ce film m'ait passionné. Pourtant, "le temps de l'innocence" est un très bon film. Réalisation impeccable, et un casting qui l'est tout autant. Daniel Day-Lewis a beau avoir un balais dans le rectum, il est parfait dans son rôle. Ce qui m'a ennuyé c'est cet univers de politesses, de manières et de ragots. Le vide profond de l’existence des protagonistes est tout aussi chiant qu’insupportable. On a envie de crier "Allez Daniel Day ! Plaque tout, bourre toi la gueule et arrête de dire merci à la boulangère ! Déchire sauvagement tes quatre couches de vêtements en soie et va tringler cette blondasse comme un porc !!! MERDE !!!". Hélas, ce moment n'arrivera jamais... Ça me fait mal au cœur de dire ça d'un film de Scorsese, mais je n'ai pas aimé ce film. Je ne l'ai pas aimé car je n'étais pas disposé à l'aimer, à la base. Mais si vous avez l'esprit un peu plus ouvert que moi, et que vous aimez les romances, courrez-y ! Ça vous plaira surement.