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Le Minotaure, ce monstre dévoreur d'enfants, c'est le pouvoir russe qui, inutilement, envoie à la boucherie son peuple ; mais c'est aussi la corruption qui engendre la violence dans la société. Ca c'est pour la théorie. Ce qui aurait du etre un grand film sur les choix cornéliens face à la guerre et à la conscription forcée n'est au final qu'un vaudeville macabre vu et revu, qui a pour seul qualité l'exotisme d'un pays paria.
Dans une communauté religieuse intégriste, de jeunes homosexuels subissent une thérapie de conversion. Leur apparaît alors un monstre, prenant la forme de l'être aimé, qui les terrorise en une allégorie de ces scandaleuses tortures psychologiques. Le regard perdu de Joe Bird fsecoue davantage que les hors champs qui se multiplient pour nous éviter des giclées d'hémoglobine. L'atmosphère quasi poétique, entrecoupé de scènes chocs, est réussie.
Brillamment bavard, The Social Reckoning raconte comment Facebook a manipulé son algorithme en favorisant les contenus flattant les bas instincts plutot que l'intelligence, ainsi que les fake news. Une lanceuse d'alerte, voyant comment ces manipulations ne pouvaient qu'affaiblirt la démocratie, décide de parler à un journaliste. On y voit le cynisme des dirigeants de la tech, le résultat sur l'opinion (l'assaut de 2021 contre le Capitole par ...
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Une figurante envahissante, donne son CV à une Sandrine Kiberlain blasée. S'ensuit une comédie peu tendre avec les stars, dénonçant les inégalités avec légèreté et in fine peu glorifiante pour le cinéma. On rit, mais ça fait pas rêver.
Emmanuel Marre raconte l'histoire de son aïeul, collabo, de façon à la fois très terre-à-terre (la banalité du Mal d'un fonctionnaire zélé) et novatrice (la musique actuelle, les conversations impromptues à la Kechiche). L'ensemble est certes essentiel pour dénoncer le monde qui vient, mais également inutilement trop long, ce qui en découragera plus d'un.
Comédie apocalyptique, Digger est foisonnant. Dans un monde saccagé par les industries polluantes, un magnat tente d'orienter un président américain timbré. On est à la fois dans le monde actuel et dans un grand n'importe quoi brillant, drôle et visuellement bluffant, tel un décor de théâtre inventif. Du cinéma quoi!
Glaçant... Le film de Géraldine Nakache sur l'emprise sous laquelle vivent des milliers de femmes en couple avec un pervers narcissique vise juste et fort. Chaque étape, chaque déni est une croix de plus sur un chemin vers l'enfer. Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié y sont parfaits. A voir absolument.
Que l’on est heureux de retrouver l’équipe de Dix pour cent, on y sent le même souffle que dans une troupe de théâtre. Le passage au format long est réussi, même si tout va très vite, là où un développement sur plusieurs épisodes auraient permis de baisser le rythme. Les personnages ne sont pas des copies conformes, ils ont évolués tout en gardant leur caractère, on sent bien que le temps a passé. Et le plus important : on ...
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Filmé au plus près des visages pour en capter les émotions et contribuer à une atmosphère claustrophobique, La Frappe est un uppercut d'une rare précision. Enzo (Diego Murgia, impérial dans un rôle difficile) accueille son père qui sort de prison. On comprend qu'il a été, avec sa soeur, victime d'inceste par ce père envoûtant. Les parcours des victimes, si différent, se répondent comme en ping pong. On en sort secoué.
Là où Cristian Mungiu réussit brillament, c'est dans l'instillation du doute. On ne sait pas qui est victime, qui est coupable, et toute personne sensée change d'avis plusieurs fois lors des 2h30 que durent cette monstration de faits divers (fictifs mais quasi-réels). Il n'est nullement question ici d'un combat de réactionnaires contre des wokes comme on peut le lire parfois, il s'agit de la confrontation entre une famille (réactionnaire ...
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Produit purement industriel de type 'Netflix' pour consommateur non cinéphile, cette suite reprend les ingrédients du premier opus, les mélange et les ressort en bouillie. Ça se regarde quand on a du temps à perdre.
Comédie facile, De la Comédie-Française narre les coulisses d'une première de Macbeth difficile (impossible même). On rit beaucoup, comme une successions de sketchs efficaces tout étant balotté dans les couloirs de ce légendaire théâtre, avec en guest de nombreux comédiens du Français ( en costumière, en régisseur, en maquilleuse, en vigile, en ministre, en pompier...). Théâtralement magique et très grand public.
24 heures dans la vie d'un adolescent devant gérer sa culpabilité. Cela ne vous rappelle rien? Stéphane Demoustiers s'offre son Paranoïd Park mais passe de la froideur de Portland à un jour de canicule dans un camping français. Il arrive à nous passionner alors qu'il ne se passe visiblement pas grand chose durant cette journée de torpeur à peine troublée par les gendarmes. L'essentiel se passe dans la tête de Marouanne, est invisible ...
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Avec son esthétique de BD, son humour caricatural et ses tronches d'acteurs, ce biopic pourtant sérieux a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. Constitution du Conseil national de la Résistance, rencontres avec Jean Moulin et Roosevelt, montée en puissance du général Leclerc, on virevolte avec brio dans la légende de Gaulle, et avec un panache certain.
Film faussement historique, Les Caprices de l'enfant Roi nous entraîne dans un épisode où Molière et Cyrano de Bergerac auraient été utilisés comme nounou d'un Louis XIV encore enfant. Truffé d'anachronismes et de bons mots, cette comédie est surtout un pur divertissement familiale dansl equel Némo Schiffman et Julia Piaton font sensation.
Chronique décousue d'une jeune femme cabossée et cash, Shana est surtout un one woman show d'une actrice véritable tronche de cinéma, Eva Huault. On ne sait pas trop où l'on va, c'est la force mais aussi la limite de cette tranche de vie anecdotique.
Il y a de la maîtrise dans la réalisation, c'est indéniable : Spielberg fait du Spielberg avec les moyens techniques de 2026. Ceci étant dit, on n'est malheureusement plus étonné tant ce film ressemble à ses précédents films d'extra-terrestres "gentils". Un film de bonne facture donc, mais dispensable.
Une bonne idée de départ donne envie de se lancer dans ce Quentin Dupieux à l'esthétique numérique vintage. Mais il n'en fait rien... Comme souvent ces dernières années.
Chronique adolescente, Une Année italienne ne révolutionne pas le genre, mais la spontanéité des jeunes acteurs fait plaisir à voir.
La masculinité toxique à l'adolescence (la très jeune adolescence ici) : The Plague montre un internat de sportifs (water-polo) dans lequel un bouc-émissaire est harcelé. Un nouveau venu va intégrer le groupe puis être ostracisé à son tour. Sur des choix musicaux et esthétiques particulièrement réussis (on pense au Gus van Sant de la grande époque), ce drame bouleverse malgré ses maladresses.
Avec son esthétique de BD, son humour caricatural et ses tronches d'acteurs, ce biopic pourtant sérieux a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. On rit même (qui l'eût cru) alors qu'on est plongé jusqu'au cou dans la guerre, la collaboration, la résistance, le sang et les larmes. Centré sur la période 1940-1942, le film ne déroule pas la vie de de Gaulle mais ce moment de bascule où il a tout joué, sur le fil entre être pris ...
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Apres une première heure particulièrement poussive (et classique : nous voyons en parallèle une écrivaine et ce qu'elle écrit), la multiplicité des personnages anime une seconde partie plus énigmatique. Adam Bessa, Virginie Effira et un Vincent Cassel vieilli créent des personnalités complexes plongées dans des situations inattendues.
L'Abandon montre les 10 derniers jours de la vie de Samuel Paty. Ce n'est pas tant un abandon absolu (la principale du collège est bien là, des procédures sont lancées) qu'une non efficacité : lourdeurs administratives chronophages là où il aurait fallu une prise de décision claire, ferme et immédiate, temporisation, culture de l'excuse, lâcheté de certains collègues, mensonge, cupidité et inconscience des élèves, inutilité du ...
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Pierre Salvadori réussit pleinement son pari de l'évasion du spectateur tout en restant à Paris. La Vénus électrique est un enchantement, une fantaisie où rien n'est crédible mais où tout fonctionne. Tout y est bancal et pourtant on se prend au jeu. Anaïs Demoustier, fausse voyante, rend la joie de vivre à un peintre (Pio Marmaï) grâce à la filouterie d'un marchand d'art (Gilles Lellouche). Malgré les illusions de cet illusionniste, ...
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Si Vivaldi est bien présent, le film se concentre plutot sur une orpheline, musicienne de génie, qui croise sa route. En majorité situé entre les quatre murs d'un orphelinat-prison, il permet néanmoins de croquer toute une galerie de personnages et d'en apprendre beaucoup sur la vie de Vivaldi et sur la vie vénitienne de 1715. Passionnant!
Malgré l'atmosphère oppressante omniprésente dans le film, le roman de David Vann la décrivait beaucoup plus. Difficile de rendre compte de l'enfermement intérieur d'un fils, avec un père incompréhensible. On peut néanmoins reconnaître que cet enfer de glace est crédible, avec deux acteurs habités. La bonne idée du film est de l'avoir replacé dans son contexte.
Comédie légère qui essaye d'aborder des sujets graves, La Poupée navigue entre deux eaux. On a donc du mal à en avoir une idée tranchée, mais finalement, est-ce si grave? Non, compte tenu de la durée raffraichissante (1h20 tout rond) qui n'oblige pas à se prendre la tête. Léger, on vous dit.
Un jeune homme de 17 ans se voit attribuer un exposé sur l'addiction au porno avec une camarade qu'il connaît peu. Son père bosse dans l'industrie du porno, ce qui ne facilite pas la tâche. L'idée de départ est bonne, la déconstruction de la sexualité patriarcale binaire est réussie, le film est très bien construit et les acteurs et actrices crédibles et attachants. Si l'on ne peut adhérer à 100%, c'est surtout à cause d'un détail ...
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Comédie absurde, Alter ego met aux prises un cadre bougon avec son sosie "parfait" (et avec des cheveux). Laurent Lafitte, Blanche Gardin et Marc Fraize s'en donnent à coeur joie dans ce qui s'apparente à une succession de moments de gêne absolue. Jubilatoire!
Humain, poisseux, sensuel, Hamnet nous plonge dans la vie au temps de Shakespeare, on y suit une famille dans son quotidien, dans ses joies et ses drames. Bien sûr, on sait qu'on est là dans le foyer du plus connu des dramaturges, on sait aussi qu'on veut nous présenter l'origine de la pièce Hamlet, mais on peut l'oublier car ce n'est pas ici le plus convaincant. Finalement, on y suit davantage deux façons de faire deuil. Et c'est déjà ...
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On attend en général pas grand chose des films de sport, tout y est attendu et peu esthétique. Heureusement, Marty Supreme s'éloigne un bon moment des tables de ping pong pour nous montrer le New-York des bas-fonds. La succession de crasses qui arrivent au héros donne cependant une indigestion et l'on n'y croit alors plus du tout. Et quand on n'y croit plus, on s'ennuit... 2h30.
Dérangeant. Dreams décortique une relation sentimentale entre une richissime américaine et un immigré illégal mexicain. Il a la beauté et le courage, elle a le pouvoir et l'argent. Elle est folle amoureuse, harceleuse et le manipule à l'excès, il défie les lois et devient extrèmement violent et inexcusable. Leur relation passionnelle mais bancale et toxique est montrée de façon neutre, quasi clinique. Au spectateur d'en faire sa propre leçon.
Comédie de banlieue atypique, Baise-en-ville suit un jeune un peu paumé essayant de passer son permis et bossant de nuit pour un patron déjanté. Sa prof d'auto-école devient sa coach de vie (Emmanuelle Bercot toujours parfaite) et tente de lui décrocher un plan cul. Bref, on est dans l'autodérision, les bons mots et l'inatendu, sans négliger la mise en scène et la photographie. Combo gagnant.
En montrant une fin de mandat creuse et solitaire, Sorrentino n'a pas peur de l'ennui. Et même si les personnages sont bien croqués, les quelques bribes de politique qui auraient pu donner de la consistance restent à peine effleurées. La mise en image est superbe, comme toujours, mais pour un tout bien longuet.
On sent l'artiste bridé devant se justifier dans ce second volet (officiel) de Mektoub, my love. Tout y est corsetté, bavard et démonstratif. Bien sûr, on reste chez Kechiche, donc le rendu reste magnifique, prenant et vivifiant, mais loin de l'envolée du Canto Uno. Et il y a cette ellipse, cet intermezzo qu'on n'a pas vu, et qui manque, assurément. Comme la fin, manquante elle aussi.
Suite fidèle, commençant juste après le premier volet, Zootopie 2 coche toutes les cases du cahier des charges : efficacité, humour, double discours, clins d'oeil, discours inclusif. Une vraie réussite. On aurait aimé être surpris, mais on ne va pas bouder son plaisir.