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Avec son esthétique de BD, son humour caricatural et ses tronches d'acteurs, ce biopic pourtant sérieux a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. On rit même (qui l'eût cru) alors qu'on est plongé jusqu'au cou dans la guerre, la collaboration, la résistance, le sang et les larmes. Centré sur la période 1940-1942, le film ne déroule pas la vie de de Gaulle mais ce moment de bascule où il a tout joué, sur le fil entre être pris ...
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Apres une première heure particulièrement poussive (et classique : nous voyons en parallèle une écrivaine et ce qu'elle écrit), la multiplicité des personnages anime une seconde partie plus énigmatique. Adam Bessa, Virginie Effira et un Vincent Cassel vieilli créent des personnalités complexes plongées dans des situations inattendues.
L'Abandon montre les 10 derniers jours de la vie de Samuel Paty. Ce n'est pas tant un abandon absolu (la principale du collège est bien là, des procédures sont lancées) qu'une non efficacité : lourdeurs administratives chronophages là où il aurait fallu une prise de décision claire, ferme et immédiate, temporisation, culture de l'excuse, lâcheté de certains collègues, mensonge, cupidité et inconscience des élèves, inutilité du ...
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Pierre Salvadori réussit pleinement son pari de l'évasion du spectateur tout en restant à Paris. La Vénus électrique est un enchantement, une fantaisie où rien n'est crédible mais où tout fonctionne. Tout y est bancal et pourtant on se prend au jeu. Anaïs Demoustier, fausse voyante, rend la joie de vivre à un peintre (Pio Marmaï) grâce à la filouterie d'un marchand d'art (Gilles Lellouche). Malgré les illusions de cet illusionniste, ...
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Si Vivaldi est bien présent, le film se concentre plutot sur une orpheline, musicienne de génie, qui croise sa route. En majorité situé entre les quatre murs d'un orphelinat-prison, il permet néanmoins de croquer toute une galerie de personnages et d'en apprendre beaucoup sur la vie de Vivaldi et sur la vie vénitienne de 1715. Passionnant!
Malgré l'atmosphère oppressante omniprésente dans le film, le roman de David Vann la décrivait beaucoup plus. Difficile de rendre compte de l'enfermement intérieur d'un fils, avec un père incompréhensible. On peut néanmoins reconnaître que cet enfer de glace est crédible, avec deux acteurs habités. La bonne idée du film est de l'avoir replacé dans son contexte.
Comédie légère qui essaye d'aborder des sujets graves, La Poupée navigue entre deux eaux. On a donc du mal à en avoir une idée tranchée, mais finalement, est-ce si grave? Non, compte tenu de la durée raffraichissante (1h20 tout rond) qui n'oblige pas à se prendre la tête. Léger, on vous dit.
Un jeune homme de 17 ans se voit attribuer un exposé sur l'addiction au porno avec une camarade qu'il connaît peu. Son père bosse dans l'industrie du porno, ce qui ne facilite pas la tâche. L'idée de départ est bonne, la déconstruction de la sexualité patriarcale binaire est réussie, le film est très bien construit et les acteurs et actrices crédibles et attachants. Si l'on ne peut adhérer à 100%, c'est surtout à cause d'un détail ...
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Comédie absurde, Alter ego met aux prises un cadre bougon avec son sosie "parfait" (et avec des cheveux). Laurent Lafitte, Blanche Gardin et Marc Fraize s'en donnent à coeur joie dans ce qui s'apparente à une succession de moments de gêne absolue. Jubilatoire!
Humain, poisseux, sensuel, Hamnet nous plonge dans la vie au temps de Shakespeare, on y suit une famille dans son quotidien, dans ses joies et ses drames. Bien sûr, on sait qu'on est là dans le foyer du plus connu des dramaturges, on sait aussi qu'on veut nous présenter l'origine de la pièce Hamlet, mais on peut l'oublier car ce n'est pas ici le plus convaincant. Finalement, on y suit davantage deux façons de faire deuil. Et c'est déjà ...
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On attend en général pas grand chose des films de sport, tout y est attendu et peu esthétique. Heureusement, Marty Supreme s'éloigne un bon moment des tables de ping pong pour nous montrer le New-York des bas-fonds. La succession de crasses qui arrivent au héros donne cependant une indigestion et l'on n'y croit alors plus du tout. Et quand on n'y croit plus, on s'ennuit... 2h30.
Dérangeant. Dreams décortique une relation sentimentale entre une richissime américaine et un immigré illégal mexicain. Il a la beauté et le courage, elle a le pouvoir et l'argent. Elle est folle amoureuse, harceleuse et le manipule à l'excès, il défie les lois et devient extrèmement violent et inexcusable. Leur relation passionnelle mais bancale et toxique est montrée de façon neutre, quasi clinique. Au spectateur d'en faire sa propre leçon.
Comédie de banlieue atypique, Baise-en-ville suit un jeune un peu paumé essayant de passer son permis et bossant de nuit pour un patron déjanté. Sa prof d'auto-école devient sa coach de vie (Emmanuelle Bercot toujours parfaite) et tente de lui décrocher un plan cul. Bref, on est dans l'autodérision, les bons mots et l'inatendu, sans négliger la mise en scène et la photographie. Combo gagnant.
En montrant une fin de mandat creuse et solitaire, Sorrentino n'a pas peur de l'ennui. Et même si les personnages sont bien croqués, les quelques bribes de politique qui auraient pu donner de la consistance restent à peine effleurées. La mise en image est superbe, comme toujours, mais pour un tout bien longuet.
On sent l'artiste bridé devant se justifier dans ce second volet (officiel) de Mektoub, my love. Tout y est corsetté, bavard et démonstratif. Bien sûr, on reste chez Kechiche, donc le rendu reste magnifique, prenant et vivifiant, mais loin de l'envolée du Canto Uno. Et il y a cette ellipse, cet intermezzo qu'on n'a pas vu, et qui manque, assurément. Comme la fin, manquante elle aussi.
Suite fidèle, commençant juste après le premier volet, Zootopie 2 coche toutes les cases du cahier des charges : efficacité, humour, double discours, clins d'oeil, discours inclusif. Une vraie réussite. On aurait aimé être surpris, mais on ne va pas bouder son plaisir.
Entre enquête policière (non résolue), marivaudage entre ex-mariés et quasi science fiction, Vie privée ne choisit rien, s'égare et, malgré quelques scènes bien menées, ennuie. Et surtout, en en sortant, on se demande un peu ce qu'on a vu et ce qu'on en retiendra. Jodie Foster en français... c'est bien tout.
Adaptation du tout début du roman culte Les Misérables, Jean Valjean montre la genèse du héros, incarnation du "Bien". L'ancien forçat n'est pas montré sous son meilleur jour, car c'est sa conversion qui importe : sa rencontre avec l'évêque de Dignes le transforme. Le film est précis, contemplatif et pourra en ennuyer certains, mais il emporte. Une expérience cinématographique et littéraire.
Immersion au coeur de l'IGPN, la Police des polices, Dossier 137 est un film coup de poing sur une institution indispensable de notre démocratie, villipendée de toute part. On y suit l'enquête sur une bavure policière lors d'une des journées les pires du mouvement des gilets jaunes. Sans aucun manichéisme, Dominik Moll fait jouer à chacun une partition à la fois subtil, documentée et humaine. Un très grand film.
Vu en avant-première
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Une mère de famille intègre pour de bonnes raisons un groupe de "gilets jaunes". Ce qui est au départ un engagement de justice sociale et d'envie de démocratie dérive vers une radicalité et une haine incontrôlable. Par les yeux d'une femme engagée, on suit le délitement d'une famille et l'aveuglement face aux dérives d'un mouvement protéiforme qui a fini aux porte du fachisme. Malheureusement le manichéisme biaise un peu la ...
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A la manière d'un documentaire, on entre ici dans les arcanes de ce projet pharaonique en suivant les caprices (chacun jusgera s'il les trouve justifiés ou non) d'un architecte peu terre-à-terre. Stéphane Demoustiers est un peu moins inspiré qu'à l'habitude mais on reste passionné par le labyrinthe politico-technico-administratif et surtout, surtout, les reconstitutions du chantier et de la Défense pré-Arche.
Vu en avant-première
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Comédie instructive, La Femme la plus riche du monde nous raconte l'affaire Bettencourt-Banier avec une pointe de folie. Laurent Lafitte est impayable en gigolo vulgaire. Mais le plus grand atout du film est d'avoir réussi à montrer la décadence, le mauvais goût et l'extrème solitude de ces ultra-riches qui sont finalement des âmes si pauvres.
Film sans conclusion, L'Homme qui rétrécit vaut surtout pour ses scènes angoissantes. L'histoire est quasi inexistante, mais mets le personnage dans de multiples difficultés qui sont autant d'idées de cinéma. C'est un peu léger pour tenir sur la durée, malgré le brio.
Comédie sympatoche sur le hiatus entre la France des années 50 et celle de 2025, C'était mieux demain est surtout un terrain de jeu pour Elsa Zylberstein et Didier Bourdon. Pour la profondeur on repassera, mais pour la légèreté et les petites piques à ceux qui pensent que c'était mieux avant, on valide.
Richard Linklater, éternel novateur cinéphilique, crée un making of sublimé d'A bout de souffle". C'est à la fois captivant, drôle, instructif, joyeux, bluffant, documenté et beau. Comme souvent, il vient titiller le spectateur et réussit un grand film en allant cueillir de formidables acteurs (quasi tous inconnus) et en plus, en français. Cinéphiles ne pas s'abstenir!
Un simple accident est quasi une simple comédie, juste saupoudrée d'une pincée d'humanisme dans cet Iran qui ne l'est pas. Une palme d'or mineure.
Ni réaliste, ni informatif, voire complotiste, Fils de évoque ces périodes si intense de la vie politique qui précède la nomination d'un premier ministre. Le montage saccadé et les aberrations scénaristiques ne permettent malheureusement pas de plonger dans cette parodie foutraque qui donne une sacrée mauvaise image de ceux qui nous gouvernent. Facile et attendu.
Tranche de vie d'une famille gitane dans la banlieue de Madrid, Ciudad sin sueno narre à la fois la relation d'un ado avec son meilleur ami et avec sa chienne, et aussi la perte d'un environnement pour un déménagement en HLM. La trop longue introduction perd un peu le spectateur avant d'entrer dans le vif du sujet. On s'ennuit ferme une bonne partie du film. Dommage.
Divertissement anti-comédie romantique, cette Guerre des Roses gentillette fait rire sans faire culpabiliser. On est happé par le charme vachard d'Olivia Coleman. Sans prise de tête, le cachier des charges est rempli.
Divertissement parodique, qui utilise avec brio les précédents films de la franchise, Lego Batman fait rire et a une intrigue largement aussi réussie que les "vrais" films de super-héros, l'humour en plus. On adore!
Une boucle temporelle de 2 minutes vient perturber un petit village japonais et ses habitants à la fois intrigués, paniqués et débrouillards. Ce qui pourrait passer pour un exercice de style répétitif devient finalement un thriller jubilatoire, qui, avouons-le, a le mérite d'être court, donc de ne pas diluer un scénario efficace. Un divertissement réussi.
Chaque film de Joachim Trier le confirme : on en attend trop après avoir lu des éloges. Il sait, certes, créer des personnages, mais n'arrive jamais à capter des émotions. On survole des tranches de dialogues souvent creux (et dont il gagnerait beaucoup à faire des coupes) pour un niveau émotionnel proche du néant. On trouve certes de bonnes scènes (celle de renoncement au film par exemple), mais éparses... Dommage
Hugo, jeune homme d'une vingtaine d'années, revient sur l'île bretonne où il passait ses été adolescents et y retrouve un groupe de connaissances toxiques. Mais il revient après avoir perdu beaucoup de poids, et accompagné de sa première copine, une bimbo qui détonne dans le paysage. Loin d'une simple romance, L'Épreuve du feu parle à la fois de la pression du groupe, de l'envie de validation par les pairs des jeunes mâles, des ...
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Calibré pour les adolescents non cinéphiles, Dracula peut faire pâmer d'horreur : effets spéciaux bancales, décors de carton-pâte, sur-jeu kitsch et coïncidences à foisons. Pourtant, quelques belles scènes parsèment ce divertissement et empêchent de le détester entièrement. De là à aller le voir, non...
Certes peu révolutionnaire dans la forme, Aux Jours qui viennent est un film aux scènes marquantes : la violence d'un homme envers ses femmes et ex est si bien représentée que le spectateur en a des frissons (lorsqu'il la suit dans la nuit au mépris des regards par exemple). Zita Hanrot, Bastien Bouillon, et la petite Maya Hirsbein assurent une partition impeccable.
La polarisation des opinions à cause des réseaux sociaux (enfin des benêt qui s'enferment dans des bulles informationnelles, quel que soit leur bord) devient un danger pour nos démocraties. Ari Aster en tire un (long) film sur l'Amérique à l'ère de la post-vérité, des fake news et du retour de la violence. Une première partie, politique, revient avec calme sur la période de confinement et les anti-vax. Puis arrivent les idéologies ...
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