Films
SériesEmissions
Les idées originales, l'humour noir, la force narrative des films de Joel et Ethan Coen se sont-ils dilués dans la célébrité ? Le souvenir de « Miller's crossing » ou de « The big Lebowski » aggrave-t-il la déception devant « Burn after reading » ? Réalisateur et scénariste exploitent-ils un filon ? J'ai ri à peu près deux fois et demie pendant tout le film, devant Clooney faux méchant parano mais beaucoup moins drôle que dans « Intolérable cruauté », ou Brad Pitt en bellâtre sans cervelle, un rôle de composition bien sûr. Le scénario tient pour moi, et j'en suis désolée, sur un timbre-poste : une femme, Linda Litzke, est obsédée par son apparence au point de proposer au plus offrant - mais personne ne lui en offre rien - de prétendues informations provenant d'un livre que prépare Osbourne Cox alias Malkovich, et ce pour financer sa transformation esthétique, résultat escompté mais dont nous doutons fort de la réalisation possible. Les personnages rivalisent de mimiques outrées et de surjeu. Quant aux cadavres semés sur la route, il nous laissent… froids, péripéties sans suite notable dans un récit décousu. Dans la salle, pour être honnête, quelques rires, émanant principalement de la gent masculine qui adooore l'humour trash. J'avais envie de m'écrier « C'est nul » pour oublier ma colère de perdre mon temps, surtout lorsque j'ai vu la machine « géniale » inventée par Clooney, trait « d'humour » s'adressant à un public dont l'âge mental doit atteindre les 12 ans, à moins qu'il ne recherche la régression. Mais sans doute les frères Coen ne visent-ils pas plus haut, comptant sur l'inconditionnel amour de spectateurs habitués à mieux de leur part. Aucun besoin de faire l'effort de retrouver l'imagination et la force des premiers films: la critique leur sera acquise. Tant d'acteurs au talent gaspillé pour un résultat si décevant ! Les frères Coen, cru 2008, ou comment, avec des raisins d'excellence, produire de la piquette.