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Un visiteur
2,5
Publiée le 19 avril 2019
Le premier pas au cinéma de la littérature mémorial, un engin tellement archaïque que fut la caméra manivelle à courte durée. Je suis entré dans ce brouillard épais pour décrire comme le peut le cinéaste, l’adaptation en séquence photogénique manuelle de la lecture écriture papier chez les contemporains immortels de Victor Hugo. Les lignes importantes du roman sont soulignées, les intrigues se reconnaissent, à force de regarder ses grands frères successeurs au tour du monde, une étape supplémentaire et un chef-d’œuvre. Esmeralda, Quasimodo, Frollo, Phoebus, le casting se donne rendez-vous à l’heure de la dramaturgie intemporelle, avec cet arrêt sur l’image de fin, on finit par connaître la chanson par cœur. C’était un vieux cinéma plaisant à regarder, les tragédiens troubadours oh combien majestueux, ça ne parlait pas, c’était muet comme des carpes, le silence complet à scruter.
Notre-Dame de Paris, réalisé en 1911 par Albert Capellani, adapte le roman de Victor Hugo autour d’Esmeralda, Quasimodo et Claude Frollo. Le film condense fortement l’œuvre originale pour en garder les grands axes mélodramatiques : désir, injustice, refuge, condamnation et tragédie.
Le court métrage est important dans l’histoire des adaptations littéraires au cinéma. Produit dans la logique de la SCAGL et du cinéma d’art français, il montre la volonté de donner au médium une légitimité culturelle en s’attaquant à de grands textes du patrimoine. Capellani ne cherche pas seulement à illustrer une intrigue connue, mais à prouver que le cinéma peut déjà porter une œuvre romanesque ambitieuse.
Le film reste évidemment très condensé par rapport au roman de Victor Hugo. Il recentre surtout le récit sur Esmeralda, Frollo et Quasimodo, en laissant de côté une grande partie de la richesse sociale, historique et politique du texte. Cette réduction donne au film une lisibilité immédiate, mais transforme aussi l’œuvre en mélodrame plus direct, centré sur les grands moments tragiques.
J’ai trouvé le film intéressant pour tout ce qu’il apporte. Malheureusement, je l’ai vu dans une qualité pas optimale, ce qui m’a empêché de vraiment apprécier les décors et l’ampleur visuelle. Le ton reste aussi très théâtralisé, et l’ensemble m’a paru un peu longuet, notamment parce que le film fait suivre de manière très condensée les grands épisodes de l’œuvre.
Un court métrage important dans le parcours de Capellani et dans les premières grandes adaptations de Victor Hugo au cinéma, davantage marquant pour son ambition littéraire et patrimoniale que pour sa fluidité narrative.