Film d'esthète, où chaque plan hypnotise, où chaque cadre relève de la composition de peintre, où chaque image est magnifiée par des teintes sépia et vertes, relevée de grande musique. L'histoire reste elle, trop théorique pour vraiment prendre aux tripes et nous empêcher de décrocher quelques secondes ci et là. Les thèmes les plus intéressants : le double, la gémélité, ne sont souvent qu'effleurés, même si c'est toujours avec délicatesse, et délaissés au profit d'une histoire d'amour un peu envahissante. Le film donne toutefois envie de se plonger profondément dans l'oeuvre de Kieslowski.
Ce qui frappe au premier abord dans ce film, c'est la méticulosité extrême dont fait preuve Kieslowski dans la mise en scène et dans les images, où chaque plan est particulièrement recherché et travaillé (sans compter le sépia, qui rappelle l'univers de Jeunet). On a ainsi l'impression d'assister à la déconstruction et à la reconstruction d'une véritable oeuvre d'art, ce qui rend l'effet général d'autant plus saisissant. Louons aussi les petits "artifices" déployés, comme les effets d'optique inclinant certaines séquences dans le trouble complet, l'allégorie des marionnettes, qui permettent d'insister sur la fragilité du personnage de Véronique, ou encore sur le recours à un magnétophone pour nous emmener dans le monde des sons, propice à l'égarement total. Partant d'un scénario qui ne s'emballe jamais, entretenant une atmosphère étrange et hypnotique, soulignons aussi l'excellente interprétation d'Irène Jacob, qui instille tant la subtilité que la fragilité donc à son personnage, emprunt d'une profonde générosité, évoluant sur les cimes de limprobable. Terminons évidemment par le thème en lui-même, à savoir le double, la gémellité, traité avec délicatesse, exhumant certes la quête identitaire intimiste, mais pour mieux la fondre dans lobscurité des terrassements. Un film unique.
Comme dans tous les films de Krzysztof Kieslowski, la musique de Zbigniew Preisner a une place plus qu’importante puisqu’elle est un élément majeur de ses films. La musique est d’ailleurs toujours magnifique et envoutante. Certains plans sont des plus intéressants comme le passage du concert dans la première partie. Je l’ai vu en noir et blanc ce qui donne une sensation qui doit être différente par rapport a la version couleur. Par exemple la séquence des marionnettes a un rendu certainement meilleur dans la version noir et blanc que dans la version couleur. La Double vie de Véronique est très bien filmé mais pour ce qui est de l’histoire j’ai plus été emballée par son décalogue ou sa trilogie avec notamment bleu et rouge.
A-t-on vraiment un double physique et psychologique sur cette terre ? C'est la question que nous pose Krzysztof Kieslowski avec La double vie de Véronique. En effet, ce film raconte l'histoire de deux femmes ne se connaissant pas car habitant l'une à Paris, l'autre à Cracovie mais étant similaires dans leurs actes et leurs apparences. La première partie, desespérante dans son issue, se déroule en Pologne. La jeune femme obsédée par son art finissant par en mourir sur scène. La deuxième partie, à Paris, est un peu plus optimiste. Se résumant à un jeu de cache cache amoureux, Véronique évite les erreurs de sa quasi homonyme Weronicka, ce qui lui sauvera la vie ainsi que son amour. Certains trouveront le film austère et chiant, pour moi il n'en est rien. Musique sublime composée par le grand Zbigniew Preisner, photographie magnifique, tous les plans sont de véritables tableaux, et surtout Irène Jacob dans son premier grand rôle qui irradie le film de son regard profondèment mélancolique.
Scénario "kieslow" en béton armé, rien d'anormal. Au moment où la vérité arrive, l'amour d'un objectif est atteint. Objectif, hyperbole du film, réfléxion élementaire sur comment parler d'amour au cinéma. Hélas , les couleurs composantes trop là dans une partie française étouffante de présence.
Irène Jacob a une beauté simple, pure et en même temps terriblement envoûtante. Le film intrigant, distille par petites touches son charme et son mystère doit néanmoins beaucoup à sa très belle et lancinante musique qui imprime votre mémoire. Le film s'achève et laisse le spectateur troublé. Et ravi. A voir et à revoir.
Quel film merveilleux ! Une histoire damour, une histoire sur les trésors précieux de la vie, sur le destin ,la fatalité. Keslowski atteint le sublime avec « La double vie de Véronique ». Le cinéaste polonais nous fait pénétrer dans la « sphère intime » de Véronique / Weronika. « Lhistoire dune vie qui continue, quittant un être pour se perpétuer dans le corps et lâme dun autre être ». Kieslowski prend la main du spectateur et lentraîne dans un univers charnel, troublant, remplis de désirs où lêtre humain doit se fier aux signes et aux moindres détails de la vie. Hypnotique par sa sublime musique signée Zbigniew Preisner, « La double vie de Véronique » est construit autour des sensations, des impressions par une virtuosité et une pureté des images rarement atteinte au Cinéma. Comment ne pas tomber amoureux de la sublime Irène Jacob ? La jeune comédienne récompensée par le prix d'interprétation à Cannes en 1991 élève le film vers l'irrationnel et incarne la grâce et la fragilité à l'état pur. Radieuse, lumineuse, elle devient alors fantasme intouchable toujours auréolé d'une aura quasi-irréelle. Jamais les mystères de la vie n'auront été aussi troublants et on sort du cinéma bouleversé et convaincu qu'un être sur Terre nous ressemble physiquement et psychologiquement. Beaucoup de sentiments passent par le non-dit et l'atmosphère érotico-sensuelle qui nous font aimer le cinéma, qui nous font aimer la vie. Oeuvre sur les coïncidences, les intuitions, les connexions immatérielles et pourtant réelles, sur les sensations, sur la vie, sur la mort, sur le destin. Comment résumer la plus belle scène du film (et une des plus belles du cinéma) où Weronika rend son dernier souffle durant l'envolée lyrique du récital ? Où on sent de manière palpable une âme s'envolée vers un autre corps..."La Double vie de Véronique" est un film touché par la grâce, virtuose, une expérience unique, une ode à la vie, époustouflant, riche en symboles, sur la quête de soi. Chef d'oeuvre.
Un très beau film, très triste, mélancolique... pour ceux qui ont aimé la trigolie Bleu, Blanc et Rouge de Kieslowki... ce film est encore plus sensible ! La musique est si belle et accompagne merveilleusement nos émotions ! Sublime!
La sensibilité de l'actrice, le génie du réalisateur, la qualité du compositeur de la musique font de ce film, trop peu connu,un chef d'oeuvre qui devrait enfin sortir en DVD à la fin de cette année ou au début de 2006 et peut être même en salle car MK2 est l'éditeur de ce DVD.
Je sors de la salle où j'ai revu le film en reprise, des années après j'en garde la même impression de délicatesse absolue, de scénario incroyablement ciselé, d'intelligence délicieuse. Irène Jacob est belle et fragile comme une pierre précieuse, et la musique finit de nous emporter.
Kieslowski manque incroyablement, ce film est à revoir en même temps que d'autres films de lui qui ressortent au MK2.
En venant sur le site écrire cette critique j'ai appris que le comédien Philippe Volter s'est donné la mort l'an passé. Il est magnifique dans le film. ca fait drole de se dire que le réalisateur et l'un des comédiens principaux de cette oeuvre magnifique sont aujourd'hui disparus...