Yasmine et Samuel, son mari avocat, vivent en communauté au Mas des Colombes, une demeure héritée qu’ils ont restaurée ensemble. C’est sur ces terres familiales que Yasmine a créé une petite structure d’accueil particulière, pour des personnes mises en marge de la société. Des personnes qu’on ne peut pas nommer. Des pédophiles. Cette démarche, ainsi que les méthodes d’accompagnement peu conventionnelles de Yasmine, dérangent et suscitent l’incompréhension générale. Alors que l’hostilité grandit à son encontre, Yasmine entend bien développer son lieu d’accueil qui n’a reçu un agrément régional, à titre expérimental, que pour 6 bénéficiaires. Un chiffre dérisoire au regard des 160 000 enfants victimes chaque année. Mais dans une société où aucune action de prévention n’existe en la matière, c’est déjà une petite victoire. Elle le sait. Aidée par Olivia, son amie psychologue qui tente tant bien que mal d’apporter un cadre plus académique à cette initiative, Yasmine entreprend un combat pour faire évoluer les mentalités et pallier l’absence de prise en charge en amont des passages à l’acte.
Jour après jour, à travers des séances individuelles, des groupes de paroles, des rencontres avec les victimes, mais aussi simplement en partageant leur quotidien, elles apprennent à ces hommes à parler, à dire, à vivre et à être, sans honte. Arrêter de se cacher. Se regarder en face pour mieux prendre ses responsabilités. Être capable d’assumer, de s’exposer au regard de l’autre. Alors, malgré les réticences, Yasmine tente de les intégrer à la vie de la commune, leur rend une identité : Victor, Guy, Simon, Timothée, Sofiane, Baptiste. Des hommes comme tant d’autres. Parce que c’est ça la réalité : un pédophile, ça peut être n’importe qui. Un voisin, un ami, un cousin, un père, un frère. Pas un monstre. Un humain. Un proche. Accepter ça, c’est ouvrir la possibilité de reconnaître quelqu’un, de dénoncer, et peut-être d’éviter le pire.
En dépit des difficultés, Samuel, Yasmine et Olivia mettent toutes leurs forces dans cette bataille, et rien ne semble pouvoir ébranler leurs convictions. Jusqu’au jour où, au village, un enfant disparaît.